Programme de stabilité : La France peut-elle tenir ses objectifs ?

 |   |  840  mots
Michel Sapin, le ministre des Finances table sur une hausse du PIB de 2,25% en 2016 et 2017.
Michel Sapin, le ministre des Finances table sur une hausse du PIB de 2,25% en 2016 et 2017. (Crédits : Reuters/Stéhane Mahe)
Pour respecter ses engagements vis-à-vis de Bruxelles, le gouvernement a révisé à la hausse ses prévisions de croissance et abaissé ses objectifs de réduction de déficit public. Pourtant, en dépit de ces précautions, la tâche s’annonce ardue.

Quand la pente est trop dure, pourquoi ne pas choisir un parcours moins abrupt et s'offrir un petit remontant ? C'est exactement ce que le gouvernement a décidé de faire en présentant le programme de stabilité de la France sur la période 2014-2017 qui sera voté par le Parlement mardi prochain et transmis à Bruxelles le 7 mai.

Concrètement, le déficit public devra atteindre 3,8% du PIB en 2014 et non plus 3,6% comme initialement annoncé. Pour atteindre cet objectif, 4 milliards d'euros d'économies supplémentaires viendront s'ajouter aux 50 milliards d'euros déjà prévues et annoncées la semaine dernière par manuel Valls, le Premier ministre.

En 2015, Michel Sapin, le ministre des Finances se laisse également une petite marge de manœuvre. Le déficit public devra atteindre 3% du PIB et non plus 2,8%. Ensuite ? Le déficit public serait abaissé à 2,2% en 2016 et à 1,3% en 2017. Quant à la dette publique, elle se stabiliserait à 95,6% du PIB en 2015 avant de reculer progressivement chaque année pour atteindre 91,9% du PIB en 2017.

Les effets de la politique de l'offre

Pour atteindre ces objectifs communautaires, le gouvernement ne compte pas seulement sur l'austérité. Il fonde beaucoup d'espoirs sur sa politique de l'offre mise en place dès novembre 2012 dans le cadre du Pacte de compétitivité puis renforcée par le Pacte de responsabilité et ses allègements de charges des entreprises. Or, le Haut Conseil des finances publiques remet en cause ces anticipations. Selon l'institution de contrôle des engagements budgétaires de la France créée en application du traité budgétaire européen, rien n'indique que l'impact négatif sur la croissance de l'ajustement structurel prévu par le gouvernement d'ici à 2015 - 0,8 point, puis de 0,5 jusqu'en 2017 - soit compensé par les baisses de charges accordées aux entreprises prévues par le pacte de responsabilité. "Ce scénario suppose un enchaînement favorable où l'effet de la confiance restaurée permettrait de jouer sur les baisses de prélèvements, l'emploi, le pouvoir d'achat et l'investissement des entreprises", explique ainsi le Haut Conseil des finances publiques. Or, " les effets d'entraînement de la politique de l'offre pourraient survenir avec retard, d'autant plus que les mesures d'économies sont concentrées sur le début de la période 2015-2017 ", ajoute-t-il.

Baisser le taux de chômage, la priorité

En dépit de ces aléas, le gouvernement mise néanmoins sur un retour progressif de la croissance, le fameux petit remontant dont dépend la baisse du taux de chômage. Une baisse du taux de chômage qui conditionne l'avenir politique de François Hollande. "Si le chômage ne baisse pas d'ici à 2017, je n'ai, ou aucune raison d'être candidat, ou aucune chance d'être réélu", a déclaré la semaine dernière le chef de l'État lors d'un déplacement à Clermont-Ferrand. En clair, il espère maintenant que l'objectif d'inverser la courbe du taux de chômage qui devait être atteint fin 2013, le soit avant mai 2017. Selon les calculs de François Rebsamen, le ministre du Travail, le Pacte de responsabilité permettrait la création de 190.000 emplois d'ici 2017.

En 2014, après avoir visé une hausse de 0,9% du PIB, Bercy table désormais sur une croissance de 1%. L'objectif semble atteignable. Fin juin, l'acquis de croissance devrait déjà s'élever à 0,7%. En 2015, la prévision de croissance, fixée à 1,7 %, est en revanche inchangée. Ces prévisions sont-elles réalistes ? Le Haut Conseil des finances publiques a jugé ce mercredi que la prévision de croissance du gouvernement en 2014 était "réaliste". Et en 2015 ? Elle n'est pas "hors d'atteinte". Le propos est donc nuancé. En revanche, le Haut conseil présidé par Didier Migaud estime optimistes les prévisions de croissance pour 2016 et 2017 relevées de 2% à 2,25%. " Le Haut Conseil juge optimiste le scénario macroéconomique du Gouvernement pour 2016-2017, car il repose sur des hypothèses favorables tant pour le soutien apporté par l'environnement international que pour le dynamisme de la demande intérieure. En particulier, le contexte de faibles marges des entreprises françaises pourrait conduire à une croissance moins dynamique de la masse salariale marchande et de l'investissement productif ", précise l'institution.

La faute de l'euro fort ?

Le gouvernement est-il persuadé d'atteindre ces objectifs ? Lors de son audition devant les députés de la Commission des finances de l'Assemblée nationale ce mercredi matin, le ministre des Finances Michel Sapin a pris quelques précautions, peut-être pour prévenir un nouveau dérapage des finances publiques ou pour anticiper une croissance plus faible que prévu. "La France (et ses partenaires) souffrent d'un niveau trop élevé de l"euro", a-t-il déclaré, rappelant que la Banque centrale européenne (BCE) s'était dite "prête à injecter des liquidités" pour empêcher toute appréciation supplémentaire. "C'est une chance que nous devons saisir ", a-t-il poursuivi même si l'appréciation de l'euro "ne devait pas être une excuse pour ne pas engager de réformes destinées à renforcer la compétitivité des entreprises françaises".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/04/2014 à 9:52 :
La France ne tiendra pas ses objectifs pour plusieurs raisons mais une seule est suffisante: les rentrées sociales et surtout fiscales votées et escomptées ne seront pas au rendez-vous fin 2014, pas plus qu'en 2013 (moins 11 lilliards d'euros) Comme moi je vois autour de moi tous es Français ayant pris leurs précautions si je puis dire en la matière.
a écrit le 23/04/2014 à 22:04 :
Ce serait bien si Hollande pouvait arrêter de citer Jaurès, ce dernier haÎrait très certainement les Socialistes d'aujourd'hui.
a écrit le 23/04/2014 à 21:57 :
Je ne sais même pas si le PS atteindra les 3 % aux européennes fin mai.
a écrit le 23/04/2014 à 21:51 :
si, on peut atteindre les 3%, en virant tous les dilapideurs du pouvoir !
a écrit le 23/04/2014 à 21:46 :
toutes ces révisions sont du vent, aussi précises et crédibles que la météo prévue à mi-2015. On continue dans les incantations. Quant à l'euro fort, un certain nombre de pays ont le même et s'en accommodent mieux que nous, alors ...
Réponse de le 24/04/2014 à 8:06 :
...alors la solution consiste à harmoniser les fiscalités dans la zone Euro. Cela consiste à basculer la fiscalité du travail sur la fiscalité énergétique.
a écrit le 23/04/2014 à 20:24 :
la croissance de 1% est crédible.pourquoi?regardez combien la bourse monte,tout cela comptera dans le pib(hausse des plus values et bénéfices des banques assurances et sociétés de gestion).les français seraient bien inspirés d'investir plus en bourse
Réponse de le 23/04/2014 à 21:47 :
"investir plus en bourse": pour se faire ensuite mieux plumer par les socialo-énarques ? sans intérêt.
Réponse de le 24/04/2014 à 5:58 :
votre commentaire indique que vous etes plutot un élu du parti des rigolos
a écrit le 23/04/2014 à 20:10 :
Au premier temps de Manuel valls
Toute seule tu souris déjà
Au premier temps de Manuel Valls
Je suis seul, mais je t'aperçois
Et Paris qui bat la mesure
Et Paris qui bat la mesure,,, des dettes !!!!!!!!!!!!!


bref .... on est pas du tout sorti de l'auberge !!!!!!!!!!!!!!!!!!
Réponse de le 23/04/2014 à 21:52 :
waouh vous avez fait un jeu de mot avec Valls. On n'attendait que votre commentaire. Franchement ça vole à ras les pâquerettes.
a écrit le 23/04/2014 à 19:47 :
La France peut-elle tenir ses objectifs ?.... NON !
a écrit le 23/04/2014 à 19:43 :
deux ans que l'autre et sa bande noient les Français de promesses de mensonges, de reniements, de couacs, d'abri de malhonnêtes cahu et morelle en sont les parfaits exemples, LUI président socialiste du changement c'est maintenant. La honte et aujourd'hui valls refait le même coup, sachant parfaitement qu'il n'a ni la stature ni la culture éco. nécessaire et suffisante, mais bon les européennes arrivent et les socialos ont l'habitude "d'enfler" les Français.
Réponse de le 23/04/2014 à 19:55 :
... Marine aussi ... !
Réponse de le 24/04/2014 à 0:31 :
Valls a le mérite d'être cohérent avec ce qu'il est et son projet politique. La ligne est claire, elle l'a toujours été, c'est finalement peut-être le seul qui ne raconte pas n'importe quoi pour être élu.
a écrit le 23/04/2014 à 19:15 :
chômage ? déficit ? croissance ? éthique ?
Réponse de le 23/04/2014 à 21:54 :
vous oubliez son régime !
a écrit le 23/04/2014 à 19:08 :
Ce qui manque aux Socialistes c'est la confiance des Français et des marchés. Et toutes les pirouettes envisagées ne serviront à rien pour redresser la barre.
Réponse de le 23/04/2014 à 19:33 :
vous avez tout résumé en une phrase
Réponse de le 23/04/2014 à 21:54 :
+1
a écrit le 23/04/2014 à 19:02 :
Pour que la France respecte le pacte de stabilité (qu'on annonce toujours pour l'année d'après depuis 10ans) il faudrait déja qu'il y ait un peu de croissance, et pour celà laisser juste les entreprises (les petites surtout) vivre, juste vivre et survivre ... j'aimerais que nos hommes politiques montent des petites sociétés, juste pour voir, juste pour qu'ils se rendent compte de cette vie d'esclave de petits patrons, artisans, commerçants croulant sous la paperasse et les "emmerdes", les charges suffoquantes et à la fin il ne reste presque plus rien ... c'est pas dans un pays comme ça qu'on risque d'avoir la croissance nécessaire au pacte de stabilité !
a écrit le 23/04/2014 à 18:45 :
Qu'il arrête de manger gratis sur le compte des français.
a écrit le 23/04/2014 à 18:43 :
Rien à rajouter il est nul.
Réponse de le 23/04/2014 à 21:43 :
C'est quand même lui qui a inversé la courbe du chômage !
a écrit le 23/04/2014 à 18:12 :
Michel Sapin vous dit tout sur tout.
Il ne prévoit pas seulement, il s'engage.
a écrit le 23/04/2014 à 17:59 :
Le gros probleme est pour BRUXELLES ils ne savent pas qui est notre ministre du des finaces
SAPIN !!!!!!!!! montebourg !!!!!!!!!! ou fabius !!!!!!!!
trouvez une entreprise qui pourrait fonctionner comme cela !!!!!!
a écrit le 23/04/2014 à 17:53 :
ils sont incapables de prevoir à 6 mois alors pour 2016 c'est du BARATIN comme dab
a écrit le 23/04/2014 à 17:52 :
Bah, il suffira d'augmenter encore un peu les impôts!
a écrit le 23/04/2014 à 17:26 :
Wouarf, quel bobard encore.
C'est du costaud aujourd'hui.
Il était silencieux auprès du médias depuis quelque temps.
Il s'était réservé le malin. On a bien fait de se montrer patient.
Il a bossé comme un malade : des tableaux, des graphes avec des courbes qui "doivent" aller dans le bon sens. Et il nous fait le service après vente sur tous les médias.
Je dis bravo.
C'est de la chouquette évidemment, un énorme bobard, mais qu'est ce que c'est Michel de revoir Michel au top.
Réponse de le 23/04/2014 à 18:47 :
C'est regrettable qu'il ne commente plus la hausse du chômage du mois de Mars.
Il était bon là aussi.
a écrit le 23/04/2014 à 17:12 :
Sans accompagnement simultané de réformes structurelles, aucune chance. Ce gouvernement montre à l'évidence pa son petit programme d'ajustement qu'il ferme un peu le robinet car il ne croit pas qu'il soit nécessaire de le changer. La suite va lui montrer combien il se trompe. Finalement les socialistes mourront de leur conservatisme désuet..

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :