Bruxelles pourrait aussi sanctionner Rome sur son déficit

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L'Italie ne ferait aps assez selon Bruxelles
L'Italie ne ferait aps assez selon Bruxelles (Crédits : reuters.com)
Le budget italien 2015 sera connu demain. Mais déjà des rumeurs de sanctions de la Commission circulent.

Après la France, l'Italie. Le ministre italien de l'Economie, Pier Carlo Padoan, doit, comme son homologue français Michel Sapin, transmettre le 15 octobre à la Commission son projet de budget. Un projet qui risque de faire grincer bien des dents à Bruxelles.

"Ajustement structurel" insuffisant

Rome prévoit ainsi une baisse du déficit structurel de seulement 0,1 point de PIB en 2015. Or, à Bruxelles, on attend une réduction du déficit structurel de 0,7 point de PIB au minimum. Comme dans le cas français, la Commission pourrait donc demander à Pier Carlo Padoan de « revoir sa copie. » Déjà, sur Twitter, un des utilisateurs les plus influents sur l'économie italienne croit savoir, de sources européennes, que Bruxelles renverra le projet de budget italien à Rome.

Réformes contre magnanimité ?

Matteo Renzi avait prévenu qu'il ne souhaitait plus poursuivre la stratégie de priorité donnée à la baisse des déficits. Il entend donc se montrer plus agressif, notamment sur les baisses d'impôts. Mais il espère aussi qu'en avançant sur les réformes (il vient d'obtenir la suppression du fameux article 18 du statut des travailleurs) et en maintenant le déficit effectif sous les 3% du PIB, il pourra amadouer la Commission. C'est loin d'être sûr, car le nouvel exécutif bruxellois semble disposé à « faire des exemples » pour « faire respecter les règles », notamment dans le cadre des nouveaux instruments (two et six-pack). A noter aussi que Rome risque d'être confrontée à un problème sur la réduction de son ratio de dettes.

Risques

La Commission veut donc se faire respecter. Mais elle joue un jeu dangereux en demandant à deux économies très fragiles de faire encore des « efforts », quitte à les pousser dans une récession dont, rappelons-le, l'Italie n'est toujours pas sortie depuis novembre 2011.

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Commentaires
a écrit le 15/10/2014 à 12:43 :
Pour réduire le déficit il faudrait supprimer au moins 500.000 fonctionnaires. Problèmes on aurait 500.000 chômeurs en plus ! Alors, Réduire l'assistanat : c'est courir le risque de graves troubles sociaux dans les cités sensibles. Reste à augmenter les impôts ? (pour ceux qui en paient) C'est amener le chômage à de nouveaux sommets. Echec et mat donc.
a écrit le 15/10/2014 à 10:59 :
la lowcostisation de la France est en route ! et cette europe ultra libérale qui intègre toujours et encore plus de pays de l'Est, entretient une baisse continue des salaires chez les poids lourds de l'Europe....les retraités peuvent se préparer à souffrir, car avec des actifs touchés masssivement par le chomage et des salaires tirés vers le bas; ils peuvent se préparer à de grosses coupes dans leurs pensions !
Réponse de le 15/10/2014 à 11:22 :
Vous ne savez manifestement pas ce que "ultra libéral" veut dire...
a écrit le 15/10/2014 à 8:27 :
Parfait. Si Bruxelles sanctionne la France et l'Italie cela précipitera le dépôt de bilan de ces deux pays ...et donc l'éclatement de la zone euro. Pour en finir une bonne fois pour toutes avec cette Europe du désespoir ? L'ennui c'est que la situation de ces deux pays pourrait être encore bien pire pour les populations concernées. Hélas.
a écrit le 15/10/2014 à 7:32 :
Pourvu que l'Union Européenne sanctionne à la fois la France et l'Italie, qu'on "rigole" encore un peu de ses pantalonnades en attendant la sortie du tome 2 de Valérie... Au fait, qui a soumis les budgets nationaux au contrôle de la Commission Européenne alors qu'on savait qu'on était incapable de tenir les engagements budgétaires ? Rappelez-nous un peu...
a écrit le 14/10/2014 à 21:36 :
Le peuple souverain lui fait un bras d'honneur à la commission sous les ordres des intégristes de la droite allemande soutenus par les pays eunuques sans armée,sans fierté,qui se sont toujours couchés devant des envahisseurs ou des dictateurs...........
Réponse de le 15/10/2014 à 7:38 :
ces technocrates dictateurs, n'ont qu'à commencer par se SANCTIONNER EUX MEMES! ils en ont sur la CONSCIENCE, eux, qui profitent de nous! qui se goinfrent, pendant qu'on nous étrangle de plus en plus ! DEHORS!!
a écrit le 14/10/2014 à 20:59 :
La longue saison des sanctions ne fait que commencer : Moscou, Paris, Rome….
a écrit le 14/10/2014 à 20:47 :
Jamais Bruxelles ne mettra à l'amende la France ou l'Italie car les opinions publiques se révolteraient. Du cinéma !
Réponse de le 14/10/2014 à 21:00 :
Bingo !!
a écrit le 14/10/2014 à 18:52 :
la difference entre la france et l'italie c'est que hors interets de la dette, l'italie a un excedent ! ca change bcp de choses meme avec une dette elevee... une boite endette avec fort cash flow ca ne pose pas de pbs, le pb, c'est quand y a plus de cash flows
Réponse de le 14/10/2014 à 19:14 :
Il n'y a pas d'analogie possible avec le cash flow.

Si analogie il devait y avoir il faudrait plutôt la faire avec un tableau de financement.

Le déficit budgétaire ne distingue pas les investissements des charges.

On peut avoir un déficit budgétaire et un enrichissement par le développement de nouveaux actifs (éducation, infrastructures, connaissances, participation de l'Etat, parc immobilier) qui sont assimilées à des charges dans votre raisonnement.

On peut aussi avoir un équilibre budgétaire et s'appauvrir.

Au final, quand on a un cout du crédit aussi faible, il est tentant de financer des investissements créateurs de valeur!

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