"La marge de progression du secteur éolien est énorme"

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Antoine de Marliave, directeur commercial chez Eolfi Gestion, société indépendante spécialisée dans les parcs éoliens, plaide en faveur d'investissement dans ce secteur encore naissant, qui bénéficie d'un cadre réglementaire et législatif de plus en plus favorable à son développement.

Latribune.fr- Pourquoi l'éolien devient-il si intéressant d'un point de vue de l'investissement?

Antoine de Marliave- L'éolien bénéficie d'un cadre réglementaire très favorable, qui a commencé avec le protocole de Kyoto en 1997. Il profite aussi de l'incitation de la commission européenne qui fixe un objectif de réduction des énergies polluantes à tous les états membres. Pour la France, l'objectif est de produire 21% de son électricité à partir d'énergie renouvelable. Aujourd'hui, le taux de production est de 14% et pour atteindre 21% il faudra principalement compter sur l'éolien. En outre, en France, la loi impose à EDF de racheter à un prix fixe pendant 15 ans l'électricité produite par les parcs éoliens. En Allemagne, le prix est garanti pendant 20 ans...

Autant d'arguments qui plaident en faveur de l'énergie éolienne, qui est d'ailleurs compétitive, avec un prix de revient économique de 6 à 7 centimes par kwh, contre 4 centimes pour le nucléaire, par exemple.

Quelle est la marge de progression de ce marché?

Elle est énorme. Tout d'abord, il faut préciser que ce marché est principalement européen, à 70 %. Même si l'on trouve des parcs d'éoliennes également aux Etats-Unis et que la Chine se développe activement sur ce secteur.

En Allemagne, premier pays mondial de l'éolien, on compte 18.000 mega watts (MW) installés à fin 2005. En Espagne, deuxième pays mondial de l'éolien, devant les Etats-Unis, on note un parc de 11.000 MW installés, soit 8% de la production électrique du pays. Par ailleurs, au Danemark, l'éolien fournit déjà 20% de l'électricité du pays.

Pour sa part, le Royaume-Uni représente également un marché à très fort potentiel. C'est le premier potentiel européen en terme de vent. Mais outre-Manche, le secteur ne bénéfice pas d'un prix garanti sur le long terme, ce qui pèse sur la visibilité de la rentabilité et donc sur son développement. Il reste également en Europe un important potentiel de développement en plus de la France, en Italie, au Portugal, mais aussi dans les pays d'Europe centrale.

Quel est le potentiel de ce marché en France?

Il y a seulement 750 MWh de parcs installés alors que l'objectif gouvernemental est d'atteindre 10.000 MWh en 2010, ce qui équivaut à 5.000 éoliennes. En moyenne, on note que les parcs installés en France doublent tous les ans. Ainsi, en France, la part de marché de l'éolien dans la génération d'électricité est de 0,4% à ce jour. A terme ce taux pourrait passer à 4%.

Quels sont les grands acteurs cotés de ce secteur?

Il faut distinguer les fabricants de machines des exploitants de parcs. Parmi les fabricants de machines les principaux acteurs cotés sont Vestas, Gamesa et Repower. Quant aux infrastructures le marché est plus atomisé. Mais les acteurs principaux du secteur sont les grands énergéticiens et certains fonds d'investissement.

En France, EDF Energies Nouvelles, qui exploite les parcs, notamment aux Etats-Unis, va s'introduire en Bourse en novembre. L'introduction en Bourse d'EDF Energies Nouvelles permettra d'ailleurs de donner des repères au marché. Enfin, on note les sociétés Théolia, qui vient passer sur le marché réglementé, et Séchilienne Sidec (ex-filiale d'Air Liquide) racheté par Apax et toujours cotée en Bourse. Cette dernière détenait 10% du parc éolien français à fin 2005.

Mais outre ces sociétés cotées, les investisseurs individuels peuvent investir dans des Fonds d'investissement de proximité (FIP) qui investissent directement dans les parcs éoliens.

Vous aidez au développement des parcs en vu de les revendre. Quels sont les acquéreurs potentiels de vos parcs éoliens?

Alors que certains parcs ne sont pas encore construits, nous avons déjà des acheteurs... Les acheteurs potentiels sont tous les producteurs d'électricité, mais aussi, les groupes de BTP, qui s'intéressent de plus en plus au secteur.

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