Le LSE rejette l'offre de rachat de 2,9 milliards de livres du Nasdaq

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Le London Stock Exchange a rejeté l'offre officielle de rachat faite ce matin par la place de marché américaine. Le Nasdaq propose 1.243 pence par action, ce qui valorise l'ensemble de la société britannique à 2,9 milliards de livres, dette comprise. Malgré le rejet du LSE, l'Américain maintient son offre.

La guerre des nerfs est repartie entre le Nasdaq et le London Stock Exchange. Et pour cause. Après une accalmie de quelques mois, la place de marché américain a lancé une offre d'achat officielle sur son concurrent britannique pour un montant global de 2,9 milliards de livres (dette comprise), soit 3,98 milliards d'euros. Sans la dette, l'offre est de 2,7 milliards de livres. Le Nasdaq, qui détient déjà 28,75% du capital du groupe britannique, propose ainsi 1.243 pence par action du LSE en numéraire.

Mais cette proposition reste vaine, alors que de son côté, le LSE a immédiatement rejeté cette nouvelle offre, estimant qu'elle est trop faible. Ce qui n'empêche pas le Nasdaq, certes déçu, de maintenir son offre.

L'offre faite par la place de marché américaine représente une prime de 54% par rapport au cours de clôture du LSE du 1er mars 2006, date à laquelle le LSE avait annoncé avoir été approché par la place américaine. Elle représente également 27,9 fois le bénéfice attendu par le LSE en 2005/2006 (exercice clos en mars) et 24,9 fois le bénéfice attendu en 2006/2007.

Le Nasdaq, qui souhaite créer un nouveau géant des places boursières mondiales, met également en avant les avantages qu'une telle fusion présenterait. L'ensemble comprendrait quelque 6.400 sociétés cotées, avec une capitalisation boursière de 6.300 milliards de livres, explique le groupe américain. Il indique en outre qu'il veut, en cas de fusion avec le LSE, conserver la marque et le modèle économique du Britannique. Ce dernier continuera à avoir son propre conseil d'administration, promet également le Nasdaq.

En outre, pour le Nasdaq, cette fusion devrait être génératrice de synergies de coûts, en technologie et en termes de revenus. Le groupe ne dévoile pas encore ses prévisions, mais promet de les donner rapidement.

De plus, l'Américain indique qu'une telle opération serait aussi dans l'intérêt des acteurs de marchés. "Une de nos premières responsabilités est de réduire le coût total des échanges pour les utilisateurs des marchés tout en offrant de meilleurs services", explique le Nasdaq. "Dans ce contexte, nous nous engageons à ne pas augmenter les tarifs de courtage pour au moins les trois années à venir", ajoute le groupe américain.

L'offre du Nasdaq sur le London Stock Exchange (LSE) était certes attendue. Son timing n'en est pas moins révélateur. Elle intervient une dizaine de jours après l'initiative de sept grandes banques d'investissement de créer une plate-forme d'échanges alternative aux Bourses traditionnelles, et une semaine après l'abandon par la Deutsche Börse de son projet d'offre sur Euronext, concurrente de celle du New York Stock Exchange (NYSE).

L'initiative des sept banques a de quoi inquiéter potentiellement les gestionnaires des Bourses, qui pourraient voir une partie de la liquidité du marché partir ailleurs, rendant ainsi ces mêmes Bourses obsolètes. Un risque encore virtuel, mais pas irréel. Le Nasdaq veut ainsi accélérer la consolidation pour acquérir une taille suffisamment compétitive.

L'abandon par Deutsche Börse de ses visées sur Euronext rend d'autre part plus vraisemblable la fusion entre Euronext et le NYSE, et moins vraisemblable une initiative alternative du New York Stock Exchange sur le LSE. Le Nasdaq cherche ainsi à profiter du fait que son concurrent américain est occupé ailleurs, ce qui rend plus difficile dans l'immédiat une surenchère autour du LSE, pour avancer une offre à son prix de choix.

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