« Homos en politique, le dire ou pas ? », sur France 5, « Ma Super Ligue 1 », sur Gulli, « Border – Les failles ont la parole », sur toutes les plateformes audio découvrez notre sélection médias de la semaine du 20 octobre 2025.
Homos en politique, du placard au pouvoir
Le 30 janvier 2024. À l’Assemblée nationale, Gabriel Attal clôture son discours de politique générale par une phrase tout sauf anodine. « Être Français en 2024, c’est pouvoir être Premier ministre en assumant ouvertement son homosexualité. » Un moment de bascule selon le journaliste Jean-Baptiste Marteau, qui a coréalisé avec Renaud Saint-Cricq le documentaire Homos en politique, le dire ou pas ?, diffusé mardi en prime time sur France 5.
« Il a beaucoup hésité avant de la prononcer et l’a d’ailleurs ajoutée à la toute dernière minute dans son discours, confie-t-il. Selon un sondage Ifop de 2024, 35 % des Français indiquent qu’ils seraient gênés de voter, en 2027, pour un candidat ouvertement gay. J’ai voulu dans ce documentaire comprendre comment cela se passait en France, dans les villes et en milieu rural, quand on est homosexuel et qu’on fait de la politique. »
Un thème abordé de façon incarnée – et à la première personne – par le journaliste de 42 ans, qui n’a jamais fait mystère de son orientation sexuelle : « Je suis très engagé sur ce sujet. Quand j’étais ado, je me sentais seul car il n’y avait pas de personnalités publiques dans les médias auxquelles je pouvais m’identifier. Je viens d’être nommé joker du 20 Heures de France 2 [il remplacera Léa Salamé toute cette semaine], cela aurait été impensable dans les années 1980 ou 1990. Il y avait certes des présentateurs homos au 20 Heures, mais ils cachaient leur sexualité. »
Parmi les nombreux témoignages qui émaillent ce documentaire, on retrouve ceux de pionniers comme Jean-Luc Romero-Michel. Celui-ci confie avoir songé au début de sa carrière à se marier avec une femme pour ne pas freiner son ascension, jusqu’à même publier une annonce à cette fin dans Libération.
Ou encore celui de Bertrand Delanoë, dont le coming out dans l’émission Zone interdite en novembre 1998, en plein débat sur le Pacs, a marqué les esprits. « Quand M6 m’a contacté pour participer à l’émission, j’ai beaucoup hésité au début car je n’avais pas envie d’en faire un étendard, raconte face caméra l’ancien maire de Paris. Et puis un ami m’a demandé si j’avais déjà un jour regretté d’avoir défendu mes convictions, ça m’a complètement libéré. »
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De son côté, Franck Riester revient sur le climat délétère qui régnait à droite sur les bancs de l’Assemblée nationale lors des débats sur le mariage pour tous, en 2013. « Au départ, l’ambiance était plutôt bienveillante même si les députés disaient qu’ils ne voteraient pas le texte, se souvient le député alors membre de l’UMP, qui avait fait son coming out dans la presse deux ans plus tôt. Au fil des semaines, les élus ont suivi la radicalisation d’un certain nombre de militants. Ils ont glissé vers une opposition farouche avec des mots très forts et une violence qui a créé des blessures énormes dans la société. »
Selon Jean-Baptiste Marteau, le clivage entre droite et gauche s’est aujourd’hui estompé : « Au sein du Rassemblement national, il y a beaucoup d’élus qui s’affichent aujourd’hui ouvertement comme homosexuels [à l’image de Jean-Philippe Tanguy, qui témoigne dans ce documentaire], ce qui aurait été impensable à l’époque du Front national.»
« De manière générale, poursuit-il, notre société est plus ouverte. Mais en réalisant ce documentaire, je me suis rendu compte à quel point la route est encore longue. J’ai échangé avec beaucoup de politiques qui m’ont dit qu’ils n’étaient pas prêts à témoigner. Notamment un responsable de premier plan dont les parents ne savent même pas qu’il est homosexuel. Ceux qui en parlent publiquement prennent le risque de s’exposer aux insultes et de restreindre leurs chances d’accéder au plus haut niveau. »
« Homos en politique, le dire ou pas ? », mardi à 21h05 sur France 5. Déjà disponible sur la plateforme France.tv
La Ligue 1 en mode récré
Objectif pour Ligue 1+ : recruter de nouveaux abonnés… grâce aux enfants ! Pour cela, la plateforme de la Ligue de football professionnel (LFP) – qui a déjà séduit plus de 1 million d’aficionados depuis son lancement en août – inaugure ce mercredi à 16 heures sur Gulli Ma Super Ligue 1.
Un magazine hebdomadaire dans lequel l’animatrice SoAnne embarque les jeunes téléspectateurs dans les coulisses du championnat de France. « C’est une manière très innovante de parler de football, explique Coralie Boitrelle-Laigle, directrice des programmes jeunesse du groupe M6. Ma Super Ligue 1 va permettre aux enfants de s’attacher aux équipes et aux joueurs. »
Avec en prime la volonté de les faire participer au maximum à ce programme d’une vingtaine de minutes financé par Ligue 1+. « Il y a notamment la rubrique Au vestiaire, qui permet à un enfant d’aller interviewer un joueur, poursuit la dirigeante. Pour la première, c’est Olivier Giroud, nouvelle recrue du Losc, qui s’est prêté au jeu. » Face à lui Charlie, 12 ans, qui lui pose des questions bien différentes de celles d’un adulte. Spontanéité garantie.
Dans Goaaaaaal, ce sont les buts du week-end qui sont commentés par les mômes, à la manière – enflammée – des journalistes sportifs. « On retrouvera également chaque semaine la Story Foot, qui nous plonge dans l’histoire du championnat de France, ou encore un résumé de l’actualité sous forme de cartoon », précise Coralie Boitrelle-Laigle.
En plus de sa diffusion sur Gulli, le magazine sera également programmé les samedi et dimanche matin sur la chaîne Ligue 1+ dans un bloc jeunesse de deux heures, de 8 heures à 10 heures, aux côtés de trois dessins animés : Inazuma Eleven, Galactik Football et Olive et Tom – Le retour.
« Ma Super Ligue 1 », le mercredi à 16 heures sur Gulli à partir du 29 octobre. Également sur Ligue 1+ les samedi et dimanche matin.
À l’écoute de nos failles
Tendre son micro à celles et ceux que des blessures intimes ont pu faire vaciller. C’est la mission que s’est fixée au printemps dernier Stéphanie Renouvin en lançant « Border – Les failles ont la parole ». Un podcast intimiste dans lequel ses invités se livrent sans fard sur ces brèches intérieures qui les ont fait tomber avant qu’ils ne parviennent à se relever.
« Je me suis toujours passionnée pour les questions de santé psychique, explique la journaliste et réalisatrice. On réagit tous de manière différente aux épreuves de la vie. Quand mon père est décédé, j’ai fait une dépression sévère, ce qui n’a pas été le cas de mon frère et ma sœur. Aujourd’hui, la parole se libère sur ces sujets et c’est salutaire. »
Au fil des épisodes, anonymes mais également personnalités publiques – à l’image de Bruce Toussaint, qui revient sur le deuil impossible de ses parents – déroulent leur histoire dans un climat de bienveillance et d’écoute. Un cocon audio apportant la preuve qu’il est tout à fait possible de transformer ses vulnérabilités en force.
« Border – Les failles ont la parole », podcast réalisé et produit par Stéphanie Renouvin. Disponible sur toutes les plateformes audio.