« Plus ça va, plus mon ventre décide de mes idées politiques »: Haroun, chantre de l’humour vache
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Haroun sur scène avec « Seul(s) », à la salle Gaveau, à Paris, en janvier 2023.
LTD/Little Shao
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Haroun sur scène avec « Seul(s) », à la salle Gaveau, à Paris, en janvier 2023.
LTD/Little Shao
Il avait terminé sa précédente tournée sous les dorures du Théâtre Édouard VII à Paris. Trois ans plus tard, on retrouve Haroun au 13e Art, une salle de 900 places située dans le centre commercial Italie 2. « Un lieu pittoresque, on n’est pas sur un théâtre à l’italienne mais on est bien assis », ironise en préambule l’humoriste devant un public hilare venu découvrir son cinquième one-man-show, Bonjour quand même.
Un titre à double sens qui résume bien l’humeur de l’époque marquée par l’invective et les débats sans nuances. Résultat, un monologue brillant qui va « un peu dans tous les sens », dixit l’intéressé – du casse du Louvre en passant par le complotisme, la finitude ou la lutte des classes –, sans jamais nous perdre en chemin.
Sur scène, le jeune quadra au flegme savoureux évolue au milieu d’un décor de chantier avec une échelle, des échafaudages et un monte-charge. « Cette scénographie illustre comment est né ce spectacle, dans un foutoir total », confie Haroun, qui a découvert les joies de la paternité ces dernières années (deux enfants de 5 et 2 ans).
« J’ai dû changer ma façon de travailler, poursuit l’humoriste à l’autre bout du fil. Avant, j’écrivais quand je voulais ; là, j’écrivais quand je pouvais, entre les siestes ou tard le soir. Pendant deux ans, j’ai accumulé des textes sans savoir où j’allais. La grande difficulté a été de les choisir et de les agencer. Le spectacle a vraiment pris forme ces dernières semaines. »
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Des contraintes dont il s’amuse volontiers sur scène : « J’ai écrit ce spectacle sous bébés. Y en a qui écrivent sous coke… Peut-être que ça se voit un peu. Le bordel, c’est l’état de mon cerveau ces dernières années. » Cela n’a pas empêché le stakhanoviste de réaliser une mini-webserie remarquable d’intelligence et de drôlerie, La Vie d’artiste (diffusée en avril sur YouTube) dans laquelle il incarne un humoriste en herbe, sorte de Candide tête à claques prêt à tout pour percer dans le monde impitoyable des comedy clubs parisiens.
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