C’est l’une des plus anciennes grandes villes de gauche de France, qui a connu seulement quatre maires en 80 ans, tous socialistes. Clermont-Ferrand pourrait cependant changer de majorité, en mars prochain, à la faveur d’une droite unie avec le centre.En ce vendredi 9 janvier au matin, entouré des 23 nouveaux visages de sa liste, Olivier Bianchi promet « une dynamique nouvelle au service de la continuité ». Candidat pour un troisième mandat à la tête de Clermont-Ferrand, le maire sortant PS entend bien conserver ce bastion socialiste depuis 1944. « Et même bastion de la gauche depuis 1919 », glisse l’élu de 55 ans.
Pour cela, il présente une liste largement renouvelée, à 42 % par rapport à 2020 et même à 64 % par rapport au scrutin de 2014, début de son premier mandat. « Il n'y a bientôt plus de villes qui n'ont pas connu l'alternance. Chez nous, cette alternance, on la fait en interne en quelque sorte », indique Olivier Bianchi
Il le sait, son principal adversaire, Julien Bony, mise sur une envie de changement après un siècle de « règne sans partage ». « Notre ville est une anomalie démocratique. En démocratie, l'alternance c'est sain. Quand on est là depuis si longtemps, il y a une forme d'aveuglement, on n'est pas challengé, on reproduit toujours la même recette sans véritablement se rendre compte que ça ne fonctionne plus », souligne le candidat LR.
Si la droite y croit davantage cette année, c’est qu’elle fait liste commune avec le centre. Les Républicains, Renaissance et le MoDem, mais aussi Horizons, le Parti radical et l’UDI sont unis dès le premier tour. « Cette union est inédite depuis 1995 et la candidature de Valéry Giscard d’Estaing. C’est d’ailleurs quasiment le seul scrutin où la ville a failli basculer à droite. Le socialiste Roger Quilliot l’avait emporté de seulement 800 voix face au président de la Région Auvergne », rappelle Mathias Bernard, professeur d’histoire contemporaine et président de l’Université Clermont Auvergne.