OPINION. « Paris : ambition environnementale contre écologie des slogans », par Agnès Evren, sénatrice de Paris, conseillère de Paris et présidente de la Fédération LR de Paris
Dans cette tribune, Agnès Evren revient sur le manque d'initiatives prises pour faire de Paris « une ville exemplaire en matière de transition écologique » et liste les ambitions de la droite pour « embellir Paris ».
Les dérèglements climatiques frappent d’abord les centres urbains. Or au-delà des petits coups de com et des grands discours, un constat s’impose : la gauche à Paris, aux responsabilités depuis 25 ans, a totalement échoué à faire de la capitale une ville exemplaire en matière de transition écologique.
Le bilan écologique de la gauche parisienne menée par Anne Hidalgo et le duo Emmanuel Grégoire – David Belliard est terrible. On nous dit que la qualité de l’air s’améliore, avec en particulier une diminution des particules fines dans l’air. C’est vrai et c’est une excellente nouvelle… Mais la baisse, massive, est nationale : entre 49 % et 56 % en 25 ans, selon les types de particules. Merci au renouvellement massif du parc automobile. Pas merci à la gauche qui a tout misé sur le report du trafic en banlieue et augmenté le taux de congestion à Paris (40 % en 2025 contre 35 % en 2014 selon l’index Tom Tom).
Pour le reste, tous les indicateurs sont au rouge vif. C’est le cas en matière de propreté, par aveuglement idéologique. Une ville si mal gérée, sale et en chantier permanent ne peut pas être qualifiée d’écologique.
C’est aussi le cas en matière de rénovation thermique. Résultat : on suffoque ou on grelotte. En été, selon une étude de l’Imperial College, elle figure parmi les villes européennes les plus touchées par la surmortalité liée à la chaleur. En hiver, la ville est régulièrement paralysée par les tempêtes, les orages, la neige, les épisodes de grand froid.
Le pire est pour nos enfants. Des températures extrêmes ont été signalées (11,5 °C) dans une école maternelle du 20e arrondissement en 2024 après la panne d’une chaudière. 30 % du bâti scolaire parisien nécessite une rénovation, mais les investissements de la ville dans l’école publique ont reculé de 51 % en 10 ans !
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3 m² d'espaces verts par habitant
Autre point faible : la végétalisation. Le passe-temps favori de la gauche parisienne, ce n’est pas le jardinage, c’est la bétonisation. Ils ont promis du vert, les Parisiens ont du gris. Avec 3 m² d’espaces verts par habitant à l’intérieur du périphérique, Paris est très en dessous des 10m² recommandés par l’OMS en milieu urbain…
Or la « forêt » devant l’Hôtel de Ville, en réalité quelques bacs avec des arbustes, ne masque pas la minéralisation de la place de la République, ni les millions de m3 de béton coulés pour la Tour Triangle, la ZAC Bercy-Charenton ou Saint-Vincent de Paul, ni les préemptions pour construction de logements sociaux tous azimuts. Au final, un comble : alors que Paris perd des habitants, ceux qui restent ont le sentiment d’une densification sans fin.
La politique de la gauche en matière environnementale est par ailleurs insupportable car empreinte d’un immense mépris social. « Prenez donc le vélo » répètent nos élus, sans tenir compte des conditions (jeunes enfants, personnes en situation de handicap, seniors…). Mais que penser des nombreux voyages en avion de la maire de Paris, ou de ses adjoints, aux frais du contribuable pour faire croire au monde entier que Paris est une ville écologique ?
C’est le pire : la gauche parisienne crée toutes les conditions d’une énorme injustice sociale. Les familles des classes moyennes sont pénalisées, sanctionnées, repoussées en banlieue et condamnées aux bouchons. L’alliance rose-verte atteint le paroxysme de l’hypocrisie : elle n’est pas plus « sociale » qu’elle n’est « écologique ». La gauche caviar sévit toujours...
De Lyon à Grenoble, de Strasbourg à Bordeaux, le bilan des gauches autoproclamées « écologistes » est calamiteux, marqué par une dégradation des conditions de vie et des tensions croissantes. Les masques tombent. À l’inverse, des maires qui, partout en France, plantent des arbres, végétalisent les cours d’écoles, mettent en place des modes de transport plus doux et moins polluants, voire totalement décarbonés, il y en a plein. De droite, de gauche, du centre. Ils ne crient pas à « l’écologie politique » depuis leur salon ou dans des manifestations : ils agissent sur le terrain.
Avec Rachida Dati, nous embellirons Paris. Nous prendrons soin de notre cadre de vie. Nous préserverons la biodiversité : aucun arbre mature ne sera abattu si son état phytosanitaire est bon – 500.000 arbres sont concernés. Nous débitumerons pour créer des îlots de fraîcheur et lutter enfin contre le risque d’inondation. Nous ferons de la propreté notre priorité. Et nous le ferons pour tous les Parisiens.
La gauche donne des leçons. Mais face au défi climatique, Paris mérite une ambition environnementale sérieuse, pragmatique et efficace. Nous sommes prêts.