Orange Numéro Un de la féminisation des instances dirigeantes des entreprises

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Stéphane Richard, président directeur général d'Orange peut se satisfaire. La politique Conquêtes 2015, qu'il a mis en oeuvre en 2009, se voit couronnée. Orange arrrive en tête du premier classement des entreprises françaises pour la féminisation de leurs instances dirigeantes du Ministère des Droits des Femmes. Nommé en août à la tête de la commission Egalité - Parité du Medef, il nous explique sa stratégie à venir. Interview exclusive.

Sur l'ensemble des 170 000 collaborateurs du groupe Orange dans le monde (dont 100 000 en France), les femmes totalisent 36,4 % des effectifs de la société dans les 32 pays où l'opérateur est présent. Lorsqu'on monte dans la hiérarchie, les femmes représentent 29 % de l'effectif cadre, 33 % du conseil d'administration, 25 % du comité exécutif. Soit 24 % des 1200 top managers. Et dans le classement établi à la demande du Ministère, on compte 35 femmes parmi les 120 managers les plus haut placés.

Fort de ces performances, Orange emporte haut la main la première place du nouveau classement mis en place par le Ministère des droits des femmes et Ethics & Boards, devant les entreprises du CAC 40.

Est-ce une satisfaction personnelle ?

"Cela fait bien sûr plaisir de voir nos efforts et notre stratégie récompensés et reconnus. C'est un signal très encourageant. Mais, il faut rester modeste. Les choses sont fragiles, précaires. Nous ne sommes jamais à l'abri d'un mouvement de retournement, à l'aune d'une nomination. Il nous faut consolider notre stratégie dans le temps. D'une certaine manière, nous avons commencé par le moins difficile : les équipes dirigeantes. Dés lors que l'on désire redescendre dans toutes les couches de l'entreprise, en particulier les métiers techniques qui sont très peu féminisés, c'est plus compliqué. Il nous faut travailler très en amont, lutter contre les préjugés et intervenir au niveau des formations. Avec l'association Capital filles, créée en 2011 par Orange et que je préside depuis un an, nous encourageons, sur la base du volontariat et du parrainage, des jeunes filles dés la 3ème pour qu'elles intègrent des filières techniques. Ce type d'actions n'est pas spectaculaire. Mais, elle concerne déjà plusieurs centaines de personnes et portera ses fruits, dans 5 à 10 ans.

Vous avez été nommé en août à la direction de la commission Egalité - Parité du Medef. Quelle est votre vision ? Votre ambition ?

Je pars d'une idée simple. Les entreprises sont des êtres conçus pour produire des produits, des services et des résultats. Leur cahier des charges est assez simple, c'est plus complexe pour l'Etat ou le public. Ceci étant, il n'est pas interdit une fois qu'on a dit ça, de réfléchir et d'avancer sur la manière de positionner les entreprises dans la société.

Ces dernières années, on voit bien que des distances se sont creusées entre les entreprises et le reste de la société. Elles sont souvent considérées par le grand public comme des machines à fabriquer des chiffres, voire à broyer des hommes. Depuis que je préside Orange, je me suis attaché à remettre l'humain au coeur de notre stratégie. Au sein du Medef, par cette commission, j'espère contribuer à démontrer que cette vision n'est pas contradictoire avec la performance des entreprises. Je ne veux pas faire de politique. Mais, parler d'un sujet comme l'égalité concerne tout le monde, c'est une question sociétale. Et dans ce domaine, les entreprises peuvent être en pointe. Donc, j'espère avec cette petite tribune que Pierre Gattaz souhaitait me donner, avoir la capacité à faire passer quelques messages. Je suis modeste dans l'approche, il faut du temps pour changer les choses. Mais tout ce qu'on peut utiliser comme levier, est utile. Il m'importe d'affirmer que l'entreprise, dans une vision progressiste, est aussi un lieu d'épanouissement."

 

 

 

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