La crise, invitée d'honneur à Davos

Angela Merkel a ouvert le forum économique mondial de Davos. Désorientés, les grands de ce monde cherchent désespérément une issue à la crise... sans voir qu'elle est peut-être déjà derrière nous.
Infographie La Tribune
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En général, les prédictions conjoncturelles faites fin janvier à Davos se réalisent rarement. L'an dernier, l'ambiance était à la reprise et patatras, la crise des dettes souveraines européennes à l'été a replongé le monde dans l'incertitude. Cette année, les patrons sont venus en masse au Forum économique mondial écouter les oracles des gourous de l'économie (Stiglitz, Roubini...) et les dirigeants des principaux pays et organisations internationales. Plus de 1.600 "business leaders", une participation record de 2.600 personnes au total, ont provoqué l'affluence dans les quelque 250 conférences organisées sous l'égide de Klaus Schwab, le fondateur du World Economic Forum (WEF) en 1971. Au pied de la "Montagne magique" de Thomas Mann et à côté d'un village d'igloos construit par des militants de "Occupy WEF", les "leaders" ont été cueillis à froid par la révision en baisse de la croissance mondiale annoncée par le FMI.

Pour les décideurs réunis à Davos, l'heure est à l'inquiétude. Selon un sondage du cabinet PricewaterhouseCoopers, 48 % des 1.258 patrons interrogés s'attendent à une nouvelle récession dans les douze prochains mois. Seul un petit 15 % voit l'avenir en rose. Le sentiment dominant à Davos cette année est que cela ne peut plus continuer ainsi. Même le très libéral Klaus Schwab, sans doute impressionné par la force du mouvement protestataire mondial, a reconnu que « le capitalisme, sous sa forme actuelle, n'a plus sa place dans le monde qui nous entoure ». « Nous avons échoué à retenir les leçons de la crise financière. Une transformation mondiale doit avoir lieu d'urgence et cela doit commencer en rétablissant une forme de responsabilité sociale ». « La grande transformation », thème emprunté au théoricien hongrois Karl Polanyi, est justement le titre choisi cette année pour cette 42e édition du WEF.

Et Ben Verwaayen, le patron d'Alcatel-Lucent, d'approuver : "Faisons fi de toute nostalgie, nous n'allons pas revenir au monde ancien. La crise que nous vivons n'est pas un accident, c'est une transformation profonde de notre modèle économique." Présidente de la Confédération syndicale internationale, Sharan Burrow, s'est montrée encore plus claire sur le caractère structurel de la crise actuelle : "La finance est en train de vous tuer", a-t-elle lancé aux patrons, les appelant à retrouver le plus vite possible la recette pour réveiller la "job machine", car sinon, cela finira mal et il ne faudra pas s'en étonner. "Les inégalités de revenus sont les plus élevées depuis la crise des années 1930. Ce n'est généralement pas une bonne nouvelle pour le capitalisme..."

Mais Davos est, heureusement pour les participants, qui payent un minimum de 40.000 francs suisses pour s'isoler une semaine dans la station des Grisons, plus qu'une réunion d'économistes. C'est aussi l'occasion de sentir les tendances de ces temps nouveaux. Deux mots ont ainsi dominé cette 42e édition. Celui de "dystopie", qui est l'inverse de l'utopie, et permet de décrire un état du monde qui ne verrait plus de progrès possible. Une situation où le pire succéderait fatalement au pire, à éviter absolument. Le deuxième mot à la mode est le "talentisme", pour remplacer le "capitalisme" décidément mal en point, et où le capital serait remplacé, comme ressource rare, par les talents, la nouvelle compétition du nouveau monde en train de naître.

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Commentaires 36
à écrit le 28/01/2012 à 13:14
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Il est sur que nos financiers ne sont pas ceux qui ont du talent? ni nos journalistes économistes.

à écrit le 27/01/2012 à 13:48
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La crise invitée d'honneur?invitée tout court serait plus responsable.

à écrit le 27/01/2012 à 12:11
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N'importe quoi. Ces patrons qui vivent pour la plupart de subventions étatiques viennent nous parler de capitalisme. Il n'y a avait rien de capitaliste dans le désastre provoqué par Fannie Mae et Freddie Mac.

à écrit le 27/01/2012 à 11:10
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Personne n'en parle mais la cause première de la crise est éthique! les subprimes, Madoff, le laxisme budgétaire, la démagogie libérale extrême, les divergences européennes sans fin... toujours plus sans se soucier des autres, de la collectivité, des...

à écrit le 27/01/2012 à 8:51
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Allez dire ça aux Grecs que la crise est derrière eux, aux portugais, aux irlandais, aux espagnols, et bientôt à tous les européens... J'en ai assez d'entendre ces sornettes, ou ma génération est sacrifiée à outrance, tout ce qu'on nous propose c'est...

à écrit le 27/01/2012 à 7:20
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Il devient de plus en plus nécessaire de faire intervenir le role de l'énergie dans le développement économique. Il y a le travail,le capital et aussi l'énergie. Et si on passe à la valeur,il y a une relation entre le cout du travail et le prix de ...

à écrit le 27/01/2012 à 5:23
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M. Merkel mérite un trés fort soutien et je dirai même inconditionnel, dans la mesure où son discours est réaliste et juste. Il n'y a pas plusieurs manières de sortir de cette crise. Prenons le pari gagnant de la construction européenne.

à écrit le 27/01/2012 à 4:21
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Nous ne pouvons pas dire que la crise est derrière nous, alors même qu'aucun choix de mise en marche d'une nouvelle économie ne se manifeste. Certains hommes plotiques, guidés par un libéralisme inconditionnel seront peut-être tentés d'annoncer cela,...

à écrit le 26/01/2012 à 20:39
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Le monde s'accorde à dire que notre modèle économique est dépassé. Quand je dis "notre" je pense au monde, pas à l'hexagone... Mais même si tous les économistes semblent d'accord sur ce point, il faudra malheureusement quand même attendre que cette c...

à écrit le 26/01/2012 à 18:22
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La crise est révélatrice d'opportunités, à saisir, comme le WEF a su le faire; ce Forum est vraiment créateur de PIB pour le pays hôte. S'en inspirer.

à écrit le 26/01/2012 à 17:03
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même à 40 000 FS par participant, ce n'est pas trop cher payé si le capitalisme retrouve une orientation et évite de nouvelles guerres, propres aux périodes de crises capitalistes.

à écrit le 26/01/2012 à 14:41
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Et encore ... les commentateurs ci-dessous (moi-même) ne sommes pas les plus pauvres, car au moins possesseurs d'une machine qui permet de se connecter au net. Vous dire les autres... Sinon, Jean. Le frigo date de quand..??

à écrit le 26/01/2012 à 13:46
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Je voudrais vendre une Clio 2006 et un frigo.

à écrit le 26/01/2012 à 13:36
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Bien plus que la crise, c'est le désarroi & l'inquiétude qui sont les invitées d'honneur à Davos ! Il n'y a qu'à voir le discours d'inauguration de Klaus Schwab & les positions de Roubini.ou de Soros ... entre autres.

à écrit le 26/01/2012 à 13:32
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Le capitalisme, sous sa forme actuelle, avec son besoin de croissance continue entraîne l'anéantissement de la planète sur l'autel du profit. C'est pourquoi cela ne peut plus durer très longtemps. Il n'y aura jamais assez de nourriture, d'énergie, ...

le 27/01/2012 à 9:42
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Cela ne peut plus durer tout court vous voulez dire !

à écrit le 26/01/2012 à 13:32
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Davos tout le monde s'en fout sauf les responsables de la crise qui se réunissent entre eux, c'est pour ça que plus personne s'y bouscule. Un truc à jeter et en plus ça se passe en Suisse qui a dans ses comptes et ses coffres des milliers de milliard...

le 26/01/2012 à 15:03
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Excellent les milliers de milliards d'argent ayant échappé aux flics ...

à écrit le 26/01/2012 à 12:43
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La crise n'est pas derrière nous, elle arrive au galop. L'augmentation du chômage va accentuer la baisse de la consommation et donc conforter encore davantage l'envolée du chômage. Il y a des signes qui ne trompent pas, la consommation des produits p...

à écrit le 26/01/2012 à 12:42
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"Désorientés, les grands de ce monde cherchent désespérément une issue à la crise... sans voir qu'elle est peut-être déjà derrière nous." ??! Je n'ai pas bien compris, où est-il écrit dans l'article que la crise est peut-être déjà derrière nous ? Il ...

le 26/01/2012 à 12:54
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Il y en a qui se donnent de faux espoirs ou veulent donner de l'espoir ou sont complètement à côté de la plaque. En fait, La crise va entrer dans une phase aigue et cela va chauffer.

le 26/01/2012 à 16:13
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Comme Marine est dans la panade,qui va pouvoir beugler??? Avec un ELU comme Hollande,Davos,restera une station de sport d'hiver,car plus un Français n'aura droit au chapitre car totalement ruiné. A Quand le grand rassemblement des Intelligents Int...

le 27/01/2012 à 13:33
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Nostalgique des années 40?

à écrit le 26/01/2012 à 12:13
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Le réel « talentisme » consisterait à affirmer une authentique volonté de changement en commençant par dire la vérité : la Suisse est le pays qui héberge la plus grande densité de multinationales au monde. Or, selon une étude de l?Ecole polytechni...

à écrit le 26/01/2012 à 11:28
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Peut-être ne faudrait-il pas pousser trop loin dans l'hypocrisie. Mais il est sans doute trop tard, voire, le système y trouve-t'il là son fondement... J'ai lu, par ailleurs, une analyse assez juste sur le mouvement du "tout changer pour ne rien chan...

à écrit le 26/01/2012 à 11:17
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La réunion officielle des membres de la Trilatérale et du Bilderberg Group qui gouvernent le monde au-dessus des nations.

à écrit le 26/01/2012 à 11:03
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Talentisme ? Encore faut-il avoir la chance de débuter professionnellement pour exprimer son talent. Ce n'est pas avec des idées farfelues que nous changerons ce monde mais avec des actes concrets. Dans le bon ordre il s'agit de : réfléchir, d'agir, ...

à écrit le 26/01/2012 à 9:58
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tout est bon dans la crise

à écrit le 26/01/2012 à 9:37
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Nous sommes dans un monde perdu dans le dédale de la finance internationale et où les mouvements protestataires montent en puissance. Attention danger.

le 26/01/2012 à 11:30
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Pourquoi danger..?? Juste retour des choses, c'est tout.

à écrit le 26/01/2012 à 8:23
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un truc qui vaut son pesant de cacahuètes ... voilà qu' Engela parle de fédéralisme !!!!!!!!!!!!!

à écrit le 26/01/2012 à 8:19
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Une fois de plus Mr Klaus Schwab a réuni les plus grands cuistos de la planète pour inventer une nouvelle recette du capitalisme. Mais il a oublié que les ingrédients nécessaires à toute recette, sont cultivés par des hommes, des femmes et des enfant...

à écrit le 26/01/2012 à 8:16
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Talentisme ? Et pourquoi pas Meritocratie aussi ? autant demander a tous ces patrons d'etre moins bien payé que leur stagiaire. C'est utopique.

à écrit le 26/01/2012 à 7:29
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Il suffit d'enlever quelques ingrédients du gâteau, mais n' exageréz pas ! ce cas, nous devons revenir au début et faire le gâteau avec encore plus d' ingrédients !

à écrit le 26/01/2012 à 7:27
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Ouais, "Dystopie" et "Talentisme"!!! 2 mots pour nous couillonner et continuer comme avant. Ce ne sont pas 2 mots qui vont mettre le Monde sur la voie de la justice économique et sociale. C'est la lutte contre les idées néfastes des néo-libéraux. Le ...

à écrit le 26/01/2012 à 7:27
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Ouais, "Dystopie" et "Talentisme"!!! 2 mots pour nous couillonner et continuer comme avant. Ce ne sont pas 2 mots qui vont mettre le Monde sur la voie de la justice économique et sociale. C'est la lutte contre les idées néfastes des néo-libéraux. Le ...

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