Une lutte désormais plus intérieure pour les femmes dirigeantes

Sophie Peters

Sophie Peters
Il est loin le temps où pour atteindre les sphères du pouvoir les femmes ont dû se masculiniser. Brigitte Lemercier, chasseuse de tête qui fait autorité dans son métier, dirigeante de NB Lemercier&Associés, raconte :
Elle vient de mener une enquête auprès des femmes dirigeantes de très grandes entreprises pour saisir les singularités de la fonction au féminin. Des femmes déjà "arrivées" au regard plutôt bienveillant sur leur parcours antérieur malgré les difficultés, qui disent devoir encore s'adapter ici ou là face à des résidus folkloriques d'un certain machisme ou face à la suspicion sur leurs compétences.
A l'origine du parcours, une même volonté que celle de leurs homologues masculins, portée par une éducation favorable où la volonté du père s'est révélée déterminante. Elles indiquent toutes un mentor dans les premières années de leur vie prof essionnelle. Les épreuves viennent après et sont incontournables : une violence structurelle qui a peu de choses à voir avec le machisme. La chercheuse de talent observe :
D'où parfois le choix de limiter leurs ambitions pour une vie personnelle plus épanouie, ce qu'elles appellent des "retraites courageuses". Les freins à lever restent donc aujourd'hui largement intériorisés : syndrome de la "good girl" et de cendrillon, attentes d'être reconnues et remerciées, avouer leur ambition et leur désir de devenir chef avec la rémunération qui vient avec. En somme beaucoup de culpabilités dans ces différents rôles.
"Devenir dirigeante doit correspondre à un programme personnel : il faut vouloir cette vie et cette identité, oser et créer les conditions plutôt qu'en déplorer les circonstances", en conclut Brigitte Lemercier.
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Car si les femmes sortent de plusieurs décennies d'adaptation, elles refusent le paléo-management qui consiste à dire qu'il existe un management féminin et masculin. Elles estiment que les qualités managériales que l'on prêtent aux femmes ne sont pas féminines mais juste une façon de s'adapter et d'apporter de l'innovation. Et se perçoivent alors comme cheval de Troie du renouveau managérial. Ainsi elles observent à quel point les hommes osent parler de leurs enfants et sont fières d'avoir amenés de la vie en entreprise.
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Restent alors pour les femmes dans ces parcours vers les hautes sphères à se libérer de leur syndrome de bonnes élèves qui les enferme pus qu'il ne les libère. Elles ont pour elles, face aux hommes, d'être des personnes avant d'être des fonctions avec plus de transparence que leurs homologues. En s'exprimant davantage et en ayant à coeur de traduire leurs valeurs au travail, elles sont à même d'apporter plus d'humanité dans le monde de l'entreprise. Brigitte Lemercier prévient :
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