L'austérité commence à faire des victimes au sein du CAC 40

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La Tribune Infographie/BHEDOUIN
Vivendi profite mercredi en Bourse d'un relèvement de sa prévision de résultat net ajusté. Il n'empêche que les mesures d'austérité vont lui coûter 350 millions d'euros cette année. D'après Société Générale Cross Asset Research, les secteurs qui dégagent des marges élevées et distribuent de généreux dividendes seraient en première ligne d'un durcissement de la fiscalité.

Par les temps qui courent, difficile d'ignorer une bonne nouvelle. Et si durant la saison des trimestriels, les avertissement sur résultats ont été lourdement sanctionnés, le relèvement des prévisions est inversement proportionnel salué par les investisseurs.

Vivendi peut en témoigner. Le groupe de médias qui a ajusté sa prévision de résultat net pour 2011, voit son cours de Bourse s'apprécier de 4,35 % en matinée soit la plus forte hausse du CAC 40.

Ce relèvement tient au fait que le groupe a pris en compte les changements de fiscalité résultant du plan d'austérité. Malgré tout, les résultats du groupe vont porter les stigmates de ces mesures.

Vivendi, qui est notamment pénalisé par la suppression du régime du bénéfice mondial consolidé ainsi que par le plafonnement du report des déficits en matière d'impôts sur les sociétés, évalue à 350 millions d'euros en 2011 l'impact négatif de ces mesures sur ses comptes.

En conséquence, il table désormais sur un résultat net ajusté supérieur à 2,85 milliards d'euros contre plus de trois milliards d'euros précédemment.

En soi, les mesures d'austérité font, avec Vivendi, une première victime dans les rangs du CAC 40. D'autres pourraient suivre si l'on s'en tient à une récente étude de Société Générale sur les secteurs les plus exposés à un durcissement de la fiscalité.

Dans une note intitulée "Nouvel ordre mondial", Véronique Riches-Flores, économiste chez Société Générale, plante le décor. Selon elle, "dans un contexte de croissance durablement affaiblie, le scénario d'une consolidation budgétaire idéalement assise sur la baisse des dépenses de fonctionnement des États est illusoire. C'est donc plus probablement par une raréfaction de l'investissement public et par des hausses généralisées de la fiscalité que pourrait se faire l'essentiel de l'ajustement à venir".

En l'occurrence, en Europe, les secteurs gourmands en capital comme le domaine des infrastructures énergétiques ou de construction ? sont les plus exposés à "l'augmentation du coût du risque et aux difficultés de financements susceptibles de résulter d'un environnement beaucoup plus incertain sur le plan fiscal, réglementaire et de l'investissement public". Que l'alourdissement de la facture fiscale se fasse au travers d'une ponction plus importante des revenus des ménages ou d'une plus forte taxation des bénéfices, les entreprises en subiront les conséquences.

Cela concerne plus particulièrement les groupes "à forte valeur ajoutée" et à "haut rendement (Ebit et distribution de dividendes)" oeuvrant dans les secteurs du tabac des "utilities", des télécommunications et de la pharmacie. A l'inverse, les secteurs "à forte intensité de main d'oeuvre et à faible rentabilité" tels que l'automobile, les machines, l'aéronautique pourraient être "sinon choyés, du moins relativement protégés par les gouvernements."

L'approche de Véronique Riches-Flores repose sur un modèle d'exposition multicritères intégrant le degré d'intensité capitalistique, construit à partir du taux de retour sur capital durant une période comprise entre 2000 et 2009, le niveau de marge opérationnelle, le taux de distribution de dividendes ainsi que le taux effectif d'impôt sur les sociétés.

Voici la liste des neuf secteurs les plus exposés à un durcissement de la fiscalité parmi l'ensemble des domaines d'activités étudiés.

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