Bourse : à Paris, plongeon de Renault, Airbus, des bancaires... juste avant l'intervention à haut risque de Trump

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(Crédits : Carlos Barria)
Après quatre séances positives d'affilée, la cote parisienne a passé sa dernière journée de mai dans le rouge, repassant sous les 4.700 points. "Il y a l'attente autour de la Chine", au sujet de laquelle le président américain doit s'exprimer ce vendredi, qui clairement explique le reflux du marché, estime auprès de l'AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France. Toute la question est de savoir si le président américain "va taper fort pour faire un exemple (...) ou s'il va avoir une politique un peu réaliste".

La Bourse de Paris a nettement reculé (-1,59%) vendredi, l'attente d'une conférence de presse de Donald Trump sur la Chine et la publication d'une salve d'indicateurs macroéconomiques encourageant les prises de bénéfices après quatre séances consécutives de hausse.

L'indice CAC 40 a perdu 75,95 points à 4.695,44 points, dans un volume d'échanges très important de 5,8 milliards d'euros. La veille, il avait fini en nette hausse (+1,76%).

Après quatre séances positives d'affilée, la cote parisienne a passé sa dernière journée de mai dans le rouge, repassant sous les 4.700 points.

Sur la semaine écoulée, l'indice a toutefois avancé de 5,77%. Ses pertes depuis le 1er janvier atteignent 21,36%.

"Il y a l'attente autour de la Chine", au sujet de laquelle le président américain doit s'exprimer ce vendredi, qui clairement explique le reflux du marché, estime auprès de l'AFP Alexandre Baradez, analyste chez IG France.

Toute la question est de savoir si le président américain "va taper fort pour faire un exemple et en raison d'enjeux politiques", à quelques mois de l'élection présidentielle, ou s'il "va avoir une politique un peu réaliste comme celle qu'il a eue l'année dernière dans le conflit commercial", complète le spécialiste.

Dernièrement, la pression chinoise exercée sur Hong Kong, le traitement de la minorité musulmane ouïghour et la gestion de la crise de Covid-19 par la Chine ont fâché Washington.

Les Etats-Unis menacent notamment d'abolir les privilèges commerciaux de l'ancienne colonie britannique alors que Pékin s'apprête à imposer une loi de sécurité nationale à Hong Kong, qui jouit en principe d'un statut d'autonomie.

En outre, complète M. Baradez, "les marchés ont déjà intégré dans leurs prix pas mal de bonnes nouvelles", notamment depuis l'annonce du plan de relance européen la semaine dernière.

Et les investisseurs vont aussi commencer à "regarder un peu la macroéconomie, qui a été quelque peu mise de côté ces derniers mois en raison de l'action des banques centrales, mais qui reste bien dégradée", juge-t-il.

Ainsi en France, la consommation des ménages a fondu d'un tiers au mois d'avril par rapport à celle du mois de février, avant la crise sanitaire, même si la chute du PIB a été révisée à -5,3% au premier trimestre (contre -5,8% publiée fin avril).

Le taux d'inflation sur un an de la zone euro a quant à lui de nouveau ralenti en mai, à 0,1%, en grande partie à cause de la chute des prix de l'énergie.

Outre-Atlantique, les dépenses des ménages ont chuté de 13,6% en avril, sous l'effet des mesures de confinement imposées face à la pandémie, et leurs revenus ont augmenté grâce aux prestations sociales. Quant aux prix à la consommation, ils ont reculé en avril pour le deuxième mois d'affilée, de 0,5% par rapport à mars.

L'activité économique dans la région de Chicago, à forte dominante manufacturière, est pour sa part tombée en mai à son niveau le plus bas depuis 1982, selon l'indice des directeurs d'achats de l'association ISM.

VALEURS À SUIVRE : Renault s'enfonce, comme Airbus, les bancaires...

Sur le front des valeurs, plus forte baisse du CAC 40, Renault a dévissé de 7,74% à 20,21 euros après avoir annoncé la suppression de 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France où le constructeur automobile va fermer un site, dans le cadre d'un plan d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans.

Airbus, qui a vu sa note dégradée d'un cran par S&P Global Ratings, a chuté de 5,69% à 56,70 euros.

Autres valeurs à avoir profité du regain d'aversion au risque ces derniers jours, les bancaires ont déchanté à leur tour. Société Générale a cédé 4,92% à 13,23 euros, à l'instar de BNP Paribas (-4,27% à 32,26 euros) et de Crédit Agricole (-2,15% à 7,82 euros). Natixis a perdu pour sa part 5,99% à 1,99 euro.

Lagardère a plongé de 5,82% à 12,62 euros. Le fonds activiste Amber, qui estime que le vote contre ses résolutions lors de l'assemblée générale du groupe en 2018 était entaché de fraude, va pouvoir continuer à chercher des éléments de preuve dans les documents du groupe, selon l'ordonnance d'un juge obtenue vendredi par l'AFP.

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Commentaires
a écrit le 29/05/2020 à 23:28 :
Faut il s'en étonner ? le rebond récent de la bourse était largement à mettre sur le compte d'un "effet de cliquet" psychologique avec la perspective d'une sortie de crise à court ou moyen terme....Le principe de réalité reprend ses droits même si , à contrario, il ne faut sans doute pas surestimer l'impact de possibles baisses à venir. Celles ci s'inscriront probablement dans une période d'incertitude marquée par des fluctuations contradictoires mais pas nécessairement pérennes.
a écrit le 29/05/2020 à 18:53 :
Ajoutez à cela la spéculation financière qui va s'ajouter massivement à la baisse du pouvoir d'achat des ménages et donc à la baisse de l'activité économique en générale, on se demande bien où sont nos dirigeants politiques qui n'y voient rien tiens, il y a un véritable danger en formation, encore pire que le pétrole, et nous pouvons tranquillement conclure que cette crise économique est là pour très longtemps du seul fait, encore une fois de la cupidité de nos mégas riches et de leurs paradis fiscaux.

Espérons qu'au moins la pollution amorcera une décrue.

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