Jean-François Théodore, figure emblématique de la Bourse de Paris, est décédé

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Haut-fonctionnaire à l'Agence du Trésor, président de la Bourse de Paris, Jean-François Théodore a joué un rôle essentiel dans la création d'Euronext en 2000.
Haut-fonctionnaire à l'Agence du Trésor, président de la Bourse de Paris, Jean-François Théodore a joué un rôle essentiel dans la création d'Euronext en 2000. (Crédits : DR)
Ancien haut fonctionnaire du Trésor, figure de la place financière de Paris, Jean-François Théodore, architecte de la Bourse panaeuropéenne, s'est éteint lundi 18 mai à 68 ans.

Il était apprécié pour ses talents de négociateur et son rôle fédérateur. Jean-François Théodore était un grand amateur d'opéra, mais c'est sur la scène financière qu'il s'est fait remarquer.

Dans un communiqué, Gérard Mestrallet, le président de Paris Europlace, a rendu hommage à cet artisan de l'union ds marchés financiers européens, dont on a appris hier le décès des suites d'une longue maladie :

"La Place de Paris perd un homme d'exception qui a porté haut les couleurs des marchés boursiers européens et français et qui a sans relâche accompagné la cause de Paris Europlace avec enthousiasme".

 Un visionnaire, architecte du changement

A sa sortie de l'ENA (promotion Simone Weil 1974), il intègre la direction du Trésor. Il y passera 16 ans avant de rejoindre en janvier 1990, contre l'avis de ses proches, la direction de la Bourse de Paris, tout juste remise du Big Bang, la fin du monopole des agents de change, vite remplacés par les banques. Un an plus tard, il en devient directeur général en remplacement de Régis Rousselle.

A son arrivée, il se confiait au journal Les Echos un mois plus tard sur ce nouveau défi à relever : "L'attrait de la place de Paris reste très fort", confiait-il. Et pourtant... la place est dans une situation critique. Plusieurs groupes font faillite, d'autres sont embourbés dans des scandales financiers. La crise du Golfe impacte la place boursière parisienne. Peu importe. Jean-François a de l'ambition pour la place de Paris :

"Notre priorité est donc une démarche d'entreprise au sens plein du terme, qui doit se traduire par une gestion rigoureuse, des innovations en terme de produits et une démarche commerciale plus agressive que par le passé".

Jean-François Théodore contribue à sa modernisation, puis à son développement : les traditionnelles négociations à la criée disparaissent pour laisser place au traitement informatique. La Bourse de Paris s'y lance parmi les premières, devenant une grosse SSII (société de service informatique).

Une détermination qui n'empêche pas les échecs. En 1998, il échoue sur l'accord de fusion avec les bourses suisses et allemandes qu'il préparait pour rivaliser avec la Bourse de Londres. Sa revanche, il l'obtient en 2001, quand il devance le London Stock Exchange, et acquiert le Liffe, la Bourse britannique des produits dérivés. Une performance que même le très sérieux Wall Street Journal salue :

 « Jean-François Théodore, le surprenant vainqueur de l'appel d'offres pour acquérir le London International Financial Futures and Options Exchange a longtemps été sous-estimé »

Le mariage Euronext-NYSE, sa plus grande réussite

En octobre 2000, il prend la direction d'Euronext, la bourse panaeuropéenne, issue de la fusion des places de Paris, Amsterdam, Bruxelles. Euronext devient alors la deuxième place européenne derrière Londres, en terme de capitalisation. En 2004, son mandat est reconduit.  La consécration, il l'obtient en 2006 quand il réalise le rapprochement de la Bourse de New-York et d'Euronext. Projet controversé, mais qui donne une dimension internationale au marché parisien.

Au printemps 2007, c'est donc John Thain, le directeur général du NYSE (New York Stock Exchange), qui lui succède. Jean-François Théodore devient alors numéro deux jusqu'en 2009. Depuis, son profil Linkedin indiquait qu'il était devenu "consultant en déontologie", qui reste une question clef face aux fréquentes dérives des marchés financiers avec lesquels Jean-François Théodore a toujours gardé ses distances.

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Commentaires
a écrit le 20/05/2015 à 1:16 :
Alors qu’on parle accords libéraux, fusion de la bourse française avec la bourse américaine, fait-on un procès en énarque traitre ou en langue de bois à la française?
En france une bonne langue de bois, ça fait un bon dirigeant.

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