L’expérience en startup, un accélérateur de carrière
Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune
Sophie Girardeau - Monster pour La Tribune
Mettez un jeune talent dans une jeune pousse, il grandira plus vite. Comme le remarque Hugues Truttmann, recruteur pour les acteurs du numérique, un environnement en pleine croissance dope la carrière :
Mais il y a startup et startup et, aussi foisonnant soit l'écosystème, ce n'est pas une raison pour confondre une jeune pousse et une cellule d'innovation. Si l'esprit startup est présent dans les deux, les moyens financiers et humains varient, conditionnent les pratiques et les apprentissages.
L'appellation « startup interne », par exemple, qui fleurit dans de grands groupes de divers secteurs recouvre plusieurs réalités. Il peut s'agir d'une cellule d'innovation, ou d'un laboratoire innovant créé par la R&D - « on parle plus dans ce cas de filiale avec ce que cela suppose de financement et de marché acquis », explique Matthieu Catillon, fondateur de SOAR media SAS. C'est le cas de Sowee, marque d'EDF lancée en octobre 2016, et sa filiale à 100%.
Des startups pur jus peuvent aussi rejoindre le giron de ces groupes par le biais de rachats. Dans la banque, citons Vialink, filiale de la BRED, et Fidor, fintech créée en 2009 en Allemagne et dont le rachat par le groupe BPCE doit être finalisé fin 2016. Dans l'énergie, Powerdale, jeune pousse belge dans laquelle a investi ENGIE quand le groupe s'appelait encore GDF Suez, en 2014. Sans exhaustivité. Le rachat n'est pas l'unique destin d'une startup.
La presse revient régulièrement sur les web success stories (Blablacar, Airbnb, Critéo, Sigfox...) et les levées de fonds des licornes et des startups leaders sur leur marché, la plupart positionnées dans le domaine du développement d'applications web et mobiles, du Cloud, du Big data, des objets connectés...
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Aussi, ne négligez pas les startups « challengers ». Ces jeunes pousses, qui en sont au stade d'avant la levée de fonds ou qui vivent sur leurs fonds propres.
Les rejoindre est l'occasion d'acquérir et de développer plus vite les savoir-être recherchés à l'ère du digital, et des méthodes agiles.
Chez les challengers, on trouve un concentré de la philosophie startup, faite d'agilité, de forte implication, de capacité à sortir du cadre, à composer avec l'inconnu, à prendre des initiatives et des risques..., philosophie parfois diluée dans les structures les plus établies et organisées. Au programme des informaticiens : pas toujours la technologie dernier cri - « c'est le produit qui est innovant », précise Hugues Truttmann - mais la possibilité de toucher à toutes les briques du système d'information (analyse, développement dans plusieurs langages, etc.), de former des collaborateurs, sans oublier l'incontournable veille technologique.
Une organisation légère, non figée dans des process et des hiérarchies, favorise l'acquisition d'une méthodologie qui permet de fonctionner avec moins de monde. On apprend à être « plus créatif car on a moins de moyens financiers et humains », poursuit notre recruteur. On touche ainsi du doigt l'essence du travail d'équipe. Ici encore plus qu'ailleurs, faire plus avec moins est tendance - on ne compte pas ses heures est les règles du jeu sont claires dès le départ. Ce bagage aide à aller plus facilement et rapidement vers la gestion puis la direction de projet au lieu de s'enfermer dans une expertise, enfermement peu propice à l'évolution professionnelle des informaticiens.
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