Véronique Morali : " je suis une femme d'entreprise "

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Nommée à l'inspection des Finances à sa sortie de l'ENA en 1986, Véronique Morali est présidente de Fimalac Développement et vice-chairman de l'agence de notation Fitch Ratings. Elle a fondé en 2005 l'association Force Femmes, puis en 2008, Terrafemina.com dont elle est PDG. Elle a reçu le trophée « Femme de coeur 2009 ». Elle est administratrice de Coca-Cola Enterprises, de la Compagnie Financière E. de Rothschild et de Fitch Inc.

Après dix-sept ans chez Fimalac ? dix-sept ans de grand bonheur, d'ouverture à l'international, de contacts avec les régulateurs financiers, un souffle, un élan, même si on a connu des moments difficiles ? j'ai essayé de me remettre en question. J'avais envie de faire quelque chose moimême, sans vouloir rien abandonner. Mon slogan est : "plus j'en fais, plus je suis efficace." J'aime bien faire plusieurs choses à la fois. Cela me permet de canaliser mon stress, mon angoisse.

J'ai rencontré Marc Ladreit de Lacharrière quand j'étais à l'inspection des finances où j'avais été affectée à ma sortie de l'ENA en 1986. Il y avait très peu de femmes dans ce corps à l'époque. Contrairement à la norme, je ne suis pas allée dans une grande banque ou une grande entreprise. Marc Ladreit de Lacharrière venait de quitter L'Oréal pour créer sa société. Je l'ai suivi. C'était le goût du risque et de l'entrepreneuriat, c'était attirant. L'occasion de voir comment un binôme hommefemme peut fonctionner pour construire un modèle. À la même époque, il y avait le tandem François Pinault-Patricia Barbizet. Fimalac était dans les secteurs de la presse, la communication, l'industrie, la notation... En tant que directeur général, j'étais au four et au moulin.

En 2005, j'ai participé au Women's Forum. Une dynamique extraordinaire. J'ai créé la même année l'association Force Femmes, qui accompagne les femmes de plus de 45 ans en recherche d'emploi. En 2007, j'ai été recrutée par Chanel comme présidente France. Je me suis aperçue que j'avais envie de créer ma propre boîte. J'ai quitté Chanel au bout de six mois. J'avais envie de faire des actions en faveur des femmes. Je voulais utiliser l'outil Internet, incontournable, avec des contenus qu'on ne trouve pas ailleurs. J'ai créé le site éditorial Terrafemina.com, en restant fidèle à une ligne : la femme et le travail. Réseau d'entraide, de services, qui aborde les problèmes de la vie quotidienne, Terrafemina s'adresse à la femme engagée, qui a envie de jouer un rôle dans la société, dans les domaines de l'environnement, du développement durable, de l'éthique et du monde associatif. Il touche les femmes qui veulent s'informer et transmettre à leur tour. Je voulais faire vivre le site en organisant des rencontres, des colloques ou des séminaires. On accompagne les entreprises dans leur stratégie RH, de communication interne, de mixité et de diversité.

Je veux pouvoir garder un pied dans le privé et un pied dans le secteur public. Je suis vice-chairman de Fitch Ratings et présidente de Fimalac Développement, société de services financiers internationaux. Je vais à New York et à Londres tous les mois. J'ai fait partie de la commission du grand emprunt. Je suis présidente de la commission du dialogue économique du Medef. Je suis plus mue par une curiosité d'apprendre que par un désir, en permanence, de faire autre chose. Le week-end, je me mets en situation de faire le mieux possible pour être avec mes deux filles. C'est très important. Je ne pourrais pas faire le reste si je ne les avais pas.

JARDINS SECRETS

Son objet fétiche. Aucun. En fait, je suis plus attachée aux personnes.
Sa devise. « S'accrocher ! »
Son plat favori. Les pâtes, sous toutes leurs formes.
Son refuge. Ma famille (elle a deux filles, Emmanuelle et Éléonore).
Son défouloir. Le shopping, « mais c'est plus un plaisir ! »

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