Vif regain d'espoir sur les places financières

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Les Bourses européennes ont flambé à l'annonce de l'accord européen sur la dette et l'euro est repassé au-dessus de 1,42 dollar.

Après trois mois chaotiques marqués par une extrême nervosité, l'accord conclu entre les dirigeants de la zone euro pour s'extirper de la crise de la dette a insufflé une bouffée d'oxygène, quasi euphorisante, aux marchés boursiers. Presque partout sur le Vieux Continent, les indices boursiers se sont octroyés, ce jeudi, leur plus belle envolée en l'espace d'une seule séance depuis le 10 mai 2010, qui correspondait au jour de l'annonce par l'Union européenne du plan de sauvetage de 750 milliards d'euros de la Grèce.

À Paris, le CAC 40 s'est embrasé de 6,28 %, suivi de près par l'Euro Stoxx 50 (+ 6,08 %) et le DAX de Francfort (+ 5,35 %). Outre-Atlantique, l'enthousiasme a été plus modéré même si le S&P 500 grimpait de 2,5 % à la mi-séance. Revigorés par la perspective d'une recapitalisation globale moins massive que prévu, les acteurs du secteur bancaire ont vu leur cours exploser à l'image de la hausse de 11,4 % de l'Euro Stoxx Banks.

Contribuant ainsi massivement, par leur forte pondération dans les indices, à la reprise des marchés boursiers jeudi. Toute la question est maintenant de savoir si, combiné aux faibles niveaux de valorisation des actions, cet afflux de bonnes nouvelles est de nature à alimenter un rebond durable des Bourses européennes. Les avis sont partagés. « Le sommet européen a débouché sur des décisions concrètes qui ne sont pas des petites décisions. Cela constitue en soi une délivrance pour le marché. Pour autant, le contexte reste fragile pour les actions à l'échelle mondiale.

Les trois grandes économies mondiales que sont l'Europe, les États-Unis et la Chine, tournent au ralenti sachant que certains pays périphériques de la zone euro sont déjà entrés en récession », nuance Alain Bokobza, responsable de la stratégie d'allocation d'actifs chez SGCIB.

Prudence

De son côté, Marc Shaw, vice-président chez JP Morgan AM, pense que « la volatilité pourrait rester de mise sur les marchés d'actions tant que tous les détails du plan n'auront pas été communiqués, et que l'accord ne sera pas totalement appliqué et compris par le marché ». Et cela même si l'expert met l'accent sur le très bon état de santé financière des entreprises comme facteur de soutien de tendance. Stéphane Barthélémy, gérant chez State Street GA, se veut encore plus prudent : « Ce plan de sauvetage semble trop s'attaquer aux effets de la crise actuelle (risques de défaut en chaîne) et pas assez aux causes (manque de volonté de contrôler les dépenses publiques dans de nombreux pays développés depuis une ou plusieurs décennies, selon le cas). »

A contrario, Fabrice Tassin, gérant chez Aviva Investors, n'estime pas que le rebond des actions soit d'ordre purement technique, notamment parce que les recapitalisations bancaires seront moins dilutives que prévu, ce qui « éloigne les craintes d'un ?credit-crunch? dans la zone euro, dont les conséquences auraient pu s'avérer très problématiques pour le financement de l'économie ».

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