Jean-Claude Trichet, quel héritage pour la BCE ?
I. B.
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Il n'y a pas un Jean-Claude Trichet. Mais au moins deux. Sans avoir à faire appel au fameux « Docteur Jekyll et Mister Hyde » de Stevenson, Éric Heyer, économiste à l'OFCE, fait nettement la différence entre le premier Trichet, le dogmatique d'avant la crise, qui a contribué à freiner la croissance au sein de la zone euro en imposant une politique restrictive, uniquement tournée vers le respect d'un objectif d'une faible inflation, et celui d'après Lehman Brothers, qui a su aller très loin dans l'hétérodoxie, face à la crise. Au point d'incommoder l'opinion allemande, souligne Patrick Artus (Natixis).
La BCE a donc évolué, sous sa présidence. Qu'en sera-t-il désormais, avec Mario Draghi à sa tête ? L'héritage Trichet ne risque-t-il pas d'être hypothéqué ? C'est le point de vue de Nicolas Jabko, professeur de science politique à la Johns Hopkins University. Il craint que Mario Draghi ne puisse aller plus loin dans la mise en oeuvre de mesures « non conventionnelles », alors que la crise l'exigerait. D'autant qu'il risque d'être assimilé à un représentant des pays « non vertueux » (l'Italie), voulant du coup donner des gages de rigueur. Nicolas Jabko estime que la zone euro ne peut se contenter aujourd'hui d'un habile technicien. À lui de s'imposer comme un grand banquier central. Même nos amis britanniques, à l'instar de Douglas McWilliams, le souhaitent...
I. B.
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