Le retour de l'art contemporain tricolore

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Alors que les adjudications millionnaires de l'art contemporain mondial, surtout chinois et américain, marquent le pas avec la crise, les œuvres actuelles d'artistes français restent abordables. Et trouvent de nouveaux amateurs.

La crise est passée par là: de tous les mouvements artistiques du marché, c'est l'art contemporain qui est le plus touché par la spéculation. Notamment les peintures plusieurs fois millionnaires d'artistes en provenance de pays en émergence, par exemple les chinois Zhang Xiogang, Yue Minjun ou Fanzhi Zeng, les indiens Raqib Shaw, ou Anish Kapoor, le russe Evgeny Chubarov, ou l'iranien Farhad Moshiri. Sans parler des valeurs confirmées, l'américain Jeff Koons, le britannique Damien Hirst, le japonais Takashi Murakami, l'espagnol Miquel Barceloou l'allemand Andreas Gursky.

Ici, les adjudications, quand elles trouvent preneur, affichent des prix désormais en recul, sous la barre inférieure des estimations... souvent effectuées avant l'exposition des cours boursiers.

Dans la spirale haussière d'il y a encore peu, les artistes d'après guerre français ont été négligés, voire totalement délaissés par les spéculateurs. Certains ont résisté, et sont aujourd'hui des valeurs sûres: Pierre Soulages, Maurice Estève, Jean Fautrier, d'autres poursuivent, tranquillement leur ascension comme Bernard Venet, Robert Combas, Eugène Leroy, d'autres enfin retrouvent un regain de faveur tels Georges Mathieu, Victor Vaseraly, Raymond Hains ou Jean Pierre Raynaud.

Les deux vacations (après midi et soirée) organisées par Christie's France le 10 décembre remettent en selle ces artistes tricolores auprès des collectionneurs établis, avec des estimations qui restent moins vertigineuses que celles pratiquées Outre-Atlantique. Ainsi, un "Drapeau Union Soviétique" réalisé en 2000 par Jean-Pierre Raynaud devrait partir autour de 12.000 euros, un "45 rue Lafayette" de Jacques de la Villeglé est annoncé autour de 20.000 euros, un acier soudé "Marathonienne" de Philippe Hiquily vaut 30.000 euros, ou une "Composition" de 1958 signée Jean Le Moal ne devrait pas dépasser 20.000 euros.

Plus onéreuses, mais peu chères comparées aux oeuvres désormais surestimées à Londres ou New York, une "immortalité ruinée" de Georges Mathieu (200.000 euros), une girouette en bronze "Lapin à vent de Tourtour" de François Xavier Lalanne (250.000) ou "La betouille", grande toile de 1963 de Maurice Estève (200.000 euros). Quelques artistes internationaux complètent les ventes: une huile de Jesus Rafael de Soto (130.000 euros), une lacération "Quasi archeolog-ico n°2" de Mimmo Rotella (250.000 euros), une broderie sur soie "Venticinque per vinticinque" d'Alighero Boetti (150.000 euros) ou un "Sans titre" daté de 1962 signé Kazuo Shiraga (175.000 euros).

Le 10 décembre ( 14h30 et 19h), 9 avenue Matignon, 75008 Paris, renseignements: www.christies.com (on peut participer via Internet).

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