Les pays à monnaie forte souffrent

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La Banque Nationale Suisse et la Banque du Japon essayent en vain d'assouplir leur politique monétaire pour contrer la hausse de leur devise.

L'absence d'annonces fortes lors du discours de Ben Bernanke, notamment sur la relance de la « planche à billets », ne devrait offrir qu'un répit momentané à la Banque Nationale Suisse (BNS) et à la Banque du Japon (BoJ). Dans le sillage de l'allocution du président de la Fed, le franc suisse et le yen japonais se sont certes modérément éloignés vendredi des records de vigueur atteints face au billet vert les 9 et 19 août. Mais la perspective de la prochaine réunion de la Fed du 20 septembre ainsi que la morosité économique ambiante pourraient bien vite relancer la course folle de ces deux valeurs refuges.

Arsenal de dissuasion épuisé

L'appréciation accélérée du franc suisse et du yen, qui ont grimpé de respectivement 15 % et 6 % face au dollar cette année, est un vrai casse-tête pour les deux banques centrales. Pressées par leurs industriels nationaux, qui souffrent de la cherté de leur devise en raison de leur positionnement à l'export, la BNS et la BoJ ont d'ores et déjà épuisé une partie de leur arsenal de dissuasion. Alors que le taux directeur de la BoJ est déjà vissé sous les 0,1 % depuis décembre 2008, la BNS a, de son côté, dû faire fi des risques de surchauffe de son économie le 3 août en abaissant son taux dans une fourchette de 0 % à 0,25 % pour tenter de réduire l'attractivité de son franc.

Outre l'arme des taux, qui apparaît bien dérisoire depuis que la Fed s'est engagée le 9 août à maintenir le sien sous 0,25 % jusqu'à la mi-2013, les deux banques ont multiplié les mesures avec des succès mitigés. Afin d'augmenter les liquidités sur son marché monétaire, la BNS a décidé le 17 août de multiplier par plus de 6, à 200 milliards de francs, les avoirs en comptes de virement des banques commerciales. Mais pour l'instant, seul le spectre hypothétique d'un arrimage du franc suisse à l'euro, évoqué le 11 août par le vice-président de la BNS, Thomas Jordan, a permis à la monnaie de s'assagir.

Du côté de Tokyo, le ministère des Finances a annoncé mercredi un nouveau catalogue de mesures prévoyant notamment la création d'un fonds de 100 milliards de dollars de prêts à taux préférentiels aux entreprises nippones, financé par les immenses réserves de change du pays. Cette mesure pourrait augurer d'une nouvelle stratégie de l'archipel : profiter de la hausse du pouvoir d'achat international du yen, plutôt que de contrer le puissant mouvement de dépréciation du dollar. Lors de sa dernière intervention sur le marché des changes, lancée le 4 août, la BoJ avait vendu 4,5 trillions de yens (environ 40 milliards d'euros) en pure perte.

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