Climat : l'Académie des sciences donne tort à Claude Allègre

Dans un rapport remis ce jeudi à Valérie Pécresse, l'académie des sciences écrit que le réchauffement climatique "est principalement du à l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère".
(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Et pan sur les doigts des climato-sceptiques. Le rapport sur le changement climatique que l'Académie des sciences à remis jeudi 28 octobre à la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Pécresse contrevient aux thèses défendues par les scientifiques Claude Allègre ou Vincent Courtillaud, hérauts du mouvement de remise en cause de l'origine humaine du réchauffement de la planète.

Demandé à l'Académie en avril par la ministre de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur, Valérie Pécresse le rapport affirme en effet, à l'inverse des thèses de M. Allègre, que le réchauffement climatique "est principalement du à l'augmentation de la concentration de CO2 dans l'atmosphère". Et que cette concentration inhabituelle "est incontestablement due à l'activité humaine".

"Je prends ce rapport très positivement (...) Je le lis comme un désaveu des thèses de Claude Allègre, de Vincent Courtillot et d'autres", a estimé le climatologue français Jean Jouzel. Les climato-sceptiques et M.Allègre en tête, contestent le lien fait entre le changement climatique et l'augmentation de la teneur de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère. Dans son livre "l'imposture climatique" l'ancien ministre de l'éducation nationale considère par exemple que l'activité solaire influe bien plus sur la température terrestre ou encore que les nuages ont un impact sur le climat que la science à beaucoup de mal à mesurer. Interrogé par La Tribune Claude Allègre campe sur ses positions et réaffirme que "l'action du CO2 est possible sur le réchauffement, mais qu'elle n'est pas prouvée et sans doute pas le seul facteur".

En s'alignant sur les thèses du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) le rapport de l'Académie des sciences est sensé conforter l'analyse du gouvernement qui entend lutter contre le climato-scepticisme. Mais il pourrait aussi avoir un impact plus gênant pour ses commanditaires. Car en affirmant que le changement climatique est bien d'origine humaine "il signifie aux responsables politiques qu'on ne peut rester les bras croisés" analyse un responsable de l'ONG écologiste, Réseau action climat (RAC). Et par contraste fait ressortir avec acuité tous les renoncements du gouvernement sur sa politique environnementale.

"L'environnement ça commence à bien faire" lâché par le président de la république au dernier salon de l'Agriculture, l'abandon de la taxe carbone, la relance des autoroutes, les bâtons mis dans les pâles des éoliennes afin de freiner leur développement ou encore la forte baisse des tarifs de rachat par EDF des kilowattheure produits par les panneaux photovoltaïques... Autant de décisions qui à l'aune de l'urgence climatique réaffirmée par l'Académie des sciences apparaissent encore plus comme allant à contre-courant de ce qu'il faudrait faire.

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