En Corse, la ministre Olivia Grégoire promeut l’installation de petits commerces ruraux
Jean-Marc Rafaelli
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Olivia Grégoire
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LA TRIBUNE - Vos échanges avec les professionnels du tourisme vous ont-ils éclairés sur le bilan médiocre de la saison en Corse, à contre-courant des bons résultats enregistrés partout ailleurs ?
OLIVIA GRÉGOIRE - La Corse demeure une terre de destination essentielle pour son savoir-faire et ses innombrables trésors, naturels et patrimoniaux, j'oserais dire sans équivalent ailleurs en France. Les échanges poussés avec les acteurs du secteur sont venus étayer ma conviction que le tourisme vit des mutations profondes, marquées par des changements significatifs dans les comportements que la Corse expérimente de façon plus aigüe que bien d'autres régions. La réalité, c'est que depuis le Covid, les touristes ne consomment plus les vacances comme avant. Les départs ne sont plus concentrés l'été ou à la période de Noël mais s'étalent tout au long de l'année.
Les Français partent plus souvent, moins longtemps et moins loin, en privilégiant la montagne - qui a enregistré une croissance de 7 % - et ils vont moins souvent au restaurant. La Corse n'a pas connu de décrochage en termes de traversées, mais la fréquentation hôtelière a été plus faible, en partie à cause de l'inflation et des répercussions sur les prix, en partie en raison de l'essor de la parahôtellerie. Le tourisme, c'est la politique de l'offre. Ici, on sait faire depuis toujours. Aussi, je n'ai aucune inquiétude sur la capacité des professionnels du tourisme en Corse à adapter leur offre.
La parahôtellerie, ce sont des locations de meublés et de résidences secondaires qui poussent comme des champignons au détriment de l'hébergement marchand. Que peut faire l'État pour rectifier le tir ?
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L'État n'a jamais fléchi dans ses missions de contrôle, mais j'ai conscience du phénomène que vous évoquez, vécu ici comme une grosse préoccupation. Aussi, il faudra être particulièrement attentif aux débats qui interviendront prochainement sur le texte de loi, porté notamment par la députée bretonne Annaïg Le Meur, relatif à la fiscalité des meublés touristiques. La voix des territoires y sera entendue dont celle de la Corse à travers ses parlementaires que je sais pugnaces quand il s'agit de défendre les intérêts de leur terre.
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Jean-Marc Rafaelli
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