En Corse, le tourisme enfin à bonne école…
Jean-Marc Rafaelli
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Forte de ses richesses naturelles, d'une biodiversité préservée, de son histoire et de sa culture, la Corse a un potentiel touristique à haute valeur ajoutée en termes d'économie et de rayonnement international. Mais elle est confrontée au mal chronique du recrutement, particulièrement de personnels qualifiés et d'encadrement. La formation, limitée en volume (à peine 120 jeunes par an) et en niveau (majoritairement CAP-BEP) ne répond pas aux attentes du secteur. Dans le contexte d'une île située au cœur de l'espace méditerranéen, première destination touristique mondiale, parfaitement dotée en infrastructures de transport (6 ports et 4 aéroports internationaux), la création d'une grande École « Tourisme - Évènementiel - Hospitalité » est longtemps apparue comme une évidence. Mais ici, on ne se rend pas toujours à l'évidence.
Jusqu'au jour, récent, où la CCI de Corse a posé les jalons du projet au moment où la Corse du tourisme souffre et veut sortir de l'auberge en s'engageant résolument dans le développement durable, au confluent des grands enjeux de notre temps, à savoir la préservation de l'environnement, la sobriété énergétique et la maîtrise de ressources aussi précieuses que l'eau.
Derrière la Chambre de commerce, la Collectivité de Corse, la Chambre régionale de Métiers et de l'Artisanat, l'Université, l'État (à travers l'Éducation nationale), l'UMIH Corsica, apportent leur pierre à l'édifice.
Lors de sa toute première visite dans l'île, en février 2018, Emmanuel Macron montrait le chemin : « Nous devons investir pour un développement touristique maîtrisé et respectueux de l'environnement en matière d'infrastructures, de mobilité, d'accueil et de formation. Aussi, je soutiens la création d'un Campus méditerranéen des métiers de l'hôtellerie, de la gastronomie et de l'œnologie. »
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Cinq ans plus tard, le projet d'édifier une grande institution de formation sort enfin des cartons où la poussière s'est accumulée sur plusieurs couches. Ce ne serait pourtant pas un luxe de tout faire pour galvaniser les vocations et rendre ses lettres de noblesse à la culture du service. Particulièrement auprès de la jeunesse corse, en lui montrant la voie des métiers de l'hébergement et de la restauration, dès lors qu'ils sont revalorisés, au sens propre comme au sens figuré. Il est aussi question d'aller plus loin, d'élargir les horizons professionnels liés au concept ancestral de l'Hospitalité à travers la gastronomie et les arts culinaires, la pêche et l'artisanat, les balades au cœur des massifs montagneux... Voilà la vision stratégique de la création d'une école, labellisée Erasmus, dont l'excellence permettra d'acquérir des compétences à la faveur d'un enseignement qui sort des sentiers battus, depuis l'apprentissage basé sur des programmes diplômants à la formation continue haut de gamme proposée en aval et en amont de la saison.
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Jean-Marc Rafaelli