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Après les propos de Macron, la Russie dénonce « l'implication » croissante de la France dans le conflit

latribune.fr

Publié le 07 mars 2024 à 16:52 - Mis à jour le 07 mars 2024 à 23:00

Le Kremlin a estimé ce jeudi que le président Emmanuel Macron augmentait « l'implication » de la France dans le conflit en Ukraine (photo d'archives).

Le Kremlin a estimé ce jeudi que le président Emmanuel Macron augmentait « l'implication » de la France dans le conflit en Ukraine (photo d'archives).

POOL

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Fin février, Emmanuel Macron a déclaré ne pas exclure l'envoi de troupes occidentales en Ukraine. Des propos qui ont déclenché de vives protestations parmi les politiques en France, et les membres de l'Otan à l'international. Dans une nouvelle vidéo, le Kremlin souligne ce jeudi « l'implication » de plus en plus grande de l'Hexagone dans le conflit.

Le Kremlin a estimé ce jeudi que le président Emmanuel Macron augmentait « l'implication » de la France dans le conflit en Ukraine depuis ses propos n'excluant pas d'envoyer des troupes occidentales sur place. Une éventualité pourtant rejetée par la plupart de ses alliés.

«M. Macron est convaincu de sa politique consistant à vouloir infliger une défaite stratégique à notre pays et il continue d'augmenter le niveau d'implication directe de la France» dans le conflit en Ukraine, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, dans une vidéo diffusée sur Telegram par un journaliste russe.

Le porte-parole a également souligné le caractère « contradictoire » des déclarations faites à Paris à ce sujet, depuis les premiers propos d'Emmanuel Macron fin février.

Pour rappel, Emmanuel Macron avait, le 26 février, estimé que l'envoi de troupes occidentales ne devait pas « être exclu », afin de bien signifier à Vladimir Poutine que tout sera fait pour qu'il perde cette guerre. Cette première déclaration avait déjà suscité l'émoi des alliés de la France au sein de l'Otan, qui ont pour la plupart immédiatement rejeté une telle éventualité. De son côté, Vladimir Poutine avait ensuite mis en garde contre une « menace réelle » de guerre nucléaire en cas d'escalade.

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Des mots «pesés» et «mesurés»

Malgré la controverse, le président français avait ensuite assuré que tous ses mots étaient « pesés » et « mesurés », tout en assurant refuser toute « logique d'escalade » avec Moscou.

Encore mardi, en déplacement à Prague, le président a bien assumé pleinement ses propos : « Si chaque jour nous expliquons quelles sont nos limites » face au président russe qui, lui, « n'en a aucune », « je peux déjà vous dire que l'esprit de défaite est là qui rôde », a-t-il répliqué en République tchèque. Il a ainsi appelé les alliés de l'Ukraine à « ne pas être lâches » face à une Russie « devenue inarrêtable ».

Le président tchèque, Petr Pavel, lui a apporté son soutien, se disant « favorable à la recherche de nouvelles options, y compris un débat sur une présence potentielle en Ukraine », sans toutefois franchir la « ligne rouge » du déploiement de « troupes combattantes ».

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Mais l'avertissement n'a pas été apprécié par l'Allemagne, après déjà une série de tensions récentes sur le dossier ukrainien. « Nous n'avons pas besoin (...) de discussions sur le fait d'avoir plus ou moins de courage », a réagi le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius. « Cela n'aide pas vraiment à résoudre les problèmes » de l'Ukraine.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky « n'a jamais demandé que des troupes étrangères combattent pour son pays », a notamment déclaré mardi John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, interrogé sur des propos du président français. Avant d'ajouter :

«Il n'y aura pas de troupes américaines engagées au sol en Ukraine. Et vous savez quoi ? Ce n'est pas ce que demande le président Zelensky. Il demande des outils et des capacités. Il n'a jamais demandé que des troupes étrangères combattent pour son pays».

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Leadership

Le dirigeant français, qui doit se rendre en Ukraine d'ici mi-mars, semble de plus en plus vouloir imposer son leadership dans le soutien à Kiev et le bras de fer avec la Russie. Il y a une semaine à Paris, il avait esquissé plusieurs pistes pour renforcer l'appui militaire fourni à l'armée ukrainienne, qui essuie des revers sur le front.

Ainsi, les ministres français des Affaires étrangères et de la Défense réunissent ce jeudi leurs homologues des autres pays alliés jeudi par vidéoconférence pour détailler ces solutions. Parmi elles, figure une initiative tchèque visant à acheter des munitions hors Union européenne, en raison de la pénurie actuelle qui complique la vie des soldats ukrainiens sur le champ de bataille, pour ensuite les leur livrer.

Côté politique, un débat est également prévu la semaine prochaine au Parlement, suivi d'un vote non contraignant - mardi à l'Assemblée nationale, mercredi au Sénat. Ce débat s'annonce agité. Non pas tant au sujet de l'accord bilatéral de sécurité signé mi-février avec l'Ukraine, sur lequel porte formellement le vote, mais en raison des récentes déclarations du président.

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«Aucune limite» ni «ligne rouge»

Le président français recevait également ce jeudi les chefs des différents partis politiques pour clarifier ses positions. Il leur a notamment assuré que le soutien de Paris à Kiev n'avait « aucune limite » ni « ligne rouge », ont rapporté plusieurs d'entre eux en sortant de l'Élysée.

Le président du RN, Jordan Bardella, a assuré avoir plaidé lors de cette réunion de près de trois heures pour que « la France n'entre pas elle-même en guerre avec la Russie ». Le patron des communistes Fabien Roussel a de son côté regretté en sortant de l'Elysée que deux ans après l'invasion russe de l'Ukraine « la position de la France a changé : il n'y a plus de lignes rouges, il y a plus de limites ».

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Selon la cheffe des Écologistes Marine Tondelier, le chef de l'État a expliqué que « comme nous avions en face de nous Vladimir Poutine, qui manifestement est sans limite », s'en « fixer nous-mêmes », « intérioriser des limites » serait « lui donner un avantage comparatif ». Elle a également jugé « extrêmement inquiétant de voir un président de la République français qui explique, face à quelqu'un qui détient l'arme nucléaire que nous détenons nous-mêmes, qu'il faut montrer que nous sommes sans limite ».

«Je suis arrivé inquiet et je suis ressorti plus inquiet encore puisque le président de la République, loin de revenir sur les déclarations qui étaient les siennes la semaine dernière, les a confirmées», a relevé de son côté le coordinateur politique de La France insoumise, Manuel Bompard.

Quant au président des LR, Éric Ciotti, il a dénoncé « une instrumentalisation à des fins de campagne électorale pour les élections européennes ».

(Avec AFP)

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