En France, le climat des affaires résiste malgré le coronavirus

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Dans le commerce de détail, les clignotants sont au vert malgré les craintes exprimées lors des mobilisations et les grèves contre la réforme des retraites.
Dans le commerce de détail, les clignotants sont au vert malgré les craintes exprimées lors des mobilisations et les grèves contre la réforme des retraites. (Crédits : KAI PFAFFENBACH)
Le climat des affaires en France a été stable en février par rapport au mois précédent, et a même légèrement augmenté dans le commerce de détail et les services, a indiqué mardi l'Insee.

Coronavirus, panique sur les places boursières, coup de frein en Chine, croissance au ralenti en zone euro, commerce mondial asphyxié... depuis quelques semaines, plusieurs indicateurs économiques avancés sont dans le rouge. La plupart des conjoncturistes, qui anticipaient une stabilisation de l'économie mondiale en 2020 au début du mois de janvier, sont en train de réviser à la baisse leurs projections.

En dépit de ces craintes et de ces incertitudes, le climat des affaires calculé par l'institut national de la statistique et des études économiques (Insee) est resté stable entre décembre dernier et février à 105, soit au-dessus de sa moyenne de long terme (100). Cet indicateur, qui s'appuie sur des enquêtes de conjoncture, vise à donner une photographie du moral des chefs d'entreprise dans les grands secteurs économiques.

Dans une note publiée ce mardi, Philippe Waechter, l'économiste de l'entreprise de gestion d'actifs financiers Ostrum, explique que "l'enquête de l'Insee auprès des entreprises du mois de février ne permet pas de voir l'irruption du risque global associé au coronavirus. Cela ne veut pas dire que les entreprises françaises sont hors sol mais simplement qu'au moment où le risque d'une contagion globale du virus se profile, ces entreprises sont plutôt robustes. Elles donnent le sentiment de pouvoir résister à d'éventuels chocs négatifs sur l'activité. C'est un signal positif car les informations récentes sur le virus ne suggèrent pas une amélioration rapide." En effet, la propagation du virus dans le Nord de l'Italie depuis vendredi dernier suscite des inquiétudes dans les milieux économiques et financiers de l'autre côté des Alpes.

Léger mieux dans les services

Les chiffres mis en ligne par l'organisme de statistiques ce mardi matin indiquent que le climat des affaires s'est légèrement amélioré, passant de 106 à 107 sur les deux premiers mois de l'année. Après avoir atteint un point bas en décembre 2018 à 101,8 au moment de la crise des "gilets jaunes", l'indice augmente régulièrement sauf à l'été 2019. "L'indicateur du climat des affaires est au-dessus de sa moyenne dans tous les sous-secteurs. Il augmente nettement dans les services administratifs et de soutien et plus légèrement dans le transport routier de marchandises et l'hébergement-restauration", soulignent les économistes.

Dans le commerce de détail, les clignotants sont au vert malgré les craintes exprimées lors des mobilisations et les grèves contre la réforme des retraites. Après avoir chuté entre décembre et janvier, passant de 108 à 103,9, le climat des affaires se redresse pour s'établir à 104,8. Selon les chefs d'entreprise du secteur interrogés par l'Insee, "cette amélioration concerne essentiellement les perspectives générales d'activité, les intentions de commandes et les effectifs passés. À l'inverse, les soldes d'opinion sur les effectifs prévus et les ventes passées se dégradent", note l'institution.

Stabilité dans l'industrie 

Dans l'industrie, le moral des entrepreneurs résiste également. Après avoir atteint un point bas en décembre à 98, le climat des affaires est remonté à 102 en janvier et se stabilise au même niveau en février. "Le solde d'opinion des industriels sur leurs carnets de commandes globaux s'améliore pour le deuxième mois consécutif, après le point bas de décembre. En revanche, le solde sur les carnets de commandes étrangers se dégrade à nouveau, après un rebond au mois de janvier", soulignent les statisticiens. Les difficultés de l'industrie allemande, confrontée à des normes environnementales plus exigeantes, le scandale du Dieselgate et le ralentissement du géant chinois, provoquent des remous dans la machine industrielle européenne. En outre, même si le Brexit s'est concrétisé à la fin du mois de janvier dernier, de nombreuses incertitudes demeurent sur la nature des relations commerciales entre l'Union européenne et le Royaume-Uni.

Lire aussi : Londres refuse que l'UE lui impose ses règles dans la relation post-Brexit

Le climat des affaires résiste dans le bâtiment

Du côté du bâtiment, le climat des affaires se stabilise également. Après avoir atteint un point bas en 2015 à 88, le climat des affaires progresse régulièrement dans ce secteur. La perspective des élections municipales en 2020 a dopé l'investissement des collectivités locales en 2019. L'année dernière, la construction a retrouvé un climat des affaires qu'elle n'avait pas connu depuis 2008. Il reste que cet indicateur plafonne à 111 depuis novembre dernier et la fin du cycle électoral pourrait assombrir l'horizon des acteurs du secteur.

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Commentaires
a écrit le 25/02/2020 à 15:47 :
le carnaval de NICE maintenu § DES IRRESPONSABLES
a écrit le 25/02/2020 à 13:28 :
C'est le climat qui résiste moins bien avec les grues qui reviennent déjà en plein mois de février...

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