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Européennes : Macron s'implique dans la campagne LREM (et il explique pourquoi)

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Publié le 21 mai 2019 à 07:11 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:36

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A six jours des élections européennes, Emmanuel Macron défend son bilan dans une interview à paraître ce mardi 21 mai dans la presse régionale, et appelle les Français à aller voter pour contrer ceux "qui ne veulent que détruire", ciblant une nouvelle fois les partis nationalistes dont il souligne la "connivence" avec "des intérêts étrangers".

À six jours des élections européennes, Emmanuel Macron défend son rôle "d'acteur" et non de "spectateur" dans cette campagne dans une interview à paraître ce mardi 21 mai dans la presse régionale. Pour le chef de l'Etat, qui a dramatisé depuis un an l'affrontement entre "progressistes" et "nationalistes" en Europe, cette élection européenne est « la plus importante depuis 1979 parce que l'Union est face à un risque existentiel ».

«Si, en tant que chef de l'Etat, je laisse se disloquer l'Europe qui a construit la paix, qui a apporté de la prospérité, j'aurai une responsabilité devant l'histoire», estime le chef de l'Etat.«Décider de ne pas aller voter, c'est décider de donner sa voix à ceux qui ne veulent que détruire».

Le Rassemblement national (RN, ex-Front national) et l'alliance La République en marche-MoDem continuent de faire la course en tête, autour de 23%, mais la liste du parti de Marine Le Pen est depuis plusieurs jours repassée légèrement devant la liste de la majorité présidentielle dans les sondages.

« Une connivence entre les nationalistes et des intérêts étrangers »

Comme vendredi dernier à Biarritz, il égratigne le bilan européen du Rassemblement national dont les élus « ont voté contre tout ce qui est dans l'intérêt de la France » et dont le projet, à ses yeux, « affaiblit la France et divise l'Europe ». Après un week-end marqué par une polémique sur la présence à Paris de l'ancien stratège de Donald Trump et soutien affiché du RN, Steve Bannon, Emmanuel Macron fustige également « une connivence entre les nationalistes et des intérêts étrangers, dont l'objectif est le démantèlement de l'Europe ».

«Les Russes et quelques autres n'ont jamais été à ce point intrusifs pour financer, aider les partis extrêmes, on ne peut être que troublé. (...) Mais je ne confonds pas les Etats et certains individus, même si les groupes d'influence américains ou les oligarques russes affichent des proximités avec les gouvernements.»

« Il n'y a pas à rougir de notre bilan...»

Prié de dire s'il pourrait continuer à réformer la France si la liste de la majorité arrivait en seconde position dimanche, il répond : « Je n'ai pas l'esprit de défaite, j'ai l'esprit de conquête. La France sera d'autant plus forte que nous ferons un bon score. »

«Quand je regarde les choses, le chômage est au plus bas depuis dix ans, le pouvoir d'achat n'a jamais augmenté de cette manière depuis douze ans, l'investissement productif repart, les emplois industriels sont recréés... il n'y a pas à rougir de notre bilan, même s'il faut aller plus loin», ajoute-t-il.

Quant à l'avenir de son Premier ministre en cas d'échec dimanche ? « Je n'ai jamais fait de politique fiction. (...) J'ai toute confiance en Edouard Philippe qui s'engage sans compter auprès des proeuropéens. »

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Avancer sur une « taxation commune du kérosène »

Au rang des propositions, Emmanuel Macron souhaite avancer « sur la taxation commune du kérosène en Europe », tout en plaidant pour « une vraie négociation internationale » sur ce sujet. Le programme de la liste LREM-Modem conduite par Nathalie Loiseau, prévoit de "taxer le transport aérien" pour financer les investissements pour la transition écologique, mais sans plus de précision.

Le président a émis en outre le souhait « que l'on aille plus vite et plus fort » sur les financements européens pour l'environnement, défendant à nouveau « l'idée de la Banque européenne du climat ».

«Notre jeunesse européenne a une conscience aiguë de ces sujets. Elle a décidé de s'exprimer et bouscule ses gouvernements, et c'est une chance. J'ai moi-même beaucoup progressé sur ces sujets ces derniers mois en l'écoutant. L'histoire nous jugera sur ce sujet.»

Il a aussi plaidé pour « taxer en Europe les entreprises les plus polluantes » et « mettre une taxe carbone aux frontières ».

La relation franco-allemande « s'est rééquilibrée »

Dans les semaines menant aux élections européennes, Emmanuel Macron a plusieurs fois souligné que la recherche de compromis avec la chancelière allemande, Angela Merkel, était parfois difficile. Prié de dire si la mécanique Paris-Berlin était grippée, il répond :

«Je ne pense pas qu'elle soit grippée, je pense qu'elle s'est rééquilibrée. Nous faisons entendre notre voix.»

Même si plusieurs de ses propositions n'ont pas reçu l'accueil espéré, Emmanuel Macron assure que « sur le budget de la zone euro, la Défense, le droit d'auteur, la protection d'intérêts européens face aux grandes puissances, les travailleurs détachés..., les Allemands ont accepté de vrais compromis. »

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Après avoir défendu une position plus dure vis-à-vis du Royaume-Uni que nombre d'autres dirigeants au dernier Conseil européen sur le Brexit, Emmanuel Macron a décidé de s'opposer, seul, à l'ouverture d'une négociation commerciale avec les Etats-Unis. La décision se prenant à la majorité, ce choix n'a pas enrayé le processus.

«Avec Angela Merkel, nous nous respectons et nous travaillons très bien ensemble, mais je ne crois pas à l'entente feinte et stérile, qu'il faille gommer les différences quand elles existent. Si on ne dit pas les choses on ne peut pas progresser. Mais on ne peut pas faire progresser l'Europe sur un désaccord franco-allemand», ajoute-t-il.

(avec Reuters et AFP)

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