Le FMI prévoit une croissance de 6% pour la France en 2021

Avec la dégradation accélérée de la situation sanitaire et le reconfinement, les économistes du FMI recommandent au gouvernement français de mettre en oeuvre "des mesures de relance budgétaire supplémentaires, temporaires et bien ciblées, [qui] pourraient se révéler nécessaires en fonction de l'évolution de la situation".
Grégoire Normand

4 mn

Le FMI, dans une note consécutive à une mission sur la France, estime, face à la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus, que des mesures de relance budgétaire supplémentaires, temporaires et bien ciblées, pourraient se révéler nécessaires en France en fonction de l'évolution de la situation.
Le FMI, dans une note consécutive à une mission sur la France, estime, face à la deuxième vague de l'épidémie de coronavirus, que "des mesures de relance budgétaire supplémentaires, temporaires et bien ciblées, pourraient se révéler nécessaires en France en fonction de l'évolution de la situation". (Crédits : YURI GRIPAS)

Les nuages s'amoncellent pour l'économie française. Selon des conclusions communiquées par les services du FMI dans une note ce lundi 2 novembre, la croissance du produit intérieur brut (PIB) devrait augmenter de 5-6% en 2021.

Après un printemps apocalyptique et un été meilleur que prévu, l'automne s'annonce morose. La mise en œuvre du couvre-feu d'abord dans les grandes villes, son extension dans 54 départements et l'annonce du confinement sur l'ensemble du territoire la semaine dernière ont plongé l'économie tricolore dans une période très troublée pour la fin de l'année.

Ce dernier trimestre qui s'annonce mauvais risque d'avoir des répercussions néfastes sur l'activité en 2021. Le dernier trimestre est déterminant pour le PIB de l'année d'après comme le rappelait récemment à La Tribune l'économiste de COE-Rexecode Emmanuel Jessua :

"La chute d'activité au quatrième trimestre va davantage peser, par un effet de base, sur la croissance de 2021. Avec le risque que les confinements à répétition amenuisent progressivement les capacités de résilience et de rebond de l'économie française et entretiennent l'attentisme des ménages et des entreprises, qui se traduirait par un surcroît persistant d'épargne de précaution et une baisse durable de l'investissement".

De son côté, le représentant de l'institution internationale en France Jeffrey Francks lors d'une réunion avec des journalistes a expliqué que "notre prévision actuelle pour 2021 est une croissance entre 5 et 6% mais les risques sont très importants. Le prolongement de la seconde vague et la possibilité d'une troisième vague assombrissent les perspectives".

Lire aussi : Après un rebond vigoureux au T3, l'économie en rechute

"Fournir une aide budgétaire adéquate"

L'ampleur du choc et ses conséquences économiques et sociales ont amené certaines institutions à réviser leurs principes d'orthodoxie budgétaire. Après la suspension des règles budgétaires du traité de Maastricht par la Commission européenne au printemps, le Fonds monétaire international change de discours sur la nécessité de retrouver un équilibre budgétaire trop rapidement. "Dans ce contexte, la réduction du déficit ne doit pas être la priorité", a souligné Jeffrey Francks.

"À court terme, l'aide aux entreprises et aux personnes touchées devrait être renforcée si nécessaire, en particulier pour éviter que les mesures d'endiguement qui s'imposent sur le plan sanitaire n'entraînent une augmentation de la pauvreté et des inégalités", expliquent les auteurs du document.

Lire aussi : Covid-19 : 500 millions de personnes menacées de pauvreté dans le monde

La crise de 2008 et la crise des dettes souveraines en 2011-2012 avec la mise en place d'un rééquilibrage macroéconomique et budgétaire et l'application de mesures d'austérité dans certains pays de la zone euro ont freiné le retour de la croissance. Dans certains États comme l'Espagne, la Grèce l'Italie, le PIB par tête n'a toujours pas retrouvé son niveau antérieur à la crise de 2008 et la pandémie actuelle pourrait encore accroître les divergences.

Malgré ces changements apparents, l'organisation basée à Washington demeure attachée à ses principes. "Une fois que la reprise sera bien engagée, un effort d'assainissement en dépenses sera nécessaire pour placer la dette sur une trajectoire descendante."

Sur le calendrier, les économistes indiquent que le rythme de rééquilibrage des finances publiques doit dépendre de la situation économique et sa mise en œuvre devra débuter "au moment où l'activité aura globalement retrouvé son niveau d'avant la crise et que les risques de dégradation se seront atténués".

La dette des entreprises bondit

La recrudescence de l'épidémie et la mise en œuvre du confinement pour au minimum un mois vont accroître les tensions sur la trésorerie des entreprises. Si le gouvernement a déployé tout un arsenal de mesures d'urgence (PGE, Fonds de solidarité, chômage partiel), le prolongement de la crise sanitaire pourrait faire des dégâts pendant l'hiver alors que la période de fin d'année est cruciale pour de nombreux commerçants.

Les économistes du FMI s'inquiètent particulièrement de la dette des entreprises et de la crise de liquidités en cours.

"Les mesures d'urgence, notamment les prêts bancaires garantis par l'État, aident les entreprises à respecter leurs obligations, à constituer des réserves de liquidité, et à éviter les difficultés financières. Toutefois, l'apport de liquidités a entraîné une forte augmentation de la dette brute des entreprises au début de l'année 2020. Les pertes liées à l'activité dans plusieurs secteurs devraient être lourdes et durables dans le cas d'une reprise modérée".

Avec le prolongement de la crise, beaucoup d'entreprises vont se retrouver dans l'incapacité de rembourser les sommes empruntées.

Lire aussi : Dette des entreprises : la bombe à retardement

Grégoire Normand

4 mn

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Commentaires 6
à écrit le 04/11/2020 à 3:06
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Avec plus de 130% de dettes. On vous prend pour des jambons.

à écrit le 03/11/2020 à 13:44
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2 novembre : Lors de la présentation de son étude sur l'économie française et ses perspectives, ce lundi, le patron de l'institution de Washington pour l'Hexagone a félicité le gouvernement. « Soyons clairs : le 'quoi qu'il en coûte' du président ...

à écrit le 03/11/2020 à 12:56
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Je prévois un week-end ensoleillé... Les promesses n'engagent que ceux qui les croient

à écrit le 03/11/2020 à 11:18
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Comme d'habitude, ils vont encore se planter. Et ils vont encore dire, que c'était à cause d'un évènement exceptionnel, qu'ils ne pouvaient pas prévoir, bla-bla.

à écrit le 03/11/2020 à 10:00
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"Demain tout ira bien" C'était un message de la World Company. Oui toujours le même en effet, ça commence à devenir lassant...

le 03/11/2020 à 12:06
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Vous préféreriez qu'il dise que demain sera pire ?

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