Micro-entreprise : un revenu moyen de 440 euros par mois

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Entre 2014 et 2015, le revenu d’activité moyen des micro-entrepreneurs augmente de 6,1 %, celui des non-salariés classiques progresse de 2,5 % : + 3,0 % pour les entrepreneurs individuels classiques et + 1,7 % pour les gérants majoritaires de sociétés, explique l'Insee.
"Entre 2014 et 2015, le revenu d’activité moyen des micro-entrepreneurs augmente de 6,1 %, celui des non-salariés classiques progresse de 2,5 % : + 3,0 % pour les entrepreneurs individuels classiques et + 1,7 % pour les gérants majoritaires de sociétés", explique l'Insee. (Crédits : © Reuters Photographer / Reuter)
Pour compléter leur revenus, près d'un tiers des micro-entrepreneurs exercent une activité salariée, révèle l'Insee.

Selon une étude de l'Insee publiée ce mardi 13 février, la France, en 2015, comptait 2,7 millions de personnes exerçant une activité non salariée (hors secteur agricole). Sur ce total, 29% sont micro-entrepreneurs. Ce qui représente environ 810.000 personnes. Si l'entrepreneuriat en France reste dynamique, comme peuvent l'illustrer les derniers chiffres publiés par le service de statistiques, le statut de micro-entrepreneur peut rapidement présenter des limites.

La forte hausse observée à partir de 2009 correspond à l'entrée en vigueur du régime des auto-entrepreneurs. Ce statut permet aux salariés, chômeurs, retraités ou étudiants de développer une activité à titre principal ou complémentaire pour accroître leurs revenus avec des démarches simplifiées et un régime fiscal avantageux. Depuis le 19 décembre 2014, "de nouvelles dispositions définies par la loi Pinel de juin 2014 s'appliquent au régime de l'auto-entrepreneur. En particulier le terme de micro-entrepreneur se substitue à celui d'auto-entrepreneur", rappelle l'Insee.

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440 euros net, un revenu moyen 2,3 fois inférieur au seuil de pauvreté

Les chiffres relatifs au revenu moyen des micro-entrepreneurs sont particulièrement frappants. Selon l'institut de statistiques, les micro-entrepreneurs économiquement actifs retirent en moyenne 440 euros net par mois de leur activité non-salariée en 2015, "soit près de huit fois moins que les non-salariés classiques". Cette somme est 2,3 fois inférieure au seuil de pauvreté, fixé à 1.015 euros net par mois (seuil à 60 % du revenu médian). A titre de comparaison, le revenu mensuel moyen de l'ensemble des non-salariés (y compris les micro-entrepreneurs) s'élevait à 2.520 euros. Et hors-micro-entrepreneurs, il s'établissait à 3.340 euros.

> Lire aussi : Le revenu moyen chez les indépendants : 2.510 euros par mois

Les économistes de l'organisme public expliquent que "le faible revenu des micro-entrepreneurs est lié à la nature de ce régime qui impose des plafonds sur les chiffres d'affaires pour en bénéficier". Mais avec le doublement des plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise (165.600 euros pour les activités d'achat/vente de marchandises, et 66.400 euros pour les activités de services) depuis le premier janvier 2018, la situation pourrait évoluer à l'avenir.

Lire aussi : Régime des auto-entrepreneurs : un bilan mitigé

Face à ce faible niveau de revenu, l'Insee souligne que 30% des micro-entrepreneurs cumulaient cette activité avec un travail salarié, contre 10% des autres indépendants. "L'exercice parallèle d'une activité salariée est fréquent, notamment pour les non-salariés classiques exerçant dans l'enseignement, la santé et les activités artistiques et récréatives."

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Ralentissement du nombre de micro-entrepreneurs

Contrairement à certaines idées reçues, si le nombre de micro-entreprises continue d'augmenter, son rythme de progression ralentit. A la fin de l'année 2015, 795.000 micro-entrepreneurs étaient économiquement actifs.

"Leurs effectifs continuent de progresser (+ 5,9 %), mais moins que les années précédentes (+ 8,2 % en 2014 et + 15,8 % en 2013)".

L'organisme de statistiques relève que ce ralentissement peut être lié au durcissement des conditions d'accès à ce statut fin 2014.

Des disparités de revenus plus marquées chez les non-salariés

Les inégalités de revenus sont particulièrement visibles chez les non-salariés. Selon les experts de l'Insee, elles seraient même plus marquées que chez les salariés du privé. Dans le détail, l'étude signale que :

"Le commerce de détail hors magasin génère les revenus les plus faibles (1.070 euros par mois en moyenne), derrière les taxis (y compris VTC), les services personnels et les activités artistiques et récréatives (de 1.350 à 1 460 euros mensuels). Les médecins et dentistes perçoivent en moyenne les revenus les plus élevés (8 470 euros), devant les juristes et comptables (7 880 euros) et les pharmaciens (7 220 euros)."

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Progression des revenus

Outre ces disparités, le revenu d'activité des travailleurs indépendants a progressé de 2,5% en 2015 contre 1,7% en 2014. Du côté des entrepreneurs individuels, il s'accroît de 3%  contre 1,9% en 2014 et de 1,7% pour les gérants de société après 1,6% en 2014. Chez les micro-entrepreneurs, leurs revenus augmentent à nouveau (+6,1%) après plusieurs années de baisse  (- 1,9 % par an en moyenne entre 2009 et 2014). Ce relatif dynamisme s'inscrit dans une conjoncture économique favorable confirmée de jour en jour par l'amélioration des principaux indicateurs.

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Commentaires
a écrit le 16/02/2018 à 18:13 :
Pour gagner si peu, vas t'inscrire au chômage, tu touchera plus et si tu es demandeur d'asile dans ton propre pays tu touchera 1.200 €. (Oui mon gars les étrangers sont mieux traités que les Français).
a écrit le 15/02/2018 à 11:19 :
Le statut d'AE permet à des salariés d'avoir une activité complémentaire déclarée , aux retraités de cumuler emploi et retraite ( par nécessité) et pour les autres c'est un tremplin avant de se lancer définitivement comme travailleurs indépendants .
a écrit le 15/02/2018 à 10:04 :
Il faudrait peut-être rapporter la somme gagnée au nombre de jours travaillés.

Je voulais du temps pour moi, j'ai donc décidé de gagner 30% de moins en passant micro entrepreneur mais je ne travaille plus que 60 jours par an.

Il y a beaucoup de fausses informations dans les commentaires. N'hésitez pas à vous abstenir si vous ne savez pas.

Par exemple concernant la retraite, la validation de trimestre se fait en fonction du chiffre d'affaires annuelles. Il existe 4 niveaux qui permettent de valider de 1 à 4 trimestres. En 2018 pour un CA annuel de 8892€ on valide l'année si l'on dépend de la Cipav et 8875€ côté SSI.

Mais ce n'était que pour bien montrer les erreurs présentes dans les commentaires.
a écrit le 15/02/2018 à 9:52 :
"Ce relatif dynamisme s'inscrit dans une conjoncture économique favorable confirmée de jour en jour par l'amélioration des principaux indicateurs."

"Micro-entreprise : un revenu moyen de 440 euros par mois"

Ah oui vraiment c'est une véritable prospérité !
a écrit le 15/02/2018 à 9:33 :
Ce qui est complètement aberrant pour moi c'est qu'on te taxe sur ton chiffre d'affaires au lieu du bénéfice. Pour développer son activité en général on fait peu voir pas de bénéfice au départ, et on doit payer ces taxes et cotisations même en ayant 0€ de bénéfice. Comment veulent ils que l'entrepreneuriat décole en France avec une telle contrainte. Je comprends tous ceux qui ouvre une boîte au Delaware, Hong Kong ou Lettonie où tu payes rien si tu réinvesti dans ta boîte.
Réponse de le 15/02/2018 à 11:13 :
Soit vous avez un statut d'AE vous payez vos charges au forfait en fonction de votre facturation soit vous êtes artisan ou commerçant au BIC avec déduction de toutes vos charges .
Dans le premier vous n'êtes pas tenu d'avoir une comptabilité , c'est le choix de la simplicité mais pas obligatoirement celui le plus économique .
Réponse de le 15/02/2018 à 13:30 :
perso j'ai un abattement de 71% sur le CA. Je ne paye donc mes impots que sur 29% de mon CA
a écrit le 15/02/2018 à 9:01 :
Parlez bien dans le micro.
Avec le régime micro-social il me semble qu'en tant qu'activité principale il y avait d'autres effets dissuasifs, dont le plafonnement de revenus qui a donné lieu à des redressements et autres surprises en cas de dépassement de revenus trimestriels. Inversement si le plafond n'est pas atteint il me semble que le trimestre ne comptait pas pour la retraite (à vérifier, je n’ai pas suivi les nouveaux dispositifs). Dans tous les cas on en a pour son argent, par contre on travaille autant d'heures que l'on veut. Gratuitement bien sur, puisque la concurrence est rude et qu’il faut survivre.
La conclusion est qu'on est dans un système où il vaut mieux être fonctionnaire ou assisté plutôt qu'entrepreneur.
Comme on n’a pas les moyens de faire un « nivèlement par le haut », cela laisse peu de place aux possibilités de réformes.
a écrit le 14/02/2018 à 22:06 :
Hollande, le socialiste n'a pas été toxique que pour la France mais aussi pour les auto-entrepreneurs. Il a augmenté les impots RSI de 20 % et il a ajouté un impot supplémentaire la CFE. Tout cela pour taxer des gens en dessous du niveau de pauvreté. Le PS est maintenant obligé de vendre ses luxueux biens immobiliers. Il faut tout leur prendre et leur faire rendre gorge.
Réponse de le 15/02/2018 à 11:15 :
La CFE n'est pas un impôt supplémentaire elle vient en remplacement de la taxe professionnelle et dans mon cas je paie 3 fois moins !!!l
Réponse de le 15/02/2018 à 13:32 :
Il vaut mieux prendre quelques euros à chaque pauvre que des million à chaque riche. Ca rapporte plus, tellement les pauvres sont nombreux...
a écrit le 14/02/2018 à 19:55 :
Le statut demicro entreprise est un statut de cache misère on peut juste se consoler en se disant que le micro entrepreneur déclare ce qu'il a envie de déclarer et que certains l'on bien compris. Par exemple dans les camps de ens du voyage maintenant ils sont tous autoentrepreneurs!
a écrit le 14/02/2018 à 19:22 :
Il serait intéressant de savoir ce que sont devenu les premiers autoentrepreneurs présent dès la création de ce statut ? Combien on ensuite créé une entreprise ? combien ont embauché un ou plusieurs salariés ? Certains autoentrepreneurs sont ils devenus des patrons de PME ? etc etc....
a écrit le 14/02/2018 à 19:20 :
inadmissible!
pour reduire les inegalites il faut voter d'urgence un impot sur les rentiers de la republique qui gagnent en moyenne 22.000 euros contre 20.000 dans le prive............ quand on voit la pauvrete dont ils sont responsables en s'en foutant plein les fouilles sur mon dos laborieux, on se dit que c'est la moindre des choses!
en roumanie, on reduisait les inegalites avec d'autres methodes justes!

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