"Plutôt que la relocalisation, l'enjeu est sûrement plus celui de la réindustrialisation"
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Vincent Vicard est économiste au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII).
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Vincent Vicard est économiste au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (CEPII).
DR
LA TRIBUNE - Avec la crise, le débat sur la relocalisation de certaines activités en France fait rage alors que l'économie française s'enfonce dans la récession. Cette crise ne risque-t-elle pas plutôt d'accélérer la désindustrialisation du pays ?
VINCENT VICARD - C'est une question posée par le gouvernement dans son plan de relance. La crise actuelle est très différente de celles du passé. C'est d'abord une crise des services (restauration, culture, transport aérien). Contrairement à 2008, l'industrie est moins touchée. Cependant, les restrictions pour le transport de personnes sont amenées à durer. Cela peut poser des questions sur la pérennité de certaines entreprises et sur la viabilité des sous-traitants. L'industrie automobile est bien repartie après le confinement, alors que l'industrie aéronautique connaît bien plus de difficultés. Plutôt que la relocalisation, l'enjeu est sûrement plus celui de la réindustrialisation et de savoir comment accompagner certains secteurs vers plus d'industrie du futur par exemple.
> Lire aussi : Relocaliser, réindustrialiser : dans quels buts ?
La baisse des impôts de production va-t-elle dans le bon sens pour relancer l'industrie et relocaliser certaines activités ?
À lire également
Beaucoup de mesures ont été mises en place sur la compétitivité-coût, avec le CICE notamment: les exonérations de cotisations représentent environ 60 milliards d'euros en année pleine. Or, ces mesures ont eu peu d'impact sur les exportations et le niveau de l'activité industrielle. La compétitivité hors-prix, concept regroupant pêle-mêle la qualité physique ou perçue des produits, leur contenu en innovation, les services après-vente qui y sont associés, l'adéquation aux goûts des consommateurs, l'image de marque, les réseaux de distribution ou plus largement l'organisation de l'entreprise, fait partie des leviers à actionner. Compte tenu de l'efficacité relative des mesures prises depuis une dizaine d'années, il faut à présent travailler sur tous ces leviers. Pour l'instant, il est encore difficile de juger de l'efficacité de la baisse des impôts de production, puisqu'aucune étude ne montre l'efficacité d'une telle mesure. La baisse de cette fiscalité va par ailleurs devoir être financée. C'est une décision prise à l'aveugle.