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TotalEnergies élargit son blocage des prix à 1,99 euro à tous les carburants

latribune.fr

Publié le 06 avril 2023 à 06:30 - Mis à jour le 06 avril 2023 à 06:39

Un client tient une pompe a essence alors qu'il fait le plein de sa voiture dans une station total a nice

L'offre de blocage des prix à 1,99 euro par litre de Total s'élargit à tous les carburants.

Eric Gaillard

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le pétrolier qui possède 3.400 stations-service en France a annoncé, ce jeudi 6 avril, une extension de son blocage des prix à 1,99 euro par litre à tous les carburants. Jusqu’alors, ce plafond était réservé au Diesel et au SP95. Un geste pour ses clients qui tend à faire oublier les profits records de l’énergéticien et de son PDG.

TotalEnergies veut se faire bien voir par les Français. Et pour ce faire, l'énergéticien a annoncé ce jeudi qu'il allait élargir « momentanément » à partir de vendredi 7 avril sa mesure de plafonnement des prix à 1,99 euro par litre à tous les carburants.

En place depuis mars et pour toute l'année 2023 sur les carburants diesel et SP95 dans ses 3.400 stations, elle est désormais accessible à la gamme de produits Excellium (SP98 & Diesel Excellium). À la différence que ce ne sera que « jusqu'à ce que les stations ne connaissent plus des difficultés d'approvisionnement », indique le groupe dans un communiqué.

« Certaines stations sont en rupture d'un ou plusieurs produits, cet élargissement permettra à nos clients de bénéficier de la mesure quel que soit le produit », a précisé à l'AFP une source interne au groupe.

Mercredi matin, 6,95% des stations-service étaient en pénurie d'au moins un des carburants (essence et/ou diesel) qu'elles proposaient le 1er mars, d'après l'analyse des données du site gouvernemental des prix des carburants.

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Ce blocage prend la suite des ristournes accordées par le groupe de septembre à décembre 2022. TotalEnergies avait alors accordé des remises à la pompe de 20 puis 10 centimes dans ses stations, pour un coût total de 550 millions d'euros. Le principe était différent du plafonnement annoncé, car la ristourne s'appliquait quel que soit le prix à la pompe. Cela s'ajoutait à une remise financée par l'État, qui a pris fin le 31 décembre et que le gouvernement ne souhaitait pas prolonger au nom de la responsabilité budgétaire.

2022 années record pour TotalEnergies

Si l'énergéticien se montre aussi généreux, c'est en partie à cause des critiques qui l'assaillent sur ces « super-profits ». TotalEnergies a annoncé avoir dégagé en 2022 un bénéfice opérationnel de 38,475 milliards de dollars (36 milliards d'euros), en hausse de 90% par rapport à 2021 et un Ebitda (le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) de plus de 71 578 milliards de dollars (66,5 milliards d'euros), en hausse de 69%.

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Le bénéfice net ajusté double quant à lui pour dépasser 36 milliards, alors que le résultat net s'élève à 20,5 milliards en 2022, en hausse de 28%. Il s'agit pour le groupe pétrogazier français du plus haut bénéfice jamais réalisé et l'un des meilleurs de l'histoire du CAC40. Sans les pertes comptables liées à son retrait de la Russie et notamment du géant gazier Novatek, pour un montant de près de 15 milliards de dollars, le bénéfice net ajusté de l'entreprise (qui exclut les éléments exceptionnels) se monte à 36,2 milliards de dollars.

Face aux accusations de profit sur la guerre en Ukraine et la crise énergétique, le président Emmanuel Macron avait alors annoncé : « Je souhaite que le dialogue puisse se finaliser entre le ministère et les entreprises concernées comme ça avait été fait l'année dernière sur les carburants avec des ristournes à la pompe qui avaient été faites par les entreprises comme Total ».

Hausse de la rémunération de son PDG de 23,33%

D'autant qu'avec ces profits record, le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a augmenté sa rémunération totale de 23,33% en 2022 par rapport à 2021. Elle a atteint 7,33 millions d'euros, plus qu'avant la pandémie de Covid-19, selon un document financier publié le 28 mars.

En 2022, la rémunération totale annuelle du dirigeant s'est élevée à 7.331.079 euros, soit une augmentation de 1.386.950 euros par rapport à 2021, selon les éléments communiqués dans le document d'enregistrement universel du groupe. En 2019, l'année d'avant pandémie, elle se chiffrait à 6,15 millions d'euros.

Dans le détail, le PDG voit sa rémunération fixe et variable, ainsi que ses avantages en nature, augmenter au total de 9,6%, à 4,35 millions d'euros en 2022. Il s'agit d'une hausse « équivalente à celle bénéficiant en moyenne aux cadres du socle social commun en France (+9,8%) », explique le groupe dans ce document à destination des actionnaires, investisseurs et analystes financiers. La rémunération comprend notamment un salaire fixe de base de 1,55 million d'euros (+10,71%) et une rémunération variable de 2,73 millions d'euros (+9,01%). L'augmentation est surtout tirée par l'attribution d'un plus grand nombre d'actions de performances, 100.000 en 2022 contre 90.000 en 2021, « pour être plus en [conformité] avec les niveaux pratiqués par les marchés ».

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Sur proposition du conseil d'administration, les actionnaires auront aussi à se prononcer sur une motion prévoyant une hausse de 10% en 2023 de la rémunération totale du PDG. « On aurait pu s'en passer dans la période qu'on vit », a réagi la semaine dernière le ministre des Transports Clément Beaune sur franceinfo, en appelant à la « sobriété ». Le patron de la major pétrolière avait déjà été l'année dernière sous le feu des critiques pour ses déclarations sur la hausse de son salaire de 51,7% en 2021 (après une baisse de 36,4% en 2020) à 5,94 millions d'euros, un montant au cœur d'une polémique cet automne, en plein conflit salarial dans les raffineries du groupe.

(Avec AFP)

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