"Le pass Navigo devient un pass fluvial grâce à Batobus" (Valérie Pécresse)

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L'objectif est de faire découvrir aux parisiens et aux franciliens le transport fluvial, trop perçu comme uniquement touristique.
L'objectif est de faire découvrir aux parisiens et aux franciliens le transport fluvial, trop perçu comme uniquement touristique. (Crédits : Batobus)
Les détenteurs d'un pass annuel Navigo (ou Imagine R) pourront naviguer sur la Seine aussi souvent qu'ils le souhaiteront pour la somme de 40 euros par an, en plus du forfait "de base".

Retour aux sources ? Désormais "le pass Navigo devient un pass fluvial grâce à Batobus pour 40 euros par an", a annoncé Valérie Pécresse, la présidente du Stif (syndicat des transports d'Ile-de-France) et de la région mardi matin lors d'un point presse. "Nous voulons faire du pass Navigo, le pass de toutes les mobilités", a-t-elle rappelé. Aussi se réjouit-elle:

 "La Seine est aujourd'hui un axe délaissé par les transports en commun. En 2013 déjà, j'avais pris position pour l'exploitation de nouvelles offres de services de navettes fluviales de transports réguliers sur la Seine. Je ne peux donc que saluer l'initiative de Batobus pour la mise en place de son pass annuel".

Concrètement, les détenteurs d'un pass annuel Navigo (ou Imagine R) pourront naviguer sur la Seine aussi souvent qu'ils le souhaiteront pour la somme de 40 euros par an. Ils bénéficieront en effet d'un tarif préférentiel par rapport aux autres usagers qui pourront néanmoins acheter un pass annuel pour profiter de manière illimitée de la flotte des neuf Batobus pour 60 euros. Cette offre pourrait soulager le trafic du RER C, qui suit également le cours de la Seine.

Batobus compte huit bateaux desservant neuf stations sur les rives droite et gauche de Paris, entre Beaugrenelle (15e arrondissement) et le Jardin des Plantes (5e), en passant par l'île de la Cité. Une dixième station, à Invalides, est prévue en 2017.

Faire découvrir aux parisiens le transport fluvial

L'objectif est de faire découvrir aux parisiens et aux franciliens le transport fluvial, trop perçu comme uniquement touristique, explique Valérie Pécresse. Avec l'idée d'inscrire Batobus dans la chaîne de l'intermodalité. Car pour l'heure en effet, ce sont les touristes qui composent l'essentiel de la clientèle annuelle de Batobus, soit 1,8 million de passagers en moyenne.

Certes, dans un premier temps, ce sont peut-être les étudiants qui seront d'avantage séduits par cette nouvelle offre, concède Valérie Pécresse. Et pour cause, les Batobus - qui ne changeront pas leurs horaires - n'ouvrent qu'à 10h. Ce qui fait tard pour les gens qui travaillent aux heures de bureau. Cependant, "à Paris, les déplacements domicile-travail représentent seulement 30% des déplacements", précise l'élue.

En outre,  l'étude du Stif sur les voyageurs qui sera présentée au mois de juin permettra de répondre au mieux aux besoins des voyageurs en présentant des solutions viables sur le long terme. Cette enquête s'appuyera sur des exemples étrangers et tirera également les enseignements de l'échec de Voguéo. Elle examinera les besoins de "passeurs de rives", pour relier un côté du fleuve à un autre. L'étude s'attachera également à explorer les possibilités offertes pour les différentes innovations dans le domaine permettant de proposer des nouveaux types de transports, comme la solution de "SeaBubbles", que souhaite développer Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Du Grand Paris des bus, aux parking relais permettant de déposer son véhicule en petite et grande couronne, en passant par le fret ferroviaire et les projets de téléphériques urbains en Ile-de-France, aussi bien avec des cabines suspendues que des véhicules automatiques sur câbles, "l'objectif de la région est de faire la révolution des transports, en développant tous les modes et en jouant sur les transports innovants", rappelle Valérie Pécresse. Avant d'insister: "La région défend une politique incitative et croit au changement de comportement. D'où des offres avantageuses, aussi bien en termes de tarifs que d'innovation", à l'instar de ce partenariat avec Batobus, pour les Parisiens en quête d'un "mieux vivre" surtout en période de fermeture des berges de Seine à la circulation, pointe-t-elle.

Cela dit, "cette offre n'est pas concurrente en termes de rapidité avec les autres modes de transport", a reconnu Valérie Pécresse, "mais elle est confortable, agréable, et moins polluante".

Et de conclure:

"Aujourd'hui le fluvial, demain le vélo, le câble, le parking, l'autopartage, le covoiturage : nous sommes en train de travailler avec tous les acteurs. Et à terme, le pass navigo sera smart, dématérialisé sur carte bancaire ou sur mobile".

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Commentaires
a écrit le 18/01/2017 à 12:50 :
Vaut mieux tard que jamais
a écrit le 18/01/2017 à 4:04 :
Ce que démontre Mme Pécresse avec sa politique volontariste pour la région , est réalisable pour La France également , contrairement à la gestion calamiteuse d'un Huchon que paye malheureusement les " sans-dent " d'Ille-de-France , comme d'ailleurs l'ensemble des Français sous gouvernance socialiste dans laquelle ils avaient espérés en votant pour des promesses qui ne furent que des mensonges ! Souhaitons que cela ne se reproduise plus .
a écrit le 17/01/2017 à 21:03 :
Une idée très intéressante, déjà proposée par mon arrière grand-père, André Jozan
en 1886 ! Ingénieur des Ponts-et-Chaussées de Paris, il avait déjà aidé Gustave Eiffel
dans la conception des piliers de la tour dans la gadoue du Champs de Mars. Il avait
aussi étudié le cours de la Seine depuis Auxerre et indiqué ou placer des retenues pour éviter une crue historique de Paris. Il est décédé en 1897 et aucuns des travaux qu'il avait recommandés n'avait été lancé. On a vu ce que cela a donné en 1910 !
a écrit le 17/01/2017 à 20:46 :
C'est une idée qui mérite d'être creusée, mais comme de novembre à avril le service se termine à 17h je ne vos pas bien que soulagement va être apporté au RER C, à part aux heures où il est déjà presque vide. A tester à partir d'avril.

Par ailleurs je ne sais pas si ces bateaux peuvent se dire moins polluants que les transports en commun déjà existants. Je suppose que le conseil régional a vérifié avant de s'exprimer que ces trimarans n'avaient pas une motorisation au charbon, mais ça me surprendrait beaucoup qu'ils avancent avec des matelots qui pédalent, ou à la force du vent. Cela dit c'est certain qu'une navette de 200 places polluera moins que 200 voitures individuelles.
a écrit le 17/01/2017 à 16:37 :
Ce sont les Anglosaxons qui vont être contents d'être "stiffed" par le syndicat des transports d'Ile-de-France :-)

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