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ÉconomieInternational

Argentine : le président Milei peine à faire voter son train de réformes ultra-libérales

latribune.fr

Publié le 02 février 2024 à 07:14 - Mis à jour le 02 février 2024 à 07:14

Démesuré, avec 664 articles dans sa version initiale, le train de réformes voulues par Javier Milei, baptisé « loi omnibus », a été détricoté à mesure de tractations parlementaires.

Démesuré, avec 664 articles dans sa version initiale, le train de réformes voulues par Javier Milei, baptisé « loi omnibus », a été détricoté à mesure de tractations parlementaires.

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En Argentine, la rue a bousculé jeudi le débat parlementaire sur les réformes du président ultralibéral Javier Milei. L'examen de ce projet de loi est censé reprendre vendredi, au lendemain du coup d'éclat des députés d'opposition qui ont momentanément quitté l'hémicycle. Ce, pour dénoncer la « répression » d'une manifestation par la police.

L'élection du président ultralibéral Javier Milei en décembre dernier n'en finit plus de faire des vagues. Alors que les parlementaires examinent depuis mercredi le vaste et polémique train de réformes ultra-libérales, des manifestants mobilisés à l'appel de mouvements de gauche radicale, ont affronté la police.

Jeudi soir, les forces de l'ordre ont tiré des balles en caoutchouc, recourant aussi à des canons à eau et au gaz lacrymogène, pour disperser des centaines de manifestants et dégager des axes de circulation aux abords du Parlement, a constaté l'AFP. Plusieurs bousculades ont eu lieu mais sans dégénérer en affrontements violents. Le syndicat de presse de Buenos Aires, SiPreBA, a pour sa part recensé une quinzaine de journalistes touchés par des balles en caoutchouc, dont un au visage.

L'opposition a demandé en vain un ajournement du débat

Les députés de partis d'opposition, notamment de gauche, sont sortis jeudi soir à l'extérieur pour observer les incidents. « On ne peut pas siéger de cette façon », a lancé le député Mariano Del Caño. Le parti d'opposition modérée UCR (centre-droit) avait auparavant mis en garde contre une « dangereuse avancée répressive alimentée par l'exécutif ».

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Revenus dans l'hémicycle, ils ont demandé, en vain; un ajournement du débat, qui s'est poursuivi jusqu'après minuit. Après un face-à-face encore tendu jeudi soir entre des grappes de manifestants et des cordons de police qui s'efforçaient de les maintenir sur les trottoirs, les abords du Parlement étaient vidés autour de minuit. Mercredi, déjà, une manifestation de plusieurs milliers de personnes avait dérapé en soirée, conduisant la police à faire usage de gaz lacrymogène. Six personnes avaient été interpellées et toutes remises en liberté jeudi.

Le train de réforme détricoté par les parlementaires

Démesuré, avec 664 articles dans sa version initiale, le train de réformes voulues par Javier Milei, baptisé « loi omnibus », a été détricoté à mesure de tractations parlementaires, en commissions, et selon des sources législatives dans la presse, ne comporterait plus que 224 dispositions.

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Deux aspects surtout génèrent des résistances : l'étendue de privatisations, avec 40 entreprises visées, et la délégation de pouvoirs accrus à l'exécutif, pour une période limitée, au nom de « l'urgence économique », en matière tarifaire, énergétique, fiscale notamment. L'opposition redoute que cela n'autorise à imposer par décret des réformes que le Parlement aurait rejetées. Les députés devaient reprendre le débat vendredi matin, en vue d'un premier vote sur le principe de la loi, avant d'examiner les articles dans le détail.

Le président argentin Milei assure depuis son arrivée au pouvoir il y a près de deux mois, qu'il n'y a « pas de plan B », « pas d'alternative à l'austérité et la dérégulation, pour stabiliser une économie structurellement endettée, et saoule d'une inflation record à 211% sur un an ».

Le FMI convaincu par le pragmatisme de Milei

Javier Milei a reçu jeudi le soutien de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) qui a approuvé le déblocage d'un versement d'environ 4,7 milliards de dollars à l'Argentine. « La nouvelle administration prend des mesures audacieuses pour restaurer la stabilité macroéconomique et commencer à s'attaquer aux obstacles à la croissance », a déclaré Kristalina Georgieva, dans un communiqué à l'issue d'une réunion du conseil d'administration.

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Ce dernier a approuvé le versement de 4,7 milliards de dollars au pays sud-américain dans le cadre du programme de restructuration de sa dette. La patronne du FMI a également estimé que les mesures initiales prises par le gouvernement de Javier Milei, élu en décembre dernier, ont « permis d'éviter une crise de la balance des paiements ». Toutefois, « le chemin vers la stabilisation sera difficile », a-t-elle prévenu. Cette aide du FMI avait été annoncée le 10 janvier par l'institution basée à Washington, mais restait conditionnée à l'approbation de son conseil d'administration.

En échange de ce versement, Buenos Aires s'engage à atteindre cette année un excédent budgétaire (avant paiement des intérêts de la dette) équivalent à 2% du produit intérieur brut (PIB) du pays. Il s'agit de la septième révision de l'accord sur la restructuration de la dette de 44 milliards de dollars contractée par l'Argentine auprès de l'institution.

Seul pays du G2O en récession en 2023

L'urgence est là : alors qu'il anticipait jusqu'ici une croissance de 2,8% cette année en Argentine, le FMI a fortement révisé mardi ses prévisions et s'attend désormais à une récession de l'économie locale en 2024, avant une reprise en 2025.

Pour l'année en cours, le pays devrait être le seul pays du G20 en récession, de 2,8% cette année, une révision de 5,6 points de pourcentage par rapport à la première estimation en octobre dernier, avant une reprise attendue à 5% l'année prochaine, selon l'actualisation du rapport sur l'économie mondiale (WEO) du FMI.

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En cause, selon l'institution : « l'important ajustement politique en cours pour restaurer la stabilité macroéconomique » du pays, confronté à une crise économique sans précédent, marquée notamment par l'envolée de l'inflation, qui a atteint un taux annuel record de 211% en 2023. Cette inflation s'explique notamment par « le réalignement des prix et l'élimination du contrôle légal des prix » existant jusqu'ici pour limiter leur hausse, mais aussi par « la dépréciation de la monnaie ».

(Avec AFP)

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