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Biden reçoit les dirigeants polonais pour les rassurer sur le soutien américain à l'OTAN

latribune.fr

Publié le 12 mars 2024 à 12:17 - Mis à jour le 12 mars 2024 à 12:17

Le president francais macron rencontre le premier ministre polonais tusk a paris

Le president francais macron rencontre le premier ministre polonais tusk a paris

POOL

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le président américain va recevoir son homologue polonais ainsi que le Premier ministre Donald Tusk ce mardi à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de l'entrée de la Pologne dans l'Otan. L'alliance atlantique sera justement au centre de cette rencontre alors que le candidat à la Maison blanche Donald Trump menace de ne pas aider les membres attaqués par la Russie s'il est élu.

La Pologne veut s'assurer du soutien des Etats-Unis. Joe Biden tentera mardi de rassurer le président et le Premier ministre polonais, qu'il reçoit à la Maison Blanche. La rencontre qui aura lieu dans la soirée, coïncidant avec le 25ème anniversaire de l'entrée de la Pologne dans l'Otan, sera notamment l'occasion de préparer le prochain sommet de l'alliance transatlantique à Washington.

Le président américain entend aussi réaffirmer avec son homologue Andrzej Duda et le Premier ministre Donald Tusk un « indéfectible engagement pour la défense de l'Ukraine face à la brutale agression de la Russie », a fait savoir la Maison Blanche.

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Face à la menace russe, la Pologne appelle les membres de l'Otan à augmenter leur budget défense à 3% du PIB

Adversaires sur le plan politique, le président conservateur et le Premier ministre pro-européen ont affiché avant ce voyage une volonté de cohésion. « Je suis en désaccord politique avec le président Andrzej Duda sur presque tous les sujets, mais en ce qui concerne la sécurité de notre patrie, nous devons agir ensemble et nous le ferons. Pas seulement lors de la visite aux Etats-Unis », a écrit Donald Tusk lundi sur le réseau social X (ex-Twitter).

Z prezydentem Andrzejem Dudą różnię się politycznie niemal we wszystkim, ale w sprawie bezpieczeństwa naszej Ojczyzny musimy i będziemy działać razem. Nie tylko w czasie wizyty w USA.— Donald Tusk (@donaldtusk)March 11, 2024

Car au-delà des divergences politiques, l'exécutif polonais veut surtout s'assurer de l'avenir de l'Otan et du soutien américain à l'alliance.

Lire aussiUkraine : à situation désespérée, soutien démesuré ?

La Pologne milite pour que les membres de l'OTAN augmente leur budget militaire

Andrzej Duda a notamment déclaré lundi que les pays membres de l'organisation transatlantique devraient augmenter leurs budgets militaires, pour passer de 2 à 3% du produit intérieur brut, afin d'envoyer une « réponse claire et audacieuse à l'agression russe ». L'alliance possède actuellement un objectif de dépenses fixé à 2% du PIB, seuil non respecté par plusieurs pays. La Pologne, quant à elle, consacre déjà environ 4% de son PIB à la défense, via en particulier d'importants achats d'armement américain.

Pour le président polonais, l'Alliance doit apporter une « réponse claire et audacieuse à l'agression russe ». « Cette réponse consistera à accroître les capacités militaires de l'Alliance de l'Atlantique Nord », a-t-il dit. L'Otan « est une alliance défensive, et la défensive signifie que si quelqu'un nous menace, nous réagissons », a déclaré Andrzej Duda.

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Or, Joe Biden se présente comme le garant de l'avenir de l'Otan, tant qu'il sera à la tête des Etats-Unis. Une position qui contraste radicalement avec celle de Donald Trump, son prédécesseur républicain et rival pour la prochaine présidentielle américaine de novembre.

Des craintes après les sorties de Donald Trump

Pour rappel, lors d'un meeting en Caroline du Sud début février, Donald Trump a rapporté une conversation qu'il aurait eue avec un des chefs d'État de l'Otan, (sans le nommer). « Un des présidents d'un gros pays s'est levé et a dit : "Et bien, monsieur, si on ne paie pas et qu'on est attaqué par la Russie, est-ce que vous nous protégerez ?" », a raconté le milliardaire, avant de révéler sa réponse : « Non, je ne vous protégerais pas. En fait, je les encouragerais à vous faire ce qu'ils veulent. Vous devez payer vos dettes ».

Lire aussiQui veut sauver le soldat Biden ?

Au lendemain de cette déclaration, Joe Biden avait alors répondu que les propos de l'ex-président républicain ont signifié clairement « sa volonté d'abandonner les alliés de l'Amérique membres de l'Otan en cas d'attaque russe ». « Le fait que Donald Trump avoue qu'il compte donner le feu vert à Poutine pour davantage de guerre et de violence, pour continuer son assaut brutal contre une Ukraine libre et pour étendre son agression aux peuples de Pologne et des États baltes est affligeant et dangereux », a affirmé Joe Biden dans un communiqué. Un désaveu partagé par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, qui a, de son côté, répondu le 12 février « Soyons sérieux ! Soyons sérieux ! L'Otan ne peut être une alliance à la carte ». « À l'époque où nous vivons, une alliance militaire ne peut fonctionner au gré de l'humeur du président des États-Unis, ce n'est pas : "Oui, non, demain, non, ça dépend". Allons ! l'Otan existe ou bien n'existe pas », s'est-il agacé.

De son côté, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, avait lui mis en garde contre des propos qui « sapent notre sécurité ». « Toute suggestion selon laquelle les Alliés ne se défendront pas les uns les autres sape notre sécurité à tous, y compris celle des États-Unis, et expose les soldats américains et européens à un risque accru », a-t-il déclaré.

L'aide américaine en sursis

En dehors de la question de l'Otan, avec cette rencontre, le gouvernement polonais souhaite aussi sonder la volonté américaine concernant le soutien à l'Ukraine qui semble battre des ailes.

Et pour cause, la communauté du renseignement américain, dans un rapport au Sénat rendu lundi, avertit que « la dynamique est en train de changer de plus en plus en faveur de Moscou » dans la guerre contre l'Ukraine, pour l'instant privée d'aide des Etats-Unis en raison d'un blocage politique au Congrès. Le président américain a toutefois estimé, dans un bref échange avec la presse lundi, qu'il « n'y avait pas besoin de déployer plus de troupes américaines sur la frontière polonaise ». Quelque 10.000 militaires américains sont actuellement positionnés dans le pays.

Reste qu'une partie de la classe politique américaine affirme vouloir tourner le dos à l'Ukraine, notamment les Républicains. Lors d'un discours solennel la semaine dernière, Joe Biden a une nouvelle fois demandé au Congrès américain, de débloquer une enveloppe de 60 milliards de dollars pour l'Ukraine, qui n'a plus reçu d'assistance américaine depuis la fin décembre. La reprise de l'aide bute jusqu'ici sur l'opposition du Parti républicain, maître de l'une des deux chambres du Congrès, la Chambre des représentants.

Et la possible fin de l'aide financière américaine inquiète d'autant plus que le Premier ministre hongrois Viktor Orban est revenu des Etats-Unis avec des nouvelles peu réjouissantes. Ce dernier, qui a rencontré vendredi le candidat républicain dans son fief de Floride a affirmé que Donald Trump lui avait assuré qu'il « ne donnerait pas un centime » à l'Ukraine. « Il a une vision très claire, avec laquelle il est difficile de ne pas être d'accord. Il dit ceci: tout d'abord, il ne donnera pas un centime dans la guerre entre l'Ukraine et la Russie » s'il retourne à la Maison Blanche, a dit le responsable nationaliste dimanche soir sur la chaîne publique M1. « Si les Américains ne versent pas d'argent, les Européens ne pourront pas financer seuls cette guerre. Et donc la guerre sera terminée (car) il est évident que l'Ukraine ne peut pas s'en sortir par ses propres moyens », a-t-il ajouté.

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