Crise du pétrole de l'Essequibo: le Venezuela met en garde le Guyana contre des « interférences » extérieures
latribune.fr
DETAILS Date: 25/01/2024 15:02 Dimensions: 5500 x 3669 Size: 4.3MB Edit Status: new Category: I Topic Codes: DIP LATAM Fixture Identifier: RC21P5A4JN2T Byline: ADRIANO MACHADO City: BRASILIA Country Name: BRAZIL Country Code: BRA OTR: GGGAHM001 Credit:...
Reuters
Les ministres des Affaires étrangères du Guyana et du Venezuela se sont retrouvés ce jeudi au Brésil pour évoquer le litige entre leurs deux pays concernant le territoire de l'Essequibo, revendiqué par Caracas. Le Venezuela a notamment demandé à son voisin de rejeter les interférences extérieures dans la crise qui les oppose.
La crise au Guyana se poursuit. Le Venezuela a appelé ce jeudi le Guyana à rejeter toute « interférence » extérieure dans la dispute qui oppose les deux pays à propos de l'Essequibo, territoire riche en pétrole sous administration guyanienne et revendiqué par Caracas.
Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yvan Gil, et son homologue guyanien Hugh Hilton Todd se sont alors retrouvés jeudi dans la capitale brésilienne Brasilia pour évoquer ce litige qui depuis fin 2023 a fait craindre un conflit dans la région. Le Brésil, qui a des frontières communes avec les deux pays, se pose en médiateur de la crise, sous l'impulsion du président Luiz Inacio Lula da Silva.
A l'issue de cette réunion, le ministre vénézuélien a enjoint le Guyana à « rejeter absolument la possibilité que des tierces parties interfèrent ou puissent tirer profit » de ce conflit. Ce fut « une discussion très franche, très ouverte », a ajouté Yvan Gil. Il a également souligné l'importance de tracer « une feuille de route » pour régler la dispute territoriale par la voie diplomatique, appelant son voisin à « réaffirmer qu'aucune des parties n'en viendra à des menaces ou à invoquer l'usage de la force ».
De son côté, le ministre guyanien a affirmé que son pays reste « engagé à résoudre la controverse (...) d'une manière très pacifique ». Hugh Hilton Todd a cependant réitéré la position de son pays : pour le Guyana, c'est à la Cour internationale de justice de trancher le différend. Cependant, Caracas ne reconnaît pas la compétence de la CIJ.
Le différend de longue date entre Caracas et Georgetown a refait surface après le lancement en septembre 2023 d'appels d'offres pétroliers par le Guyana. De vastes gisements de pétrole ont été découverts en 2015 par ExxonMobil dans l'Essequibo, puis en octobre dernier, faisant du Guyana le pays avec les réserves par habitant les plus élevées au monde, estimées à 11 milliards de barils. Le Venezuela avait alors organisé un référendum le 3 décembre pour rattacher l'Essequibo à son territoire. Pour rappel, quelque 125.000 personnes, soit un cinquième de la population du Guyana, vivent dans cette région, qui couvre les deux tiers de la superficie du pays. Depuis lors, les deux pays campent sur leurs positions.
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D'un côté, Georgetown répète qu'il est souverain sur « l'intégralité » de son territoire et que tout doit passer par la CIJ à La Haye. Il argue notamment que la frontière, datant de l'époque coloniale anglaise, a été entérinée en 1899 par une cour d'arbitrage à Paris. De l'autre, Caracas estime que l'accord de Genève signé en 1966 - avant l'indépendance du Guyana - jette les bases d'un règlement négocié qui doit se poursuivre et soutient que le fleuve Essequibo doit être la frontière naturelle, comme en 1777 à l'époque de l'empire espagnol. Il réclame des négociations hors de la CIJ.
La crise entre les deux pays s'était néanmoins atténuée après un sommet en décembre à Saint-Vincent-et-les-Grenadines entre les présidents vénézuélien Nicolas Maduro et guyanien Irfaan Ali avait fait baisser la température, les deux parties écartant tout « recours à la force ».
Mais la tension était ensuite de nouveau montée avec l'arrivée d'un bateau de guerre britannique fin décembre dans les eaux guyaniennes et des exercices militaires organisés par le Venezuela en guise de réplique.
Selon lui, le Guyana «agit comme l'ancienne Guyana britannique, aujourd'hui colonie des Britanniques sous le mandat des gringos, qui se promènent comme chez eux et font ce qu'ils veulent. Ne vous méprenez pas sur le Venezuela», a-t-il notamment argué.