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ÉconomieInternational

Dette américaine : le taux d’intérêt de l’obligation à 10 ans passe le seuil des 5%, du jamais vu depuis 2007

latribune.fr

Publié le 23 octobre 2023 à 10:39 - Mis à jour le 23 octobre 2023 à 14:36

Le gouvernement de Joe Biden va devoir emprunter plus cher à l'avenir.

Le gouvernement de Joe Biden va devoir emprunter plus cher à l'avenir.

Reuters

Le Quotidien Numérique

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L’obligation assimilable du Trésor des Etats-Unis s’est établie à 5% ce lundi. Un taux d’intérêt au plus haut depuis 2007 pour le gouvernement américain qui va renchérir la charge de sa dette.

[Article publié le lundi 23 octobre 2023 à 12h39 et mis à jour à 16h36] Les Etats-Unis vont maintenant devoir emprunter de l'argent à 5% de taux d'intérêt par an, une première depuis novembre 2007, au début de la crise financière des subprimes. L'obligation assimilable du Trésor à horizon 10 ans, qui permet aux Etats-Unis d'emprunter de l'argent sur les marchés financiers mondiaux a atteint ce seuil symbolique ce lundi matin.

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La Bourse de New York évoluait en léger repli lundi, pénalisée par la hausse des taux d'intérêt. L'indice Dow Jones qui avait démarré plus profondément dans le rouge, cédait 0,11% vers 14H20 GMT. Le Nasdaq, où se concentrent les valeurs technologiques, lâchait 0,06%. L'indice élargi S&P 500 cédait 0,08%. Les taux d'intérêt sur les bons du Trésor à dix ans ont passé brièvement le seuil des 5% en début de séance, plus haut niveau depuis 2007. Mais une heure après l'ouverture new-yorkaise, ils se repliaient à 4,90%.

Cette nouvelle donnée financière est un véritable épine dans le pied du gouvernement américain puisque celui-ci va devoir emprunter plus cher à l'avenir, alors même que la dette de l'Etat représente 120% de son produit intérieur brut (contre 111% pour la France), et que Joe Biden a bataillé cet été pour faire voter l'augmentation du plafond de la dette à 31.500 milliards de dollars.

La dette américaine est un point d'inquiétude, notamment pour les sénateurs américains, car l'agence de notation Fitch a aussi annoncé le 1er août avoir dégradé la note de la dette américaine à long terme, la faisant passer de AAA à un cran en-dessous, AA+, et l'associant d'une perspective « stable ».

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Des taux directeurs élevés, pour longtemps.

La flambée du taux obligataire n'est donc pas une bonne nouvelle pour le gouvernement Biden qui n'a pas la main sur ce dernier. Si les analystes ne s'expliquent pas complètement la poussée de fièvre récente du marché obligataire, ils reconnaissent que l'augmentation des montants empruntés par le Trésor américain est un des facteurs qui peut expliquer la hausse des rendements, d'autant plus que l'accélération de l'offre de dette se conjugue à un ralentissement de la demande.

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Mais surtout, «la hausse des taux longs tient en partie à la résilience de l'économie américaine et au fait que la Fed, même si elle joue la carte de la prudence, continue de souligner le besoin éventuel d'un durcissement supplémentaire de la politique monétaire», souligne Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche de LBP AM.

La Réserve fédérale américaine a, en effet, établit ses taux directeurs à des niveaux élevés (5,25%-5,5% contre 0% début 2022), et indique les maintenir à ces niveaux pendant encore plusieurs mois, à cause d'une inflation qui stagnait à 3,7% en septembre, après avoir repris de la vigueur durant l'été.

« L'inflation est encore trop élevée, et quelques mois de bons chiffres ne sont que le début de ce qu'il faudra pour être certains que l'inflation baisse durablement vers notre objectif » de 2,0%, a souligné le 19 octobre Jerome Powell, le président de la Fed, avant d'ajouter que « le chemin risque d'être semé d'embûches et de prendre du temps ».

Cette inflation collante est due à des hausses de salaires dans un marché du travail tendu où les employés peuvent faire pression sur les entreprises. Mais les prix sont surtout tirés vers le haut à cause de la cherté du pétrole, qui flirte avec les 90 dollars le baril depuis plusieurs semaines. Surtout, le risque d'embrasement du conflit au Proche-Orient fait craindre une flambée des prix de l'or noir en cas d'utilisation de l'or noir comme arme de guerre économique par les pays producteurs.

Dans un rapport publié vendredi dernier, l'institution monétaire a estimé qu'une escalade des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient « ou une aggravation d'autres tensions géopolitiques pourraient réduire l'activité économique et stimuler l'inflation à l'échelle mondiale », ravivant la nervosité du marché obligataire. « Des spécialistes estiment que le baril pourrait atteindre 150 dollars ce qui serait la catastrophe pour l'activité économique », s'inquiète Valentin Nicaud, analyste de marché chez le courtier Bourse Direct, interrogé par La Tribune.

Une situation similaire dans d'autres pays

Le coût d'emprunt ne va pas augmenter que pour l'Etat américain, la situation étant similaire pour de nombreux autres pays dans le monde. Les taux d'emprunts des bons du Trésor britanniques à 30 ans se sont ainsi hissés à 5,26% ce lundi, un niveau plus vu depuis 1998, dépassant les sommets atteints lors de la crise des marchés déclenchée en septembre 2022 par l'ex-Première ministre britannique Liz Truss.

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En France,  l'obligation à 10 ans atteint maintenant un taux à 3,58%, au plus haut depuis 2011, période de la crise de la zone euro. Là encore, c'est la politique de la Banque centrale européenne qui est grandement responsable de cette flambée des taux d'intérêts puisque cette dernière a établi ces taux directeurs sur une fourchette de 4% à 4,75%, au plus haut depuis la création de l'euro en 1999. Une politique monétaire restrictive, qui, comme son homologue américaine, est vouée à juguler l'inflation, qui stagne encore à 4,3% en zone euro en septembre.

(Avec AFP)

latribune.fr

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