Etats-Unis : le début de mandat très offensif de Trump

 |   |  1000  mots
L'administration Trump a déjà apposé sa marque sur de nombreux secteurs.
L'administration Trump a déjà apposé sa marque sur de nombreux secteurs. (Crédits : © Kevin Lamarque / Reuters)
Le 45e président des Etats-Unis multiplie les décrets dans de nombreux domaines pour imprimer sa marque, avant de devoir composer avec le Congrès.

Aussitôt élu, Donald Trump a profité de son nouveau pouvoir pour montrer aux Américains qu'il respecte à la lettre son slogan de campagne, "America First" (L'Amérique d'abord), en prenant toute une série de décisions symboliques mais dont la portée est variable. En effet, tout changement ou abrogation d'une loi, quelle qu'elle soit, devra passer par le Congrès, certes à majorité républicaine, mais qui pourrait demander des compromis à Donald J Trump.

La santé : entraver l'Obamacare

C'était l'une de ses promesses phares pendant la campagne : "abroger et remplacer" l'Affordable Care Act, qui a permis à des millions d'Américains de bénéficier d'une assurance santé. En attendant une nouvelle loi, le nouveau président a signé un décret permettant aux services gouvernementaux de "lever, reporter, décaler l'application ou octroyer des exemptions"  pour les dispositions de l'Affordable Care Act imposant des contraintes fiscales aux Etats, sociétés ou personnes. Symboliquement, c'est d'ailleurs le premier décret présidentiel signé par Trump.

L'accueil des réfugiés remis en question

Ce mercredi, c'est via Twitter que Trump a annoncé "une grosse journée consacrée à la sécurité nationale".

Outre sa fameuse promesse de construire un mur "impénétrable" à la frontière avec le Mexique, le nouveau locataire de la Maison Blanche devrait suspendre l'accueil des réfugiés sur le sol américain. En outre, les ressortissants de Syrie, d'Irak, d'Iran ou encore de Libye ne pourront plus obtenir de visa. Selon l'ancien conseilleur juridique en chef d'Obama chargé des services d'immigration, Stephen Legomsky, Donald Trump "est tout à fait dans son droit. Mais d'un point de vue politique, ce serait une idée désastreuse car il y a aujourd'hui de tels besoins humanitaires pour les réfugiés".

Pendant la campagne, le candidat républicain avait proposé d'interdire à tous les musulmans d'entrer aux Etats-Unis, avant de faire machine arrière et de se focaliser sur des pays, plutôt que sur une obédience religieuse.

Le changement climatique : black-out total

Sur le site internet de Trump, aucune rubrique ne fait référence à l'environnement ou au changement climatique. Rien de surprenant, vu son refus d'accepter le consensus scientifique sur le sujet et vu ses déclarations affirmant que le réchauffement climatique était un canular inventé par les Chinois "pour empêcher l'industrie américaine d'être compétitive".

Après avoir nommé un climato-sceptique à la tête de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), Donald Trump a imposé un black-out médiatique à cette dernière. Selon Associated Press, il lui a interdit d'envoyer des communiqués de presse ou de poster sur les réseaux sociaux.

En outre, selon deux employés de l'EPA, la nouvelle administration voudrait retirer la page consacrée au changement climatique du site gouvernemental. "Si l'on efface cette page, ce sont des années de travail que nous avons fait sur le changement climatique qui disparaîtront" a expliqué l'un des employés à Reuters. Un effacement déjà pratiqué sur le site internet de la Maison Blanche, où toutes les références liées au changement climatique ont disparu.

Lire aussi : Trump peut-il remettre en question l'accord de Paris ?

Energie : oil first

Donald Trump a signé mardi deux décrets pour relancer la construction d'oléoducs. Le premier, baptisé "Keystone XL", doit permettre d'accélérer le transport du pétrole de la province canadienne de l'Alberta vers le Golfe du Mexique. Barack Obama avait suspendu le projet en novembre 2015 après une large mobilisation. Les opposants critiquaient la provenance du pétrole, extrait à partir des sables bitumeux, ce qui produit énormément de gaz à effet de serre. Ils affirmaient aussi que le pétrole n'allait pas réduire la dépendance américaine à l'or noir du Moyen-Orient, car la production aurait été exportée et non consommée sur place.

Le deuxième projet relancé par l'administration Trump est celui du "Dakota Access Pipeline". Il s'étendrait sur près de 1.900 kilomètres et partirait du Dakota du Nord, un des principaux pôles de production de gaz et de pétrole de schiste aux Etats-Unis. Selon ses promoteurs, il permettrait de réduire les coûts de transport du pétrole et offrirait ainsi aux producteurs américains une opportunité de concurrencer davantage leurs rivaux canadiens.

Mais le projet à 3,8 milliards de dollars a soulevé un vaste mouvement de protestation portée par la tribu sioux de Standing Rock qui assure que l'oléoduc traverse des terres sacrées et risquerait de polluer un lac qui est sa principale source d'approvisionnement en eau. Des opposants se sont rassemblés pendant plusieurs mois dans le Dakota du Nord pour bloquer les travaux, provoquant une répression musclée des forces de l'ordre. Les autorités américaines avaient mis fin au conflit en décembre en recommandant d'étudier un tracé alternatif.

Le libre-échange : menaces et retrait

Après avoir fait campagne sur des thématiques protectionnistes et isolationnistes, Donald Trump a décidé mettre fin à la participation des Etats-Unis au traité de libre-échange transpacifique (TPP), âprement négocié pendant des années par l'administration Obama. Signé en 2015, il n'avait cependant jamais été ratifié et donc n'était jamais entré en vigueur.

Prochaine cible du président : l'Aléna (Accord de libre échange nord-américain) signé avec le Mexique et le Canada en 1994. Donald Trump menace de s'en retirer si les renégociations n'aboutissent pas à un "accord équitable". De son côté, le Mexique a indiqué qu'il n'hésiterait pas à se retirer également si le locataire de la Maison Blanche persistait à vouloir construire son mur à la frontière.

(Avec Reuters et AFP)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 27/01/2017 à 0:38 :
Pourquoi les mexicains pariaient-ils? On peut isoler les USA.
a écrit le 26/01/2017 à 13:46 :
On l'aime ou pas, mais j'ai envie de dire et ce pas pour ça que je soutiens Trump mais enfin un "politicien" qui tient ses promesses!

Si nos politiciens en Europe (je prends l'exemple de Tsipras parce que je suis grec et de Charles Michel parce je vis en Belgique) pouvaient faire de même mais ils ne sont que les marionnettes du capitalisme.
a écrit le 25/01/2017 à 22:05 :
Sachant qu'il y a (officiellement) 5% de chômeurs aux USA, rapatrier des sites de productions aux USA ne va pas être simple, car où iront-ils chercher les ouvriers, surtout s'ils mettent les immigrés dehors. J'ai l'impression qu'il ne sait pas que les USA sont un pays bien plus protectionniste que pas mal d'autres notamment en Europe.
Ce type est le premier président ISO 9001 "je fais ce que j'écris et j'écris ce que je fais". Sauf qu'il a oublié de réfléchir avant à ce qui était intelligent et ce qui ne l'était pas. Faire uniquement des tweets n'incite pas à une profonde réflexion.
Réponse de le 26/01/2017 à 13:41 :
Petite rectification mjj: 5% c'est le taux de demandeur d'emploi aux USA, la réalité est tout autre, beaucoup ne s'inscrivent pas comme demandeur d'emploi afin de bénéficier de l'aide alimentaire ...
a écrit le 25/01/2017 à 15:36 :
"Les ressortissants d'Iran ne pourront plus obtenir de VISA"...

Excusez moi, je cherche l'actualité dans cette affirmation.
Réponse de le 25/01/2017 à 21:44 :
affirmatif!
Réponse de le 25/01/2017 à 22:22 :
@matthieu: il existe probablement des gens riches ou qui voyagent pour affaires en Iran. D'autre part, il y a tous ceux qui ont une double nationalité (http://www.bbc.com/news/world-us-canada-35128684). Attention donc à l'arbre qui cache la forêt avant de se lancer dans des commentaires peu réfléchis :-)
Réponse de le 26/01/2017 à 16:46 :
Houlà PatrickB, c'est un viel article ça, pas en rapport avec l'actualité du jour.

Par contre ayant, pour le coup, été en Iran en Juillet dernier j'apprends (via votre article) qu'il me faut un VISA si je veux retourner aux USA. Pas que j'en avais l'intention ceci-dit.
a écrit le 25/01/2017 à 13:14 :
Pour les réfugiés d'Irak et de Syrie : de par l'intervention intempestive et unilatérale de 2003, les Etats Unis, et en particulier les Républicains, portent une lourde responsabilité dans le cancer islamiste qui ronge cette région. Tant Bachar que Saddam savaient tenir les islamistes en respect (et en prison). La responsabilité US dans ce chaos est écrasante. S'ils tenaient tant que ça à renverser Saddam ou à faire partir Bachar, il fallait prévoir l'après, c'est à dire installer des régimes suffisamment forts pour tenir tête victorieusement à l'hydre islamiste.
Réponse de le 25/01/2017 à 21:17 :
N'oublions pas aussi que les USA avait permis l'émergence des premières structures d'Al Qaida au début des années 80.
Réponse de le 25/01/2017 à 22:37 :
@rryv : très juste, l'URSS (de par l'occupation de l'Afghanistan) et les USA (en soutenant les islamistes qui y combattaient l'occupant soviétique) figurent parmi les géniteurs d'Al Qaeda.
Réponse de le 26/01/2017 à 13:39 :
Tout à fait exact, vous avez tout deux raison! Les Ricains qui foutu le b.... dans le monde, notamment avec leurs grandes banques ....

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :