Les entreprises négligent encore trop les enjeux de la biodiversité
Patrick Cappelli
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
Patrick Cappelli
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Reuters
La biodiversité serait-elle le parent pauvre des politiques RSE des entreprises ? Une hypothèse partagée par Pierre Dubreuil, directeur général de l'OFB (Office français de la biodiversité) : « ce sujet est moins pris en compte que celui du dérèglement climatique.
Tout a commencé au sommet de Rio de 1992. Les trois conventions - climat, biodiversité et diversification - étaient au même niveau. Depuis, le changement climatique est devenu la principale préoccupation. L'obligation de reporting extra financier, qui est à l'origine de la RSE dans les entreprises, n'intègre la biodiversité que depuis 2017 ». Autre indice : la Task Force on Nature-related Financial Disclosures (TNFD), nouveau mécanisme de reporting sur les risques posés par la perte de biodiversité, entrera en activité cette année pour une première publication de recommandations en 2023, soit six ans après la TCFD, son équivalent pour le climat.
À lire également
Néanmoins, la protection des milieux naturels et du vivant remonte doucement sur l'échelle des urgences RSE. En 2020, le Forum Economique Mondial l'a placée pour la première fois à la troisième place de son Top 10 des risques majeurs. « L'Observatoire National de la Biodiversité a calculé, sur la base des rapports RSE publics des entreprises du CAC 40, que l'indice de prise en compte de la biodiversité a augmenté de 21 % sur la période 2013/2017 » précise Pierre Dubreuil. Reste que cette thématique est plus difficile à saisir que celle du réchauffement. Calculer ses émissions de GES (gaz à effets de serre) et faire baisser son empreinte carbone est (relativement) simple et les entreprises savent le faire. Comprendre leur impact sur un milieu naturel, zone humide ou forêt primaire, et prendre des mesures concrètes pour y remédier s'avère beaucoup plus complexe. « L'enjeu de biodiversité est majeur, et probablement de même ampleur que celui du climat. Mais cette notion de « service rendu par la nature » est plus difficile à appréhender par le public » estime Hervé Casterman, directeur environnement d'Engie. Ce qui pose aussi un problème de compétences spécifiques sur ce sujet : les entreprises qui emploient des écologues sont encore peu nombreuses.
Patrick Cappelli