L'Europe engage la bataille du leadership pour un capitalisme durable au 21ème siècle
Ingrid Labuzan
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Ce 21 avril, la Commission européenne présente son projet de révision de la directive sur le reporting extra-financier des entreprises (NFRD). A première vue, le sujet est technique, réglementaire. En réalité, il s'agit là d'un test majeur pour l'Union européenne. Une occasion d'exercer son influence en dehors de ses frontières, mais aussi une avancée supplémentaire dans la redéfinition du capitalisme qu'elle entend pratiquer.
En révisant le texte de 2014 sur le reporting extra-financier, c'est une bataille pour sa souveraineté économique et financière, mais aussi pour la promotion de son modèle de pensée, qu'engage l'UE.
A la clé, une valorisation des sociétés qui dépasse le strict champ financier et une standardisation qui facilitera les comparaisons.
Ne voir dans ce texte qu'une énième initiative en matière de reporting serait réducteur. Parmi les objectifs, éviter un naufrage similaire à celui des normes comptables IFRS.
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Dans les faits, une domination du modèle de notation extra-financier américain constituerait un véritable handicap pour les entreprises européennes. Si certains critères américains se rapprochent du schéma européen, d'autres ne correspondent pas à notre réalité économique, comme l'intégration du gaz de schiste ou des notions ethniques. Olivia Grégoire estime une coexistence possible entre les deux standards, le modèle s'appliquant étant celui du lieu où le chiffre d'affaires est réalisé. Ce qui ne l'empêche pas de souhaiter que les normes européennes - reflet de notre mode de pensée et de nos valeurs - s'imposent comme normes internationales.
Ingrid Labuzan