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Les Etats-Unis font pression sur le Panama pour qu'il retire son pavillon de complaisance aux bateaux iraniens

latribune.fr

Publié le 14 mars 2024 à 07:28 - Mis à jour le 14 mars 2024 à 07:28

Le Panama est l'un des principaux pays pavillons de complaisance au monde. Selon les données officielles, 8.500 navires sont immatriculés dans le pays.

Le Panama est l'un des principaux pays pavillons de complaisance au monde. Selon les données officielles, 8.500 navires sont immatriculés dans le pays.

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Les Etats-Unis ont exhorté mercredi le Panama à retirer son pavillon aux navires iraniens, soupçonnés d'utiliser des bateaux pétroliers battant pavillon du pays d'Amérique centrale pour échapper aux sanctions imposées par Washington.

Les Américains ne font pas dans la complaisance avec le Panama. Les autorités de ce petit pays d'Amérique centrale ont été sommés par les Etats-Unis de retirer son pavillon aux navires iraniens, soupçonnés de l'utiliser pour échapper aux sanctions.

Le Panama est l'un des principaux pays pavillons de complaisance au monde. Selon les données officielles, 8.500 navires sont en effet immatriculés dans le pays. Les Etats-Unis soupçonnent l'Iran d'utiliser certains de ces navires pour transporter du pétrole ou des produits pétroliers afin de financer des groupes pro-iraniens que Washington considère comme terroristes. Selon Abram Paley, envoyé spécial de l'Iran aux Etats-Unis, au moins six navires battant pavillon panaméen auraient violé les sanctions américaines depuis janvier.

«L'Iran et ses groupes affiliés tentent d'échapper aux sanctions ici au Panama, ils essaient d'abuser de l'enregistrement du pavillon au Panama », a assuré le diplomate lors d'une visite au Panama.

L'Iran est soumis à de sévères sanctions économiques imposées par les Etats-Unis

Abram Paley a expliqué lors d'une conférence de presse se trouver dans ce pays pour s'assurer que « le registre maritime et la juridiction du Panama ne sont pas utilisés de manière abusive par des entités qui tentent de se soustraire » aux « sanctions » américaines « contre l'Iran ».

Lire aussiGolfe d'Oman : la Chine, la Russie et l'Iran mènent des exercices militaires non loin de la mer Rouge

La République islamique est soumise à de sévères sanctions économiques imposées par les Etats-Unis sous Donald Trump qui s'étaient retirés unilatéralement en 2018 de l'accord nucléaire international, conclu trois ans auparavant et prévoyant des limitations au programme nucléaire iranien. En riposte, Téhéran avait commencé à s'affranchir de ses engagements dictés par ce pacte avant de ralentir en cours d'année dernière son rythme de production d'uranium enrichi à 60%, alors que des pourparlers informels avaient repris avec les Etats-Unis.

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Mais l'Iran a de nouveau accéléré fin 2023. « Nous espérons que le gouvernement panaméen continuera à travailler avec nous sur la base de ses lois nationales et de ses obligations internationales », a ajouté l'envoyé spécial.

Les Etats-Unis et l'Iran se vouent une rancœur profonde depuis la révolution islamique de 1979. Et leurs relations se sont encore détériorées depuis l'attaque sanglante du Hamas, soutenu par la république islamique d'Iran, le 7 octobre en Israël, soutenu par les Etats-Unis.

La Russie contourne aussi les sanctions avec une «flotte fantôme»

La Russie, aussi, a mis en place une « flotte fantôme », son moyen privilégié pour les contourner. Fin février, à  la veille du deuxième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine, les Etats-Unis ont ainsi inscrit sur liste noire 14 pétroliers utilisés par la Russie afin de faire respecter le plafond imposé par l'Occident du prix du pétrole brut vendu par Moscou.

Une « flotte fantôme » désigne des navires commerciaux qui ne sont pas détenus par les pays du G7 ou de l'UE, ou qui n'utilisent pas d'assurance P&I (une assurance spécifique au transport maritime qui indemnise de façon illimitée les dommages au tiers), selon la définition de la Kyiv School of Economics (KSE). La réelle propriété des navires est souvent difficile à déterminer, en raison d'assemblages de sociétés à l'origine floue et d'intermédiaires compliquant la tâche.

«Les compagnies maritimes basées aux Émirats arabes unis constituent le cœur de la flotte fantôme russe» affirme l'institut KSE, avec cinq nouvelles sociétés de transport «dont l'organisation et la structure de propriété ne sont pas transparentes» qui ont commencé à transporter du brut russe depuis novembre 2023 sans assurance P&I. «Les trois premiers pavillons des navires de la flotte fantôme russe (...) sont le Panama, le Libéria et le Gabon» note par ailleurs l'institut.

À lire également

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En plus de permettre à la Russie d'échapper aux sanctions occidentales, cette flotte représente un danger environnemental conséquent. Ces navires vieillissants, souvent sans assurance, n'ont pas fait l'objet d'un entretien de qualité ou n'ont pas été inspectés récemment, affirme Lloyd's List Intelligence, présentant ainsi des risques environnementaux importants.

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