Mer Rouge : le Conseil de sécurité de l'ONU exige l'arrêt « immédiat » des attaques des Houthis
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(Photo d'illustration).
HOUTHI MILITARY MEDIA
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Le Conseil de sécurité de l'ONU montre les muscles face aux attaques des Houthis, qui affirment agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza, contre des navires commerciaux en mer Rouge.
Le Conseil de Sécurité de l'ONU « exige que les Houthis mettent un terme immédiat à de telles attaques, qui entravent le commerce international et sapent les droits et les libertés de navigation, ainsi que la paix et la sécurité de la région ». Insistant sur le respect du droit international, il « prend note » du droit des Etats membres à défendre les navires contre les attaques.
La résolution, notant les violations à « large échelle » de l'embargo sur les armes visant les Houthis, rappelle d'autre part la nécessité pour tous les Etats membres de « respecter leurs obligations » à cet égard et « condamne la fourniture d'armes » aux Houthis, proches de l'Iran.
Selon le dernier rapport des experts mandatés par le Conseil pour surveiller l'embargo sur les armes, daté de novembre, les Houthis « renforcent considérablement leurs capacités militaires terrestres et navales, y compris sous-marines, ainsi que leur arsenal de missiles et de drones, en violation de l'embargo ». Le projet appelle enfin à « s'attaquer aux racines » de la situation, « y compris les conflits contribuant aux tensions régionales ».
Premier allié d'Israël, les Etats-Unis ont mis en place en décembre une coalition internationale pour protéger le trafic maritime des attaques des Houthis, dans cette zone stratégique où transite 12% du commerce mondial. Une coalition dénoncée par la Russie. « Nous ne pouvons pas ne pas être inquiets de la situation actuelle en mer Rouge, mais nous sommes inquiets que les Etats-Unis et leurs alliés préfèrent comme souvent choisir une solution unilatérale par la force », a dénoncé l'ambassadeur russe Vassili Nebenzia.
La Russie, dont les trois amendements au projet de résolution ont été rejetés, voulait notamment ajouter spécifiquement parmi ces facteurs contribuant aux tensions « le conflit dans la bande de Gaza ». Faire ce lien avec Gaza « aurait encouragé les Houthis et créer un dangereux précédent pour le Conseil en légitimant ces violations du droit international », a commenté l'ambassadrice américaine Linda Thomas-Greenfield, s'en prenant au soutien « financier et matériel » de l'Iran aux Houthis.
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« Nous ne devons pas négliger la source du problème. Nous savons que l'Iran est fortement impliqué dans la planification des opérations contre les navires commerciaux en mer Rouge », a-t-elle assuré, appelant Téhéran à faire « un choix ». Mercredi, les armées britannique et américaine ont annoncé avoir abattu 18 drones et trois missiles tirés par les Houthis en mer Rouge, ce que le gouvernement britannique a qualifié de « plus importante attaque » des rebelles yéménites à ce jour.
Ces attaques ont des répercussions majeures sur le trafic de porte-conteneurs en mer Rouge : il a chuté d'environ 70% depuis la mi-novembre en raison des attaques. « Le passage des rouliers en mer Rouge a chuté de 90%. Ils ne passent plus par cette région », précise Ami Daniel, patron d'une entreprise de conseil et d'expertise en transport maritime.
Concernant les vraquiers - transporteurs de vrac -, l'expert estime que leur nombre a chuté de 15%. Seuls les navires pétroliers empruntent toujours autant qu'auparavant le canal de Suez, accessible depuis la mer Rouge. Les données du Fonds monétaire international (FMI) sont sans appel : les volumes transportés via le canal ont chuté de 35% la semaine dernière comparé à la même période de 2023.
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Au même moment, les volumes transitant par le cap de Bonne-Espérance au large de l'Afrique du Sud ont bondi de 67%. « Cela va créer un problème de chaîne d'approvisionnement dans les années à venir parce que ça va prendre du temps avant de se régler », a estimé l'entrepreneur, dont la société utilise l'intelligence artificielle et l'agrégation de données pour conseiller les acteurs du transport maritime. « On n'est pas au niveau du Covid, mais pas loin en termes d'impact sur la chaîne d'approvisionnement. »
(Avec AFP)
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