Pour Lagarde, les taux de la BCE ont atteint un pic : pas de nouvelle hausse en vue
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« Sauf chocs supplémentaires, les taux ne vont pas continuer à augmenter », a estimé Christine Lagarde.
YVES HERMAN
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« Sauf chocs supplémentaires, les taux ne vont pas continuer à augmenter », a estimé Christine Lagarde.
YVES HERMAN
Voilà une sortie peu habituelle de la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde. Lors d'une interview accordée à la chaîne télévisée France 2 jeudi soir, cette dernière a déclaré que les taux d'intérêt directeurs de la zone euro avaient atteint leur pic.
Pour rappel, l'institution a mis en place, pendant pratiquement deux ans, une hausse brutale des taux jusqu'à les porter entre 4 et 4,75% contre 0% début 2022. Lors de sa dernière réunion de mi-décembre, la BCE avait rappelé que la bataille contre l'inflation n'est pas terminée mais avait maintenu ses taux inchangés, pour la deuxième fois consécutive.
Si celle à la tête de la gardienne de l'euro annonce pour la première fois qu'elle exclut de nouvelles hausses de taux, elle ne s'est tout de même pas aventurée sur le terrain des baisses de taux. « Si nous gagnons la bataille contre l'inflation, c'est-à-dire si nous avons la certitude que l'inflation sera bien à 2%, alors les taux commenceront à baisser », a expliqué la présidente de la BCE, faisant référence à son taux d'inflation cible de 2%. « C'est la logique », mais elle se refuse à « donner une date ».
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Christine Lagarde refuse donc de s'avancer, mais ce n'est pas le cas du gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, qui, lors de ses vœux le 9 janvier, a estimé que la BCE devrait bien commencer à baisser ses taux d'intérêt en 2024, mais sans « obstination ni précipitation ». Un point de vu d'ailleurs légèrement plus nuancé que celui qu'il avait affiché un peu plus tôt, en décembre, où il avait annoncé que « le prochain mouvement de la BCE sera, sauf surprise, une baisse », a indiqué le gouverneur.
L'adoucissement de son discours vient d'une hausse des incertitudes des observateurs sur la date de la première baisse des taux. Alors que ,fin 2023, nombre d'analystes tablaient sur une baisse dès le mois de mars, le regain de l'inflation à 2,9% en décembre après 2,4% en novembre laisse penser que cette première étape pourrait être retardée. « Il est peu probable que nous assistions à une baisse avant juin », expliquait à La Tribune en janvier, Alexandre Hezez, stratégiste chez la Banque Richelieu.
Reste que, s'il est encore au-dessus de l'objectif des 2% de la BCE, le rythme de la hausse des prix à la consommation a sensiblement ralenti depuis que le taux d'inflation à atteint un sommet à deux chiffres fin 2022. Un assouplissement de la politique monétaire est d'autant plus probable que l'inflation couplée aux taux hauts augmentant le coût de l'endettement a provoqué un ralentissement de l'économie. La zone euro n'est pas loin d'avoir frôlé une « récession technique » au deuxième semestre de l'année dernière a d'ailleurs affirmé mercredi un haut responsable de la Banque centrale européenne (BCE). Ce dernier met aussi en garde contre les perspectives moroses à venir.
Pour rappel, une récession technique se définit par deux trimestres d'affilée de recul du PIB. Le PIB des 20 pays de la zone euro a déjà reculé de 0,1% de juillet à septembre, selon le haut fonctionnaire. Une contraction de l'activité au quatrième trimestre 2023 est donc probable. Pour la croissance, « les données disponibles indiquent que l'avenir reste incertain et que les perspectives sont orientées à la baisse », a ajouté le vice-président de la BCE, lors de son allocution. Par ailleurs, « les pressions salariales élevées, l'issue des négociations salariales à venir et l'intensification des tensions géopolitiques ajoutent à l'incertitude quant à la trajectoire future de l'inflation », précise Luis de Guindos.
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Une baisse des taux annoncée aux Etats-Unis
Contrairement leurs homologues européens, les responsables de la Réserve fédérale américaine ont annoncé, mi-décembre, tabler sur majoritairement trois ou quatre baisses l'année prochaine, pour amener les taux directeurs américains à 4,6% fin 2024. « », a, de plus, indiqué le président de la Fed, Jerome Powell, ajoutant que cette question d'un calendrier avait été « » au cours de la réunion du Comité.
Pour rappel, dans l'objectif de juguler l'inflation qui avait atteint pratiquement 10% en juillet 2022 (+9,5% sur un an), la gardienne du dollar avait décidé de monter très rapidement ses taux directeurs, à partir de mars 2022, les faisant passer de proche de 0% début 2022 à la fourchette actuelle depuis l'été 2023, soit leur plus haut niveau depuis 22 ans. Mais depuis cet été, la Fed a calmé le jeu. En effet, il s'agit de la quatrième fois au cours des cinq dernières réunions que l'institution laisse ses taux inchangés. Cette politique du statu quo est due au ralentissement de l'inflation ces derniers mois. D'après l'indice CPI publié mardi 12 décembre par le département du Travail, celle-ci a légèrement ralenti au mois de novembre pour s'établir à 3,1% sur un an, le chiffre le plus bas depuis cinq mois et toujours plus proche de l'objectif de 2% de l'institution. Jerome Powell a ainsi pris acte du ralentissement de l'activité économique, malgré une inflation toujours « trop élevée » selon lui. Elle devrait néanmoins ralentir un peu plus vite que prévu, pour tomber à 2,4% fin-2024 (contre 2,5% anticipés lors des précédentes prévisions), mais il faudra attendre 2026 pour la voir retrouver le niveau souhaité de 2,0%.
(Avec AFP)
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