Grand débat : les architectes lancent une plate-forme sur la transition écologique

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Denis Dessus, président du Conseil national de l'ordre des architectes.
Denis Dessus, président du Conseil national de l'ordre des architectes. (Crédits : Agence Dessus)
Le Conseil national de l'ordre des architectes (CNOA), qui a reçu 1.500 contributions sur son site pendant le grand débat national, vient d'en extraire 155 propositions. Ce 29 mars, il lance ainsi une nouvelle plate-forme visant à réunir les éléments dont dispose la profession pour accélérer la transition écologique dans les bâtiments et les logements.

'"Comment mieux construire et mieux rénover ?", "Comment financer la transition écologique ?", "Quelles solutions pour un aménagement écologique et solidaire de nos territoires ?" et "Comment mieux associer les citoyens à l'aménagement de leur cadre de vie ?". Pendant le grand débat le Conseil national de l'ordre des architectes (CNOA) a mené sa propre consultation auprès de ses adhérents et du grand public, recueillant plus de 1.500 contributions et aboutissant à 155 propositions. La transition écologique, la maîtrise des énergies et des ressources, la biodiversité et la santé dans les bâtiments sont les principaux sujets qui ont émergé.

C'est pourquoi le CNOA a décidé d'inaugurer ce 29 mars une nouvelle plateforme "pédagogique", proposant études de cas, contributions et ressources, sur quatre nouveaux thèmes : l'architecture au cœur de la transition écologique, l'anticipation des solutions, les ressources et l'énergie, ainsi que la révolution numérique et l'écologie. Il s'adresse aux architectes, aux étudiants, ainsi qu'aux "maîtres d'ouvrage qui ont besoin d'être convaincus", persifle son président Denis Dessus. Le climatologue et glaciologue Jean Jouzel assure la présidence du comité scientifique au côté de professionnels, de chercheurs en sciences humaines et d'élus, maires ou parlementaires. "Nous n'allons pas sauver le monde, mais nous voulons être responsables" avance Denis Dessus.

Le béton, "l'amiante de demain" ?

Dans le viseur de l'Ordre, se trouve notamment le béton. "Le dégagement de dioxyde de carbone réchauffe et dérègle la planète, pointe l'architecte Julien Vincent. "Une tonne de ciment équivaut à une tonne de CO2. Le béton représente 7% du dérèglement mondial." En matière de rénovation, ce professionnel érige ainsi le chanvre comme isolant biosourcé "qu'on peut mettre en avant et [sur lequel] on peut avancer sereinement". Dans cet esprit, le Conseil national assure aussi qu'il ne prescrit "plus aucun" matériau ou matériel dont il a "l'assurance" qu'il n'est pas bénéfique pour la santé des occupants. "On ne veut pas que le béton soit l'amiante de demain", renchérit le président du CNOA Denis Dessus.

Autre ennemie : la norme créée par un groupe de pression. "Quand nous prenons notre crayon, nous avons 7.000 règles à gérer. Elles nous permettent d'augmenter la performance des bâtiments,", relève Denis Dessus" mais elles sont insupportables quand elles sont le résultat d'un lobby." Invité à donner un exemple précis, il explique que les portes coupe-feu, réalisées hier par des menuisiers pour 200 euros, sont désormais fabriquées par deux entreprises "en situation de monopole" à 1.000 euros pièce. Le Conseil national recommande donc la création d'un "Yuka des matériaux", c'est-à-dire une application qui facilite la traçabilité et la lisibilité des produits sélectionnés.

"Une route change de propriétaire tous les 3 km !"

Quid par ailleurs des élus locaux habilités à délivrer les permis de construire et à définir les plans locaux d'urbanisme ? Le CNOA formerait déjà les maires en ce sens, répond Denis Dessus. "Il leur est demandé d'être sachant sur tellement de sujets mais ils sont de moins en moins accompagnés", regrette-t-il. "Avant, ils avaient la direction départementale de l'équipement avec des guides qualitatifs. Aujourd'hui, avec la complexité du mille-feuille administratif, qui gère un même territoire ? C'est une perte qui rend difficile l'acte de faire et de construire. Une route change de propriétaire tous les 3 kilomètres..."

Parmi les autres propositions déjà transmises à leur ministère de tutelle, l'Ordre des architectes plaide également pour un diagnostic global dans toute opération de rénovation tout en intégrant les "exigences de santé". De même, il appelle à encourager l'expérimentation architecturale pour "accélérer" la transition écologique. Quelle que soit l'attention qui sera portée à leurs revendications, le ministre de la Culture Franck Riester leur aurait déjà promis de travailler "en grande transversalité" avec ses collègues François de Rugy (Transition écologique et solidaire) et Julien Denormandie (Ville et Logement).

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a écrit le 01/04/2019 à 20:49 :
Offrons lui, l'histoire de 3 petits cochons . "Le béton l'amiante de demain", comment construire des ponts, digues, ports, tours, tunnels , grand immeubles et avec la même pérennité et remplacé par quoi ? La construction par n'importe qu'elle méthode employée est génératrice d'une empreinte carbone, donc il serait bon, avant de désigner un coupable de s'assurer de l'ensemble de la chaine du secteur à tous les niveaux, mais là attention aux surprises.
a écrit le 30/03/2019 à 11:13 :
le problème majeur, c'est l'état, sa centralisation et la spéculation foncière qu'il provoque, doublée par une politique migratoire visant à occuper toujours plus de m2 pour faire encore plus grimper les prix!
Interdiction du béton et des plastiques dans l'ameublement = bois mis en avant avec un plan bois/retraite pour planter des arbres!
Construction de quartiers flottants dans les villes portuaires et fin de l'immigration de masse, contribueront à faire baisser le foncier avec une décentralisation réelle grâce à la 5G, au télétravail et aux trains pendulaires!
Réponse de le 31/03/2019 à 15:49 :
La tarte à la crème du télétravail, revient, quand votre médecin, votre boulanger, etc, feront du télétravail, on en reparlera.
Réponse de le 31/03/2019 à 15:50 :
La tarte à la crème du télétravail, revient, quand votre médecin, votre boulanger, etc, feront du télétravail, on en reparlera.
Réponse de le 11/04/2019 à 12:19 :
Sûr que l'économie danoise avec 30% de télétravailleurs, n'est qu'une grande tarte à la crème!
L'action Lego est-elle durable?
J'engoisse!
a écrit le 30/03/2019 à 9:52 :
LE problème majeur c'est que les professions intégrant la créativité n'ont pas de lobby alors que les professions destructrices essentiellement venant de la finance donc, elles ont les plus gros lobbys qui imposent aux citoyens du monde leur façon de vivre.

LE lobby vertueux n'existe toujours pas tandis que celui vicieux lui nui depuis belle lurette...

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