LA TRIBUNE : Vous entrez en campagne en expliquant que le budget des travaux d'entretien des collèges et lycées représente 15 à 20% du budget des départements et des régions voire même 30% de leur consommation d'énergie. Est-ce à dire que ces collectivités pourraient faire mieux ?
RÉMY JACQUIER : Notre métier, c'est la gestion prédictive des bâtiments et des infrastructures, car avant d'agir, il faut déjà bien connaître son patrimoine. La campagne actuelle qui consiste à se battre à coup de chiffres et d'investissements en millions d'euros oublie qu'il faut d'abord se pencher sur la performance énergétique de ces établissements. Lorsque vous interrogez les agents, les professeurs, les élèves et leurs parents, tous ressentent un sentiment de vieillissement des collèges et des lycées du fait de sur-utilisations et d'investissements pas toujours coordonnés d'un établissement à un autre. Les départements et les régions ne sont pas encore dans un système de gestion de parc mais agissent au coup par coup. Oui, ils investissent, mais le font-ils assez et au bon endroit ?
Des conseils départementaux et régionaux montrent-ils déjà la voie ?
Nous travaillons effectivement avec les régions Bourgogne-Franche-Comté et Grand Est comme avec les départements des Alpes-Maritimes, des Côtes d'Armor ou de la Meuse. Leur enjeu est le même : gérer le vieillissement de leurs actifs. 40% des lycées français ont plus de 50 ans alors que la fréquentation de ces mêmes établissements a été multipliée par trois sur la même période. Plutôt que de subir cette situation et d'être dans le correctif, il faut anticiper. Nous proposons donc à chacune de ces collectivités de réaliser une cartographie de performance de leur patrimoine pour regarder comment il évolue.
Pouvez-vous par exemple prédire les intempéries afin d'éviter que des salles de classe n'aient à fermer ?