Bangladesh : un an après le drame du Rana Plaza, Auchan visé par une plainte

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A Dacca, dans les ateliers Rana Plaza installés sur huit étages, les petites mains du textile fabriquaient jupes, tee-shirts et jeans bon marché pour une trentaine de marques occidentales, dont Auchan. (Photo : Reuters)
A Dacca, dans les ateliers Rana Plaza installés sur huit étages, les petites mains du textile fabriquaient jupes, tee-shirts et jeans bon marché pour une trentaine de marques occidentales, dont Auchan. (Photo : Reuters) (Crédits : Reuters)
Suite à l'effondrement du Rana Plaza il y a un an, plusieurs marques françaises ont été mises en cause. Aujourd'hui, trois associations portent plainte contre Auchan pour "pratiques commerciales trompeuses".

La date est symbolique. Un an jour pour jour après l'accident industriel le plus meurtrier du Bangladesh, les associations Sherpa, Peuples solidaires et le collectif Ethique sur l'étiquette ont porté plainte ce jeudi contre le distributeur français Auchan pour "pratiques commerciales trompeuses", a annoncé Le Parisien.

Le 24 avril 2013, la tragédie du Rana Plaza à Dacca, capitale du Bangladesh, provoquait la mort de 1.135 ouvriers textiles. Dans les décombres du bâtiment, des étiquettes d'une trentaine de marques occidentales avaient été retrouvées, dont certaines de Camaïeu, Benetton, ou encore de la marque de vêtements bon marché In extenso d'Auchan.

"Victime d'une sous-traitance dissimulée" ?

Estimant être "victime d'une sous-traitance dissimulée", Auchan nie toute responsabilité et ne participera pas au fonds d'aide aux victimes mis en place et piloté par l'Organisation Internationale du Travail (OIT), rapporte le quotidien. "Nous n'avons aucun lien direct ou indirect avec les entreprises travaillant sur le site", martèle un porte-parole du groupe de distribution.

Aucune loi sur la responsabilité sociale des entreprises n'existe en France. Les associations ont donc décidé d'attaquer Auchan sur sa communication de distributeur "éthique" et portent plainte pour "pratiques commerciales trompeuses", précise le Parisien.

Selon le collectif Ethique sur l'étiquette, Auchan aurait rapidement rompu avec le fournisseur qui sous-traitait au Rana Plaza, afin de se défausser de toute responsabilité. "C'est une formidable opération d'enfumage des consommateurs", dénonce le président-fondateur de Sherpa, l'avocat William Bourdon, dans le quotidien.

Un an après, rien n'a changé au Bangladesh

Sur l'ensemble des marques françaises dont les étiquettes ont été retrouvées sur place, seul Camaïeu a reconnu sa responsabilité et participe au fond d'aide aux victimes. La marque irlandaise Primark a quant à elle versé douze millions de dollars en tout, dont sept millions via le fonds.

Au Bangladesh, un accord sur la sécurité des bâtiments a été signé par 150 enseignes et le salaire des employés textiles a augmenté, mais rien n'a réellement changé car l'inflation fait stagner le pouvoir d'achat. "L'encadrement législatif est inexistant", constate Michel Capron, président du Forum citoyen pour la responsabilité sociale des entreprises, cité par le quotidien.

En France, trois députés ont demandé au Parlement de débattre rapidement d'une proposition de loi imposant aux entreprises un devoir de vigilance aux sociétés faisant appel à des sous-traitants hors Europe.

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a écrit le 26/04/2014 à 12:58 :
le premier responsable est le consommateur qui demandes des prix toujours plus bas. Le revendeur est aussi responsable car il fait une marge confortable et plus le côut est bas plus il engrange, mais bon, c'est un professionnel; son but est tout de même de gagner de l'argent, c'est dans sa nature. les états où cela se produit sont responsables, parce qu'ils sont souvent gangrenés par la corruption,les associations elles vivent elles aussi de cette misère de certains, sans la misère, certain des cadres n'auraient pas de confortables revenus...je dirais même qu'elles sont les plus rapaces sous des airs d'anges...elles en tirent avantage, et elle préfèrent s'attaquer à des sociétés plutôt qu'aux états concernés...je dirais que ce sont des loups ou des hyènes qui s'attaquent à de gras moutons, les loups ne se mangent pas entre eux...certains membres de l'état du bengladesh sont des loups qui vivent sur la misère de leur peuple et les associations sont d'autres loups qui s'attaquent aux entreprises d'europe corsetées par des lois, règles et normes devenues délirantes et qui expliquent la situation où nous sommes...
a écrit le 24/04/2014 à 18:56 :
Le principal responsable de l'exploitation en Inde est le gouvernement indien. cette responsabilité sociale lui incombe et à lui seul. Ces gens qui veulent protéger leurs rentes finissent par couler leur pays. Ils sont les criminels des situations de désespoir ou de nécessité impérieuse qui font accepter le pire à la population. Les organisations gauchistes se trompent en accusant les entreprises, certes qui ne sont pas des anges mais font comme tout le monde personne ne sachant exactement qui a commencé et il faut suivre d'autant que le textile baisse. Les journalistes se trompent en accusant ici Auchan seul dans notre pays alors que des fournisseurs d'écoles sont mis en cause au H&M, Wallmart et beaucoup d'autres. Aucun mot pour tenter d'avoir l'opinion du gouvernement indien, leurs dirigeants femmes et hommes qui se présentent comme des victimes. Aucun mot sur le commerce international et ses structures qui se taisent au lieu d'incriminer les états. Pourra-t-on encore parler d'information ??
a écrit le 24/04/2014 à 15:54 :
Avec ses bataillons d’ouvrières payées de 30 à 70 € par mois, le Bangladesh reste au meilleur coût, tandis que les salaires augmentent en Chine. Ce pays est en mesure de produire des tee-shirts pour 1 € à 2 € la pièce, des pantalons pour 4 € à 8 € et des chemises pour 4 € à 6 € .Comment est-ce possible ? Une usine s’étend sur quatre étages de 600 m² chacun. L’entrée est surveillée par un garde en uniforme kaki et barrée d’un rideau métallique à demi tiré. À l’intérieur, ce ne sont que des lignes de machines à coudre. Le travail se fait dans le bruit des ventilateurs et des haut-parleurs qui diffusent de la musique. La division des tâches est extrême. Chaque ouvrière ne réalise qu’une couture, toujours la même, avant de passer le vêtement à la personne devant elle. Le succès est à la fois une chance et une plaie. Grâce au textile, le Bangladesh a pu faire reculer la grande pauvreté. Mais cette réussite repose sur le fait que le secteur verse les salaires les moins élevés de toute la région. Cela provoque une frustration extrême chez les ouvriers. Dans les usines, le moindre incident peut dégénérer en émeute. Les propriétaires d’usines sont très influents. Beaucoup sont députés ou propriétaires de grands médias. Ils font la politique économique du gouvernement Le gouvernement a donc créé une « police industrielle » spécialement chargée de repérer et arrêter les meneurs des grèves. À chaque fois que se produisent des incidents, les propriétaires d’usines blâment les syndicats ; ils les accusent de mettre en danger un secteur vital pour l’économie du pays. Et les grands clients de se plaindre En tant qu’acheteurs, ils ne soutiennent pas les protestations violentes, mais ils reconnaissent qu’elles sont devenues un moyen, pour les ouvriers, de soulever leurs problèmes Cette vigilance a été efficace, dans le passé, pour faire reculer le travail des enfants, qui a quasiment disparu du secteur textile au Bangladesh. Mais ces protestations nuisent à la capacité de passer commande au Bangladesh. Beau double langage Je ne crois pas à la sincérité de la démarche des acheteurs d’un côté, ils disent vouloir une amélioration des conditions de travail, mais, de l’autre, ils font pression sur les usines pour qu’elles baissent toujours plus leurs prix. Les exigences des marques ne cessent de monter depuis 15 ans Mais le prix d’achat, lui, n’a pas varié Les marques continuent de se battre pour grappiller le moindre centime. Elles ont demandé un renforcement de la sécurité dans les usines, mais elles n’ont rien lâché sur les prix, au contraire. Alors, comment les choses pourraient changer Près d'un an après l'effondrement de l'immeuble du Rena Plaza au Bangladesh, qui avait causé la mort de 1135 personnes en avril 2013 plusieurs milliers d'ouvriers du textile travaillant pour de grandes marques occidentales au Bangladesh ont perdu leur emploi à la suite de la fermeture de leur usine pour des raisons de sécurité Les interlocuteurs des usines sont en effet les responsables des achats des grandes marques. Or, ils n’ont en tête que deux choses : le délai d’exécution de la commande et son prix. Le modèle économique de ces multinationales, basé sur la recherche du moindre coût et du moins disant social, n’a pas lui, évolué. Les ouvriers du textile reçoivent toujours des salaires de misère et travaillent avec des horaires harassants. La recherche de l’intérêt général n’est pas encore d’actualité pour ces multinationales.
Réponse de le 24/04/2014 à 16:55 :
Et vous vous êtes prêt à payer plus cher, si c'était le cas ça se saurait.
Réponse de le 25/04/2014 à 9:52 :
dans le fond très vrai , mais vous oubliez que l'Europe a baissé ses droits douaniers , qu'il faut une libre concurrence ( rires ) et non faussée , en prime les consommateurs européens pressés comme des citrons ou des vaches a lait car on ne connait que les taxes et le concours lepine et la course a l'échalote qu'on déshabille toujours plus l'état pour faire le jeu des bas couts , en prime la grande distribution suit le mouvement , la TVA sur un bas cout rapporte rien , c'est aussi pour cela que les politiques ne voient plus que la TVA sur de la valeur .. des airbus et autres joyeusetés , enfin tout cela a un cout final et le boomerang social du bas cout arrive , les grecs sont déjà les premiers servis .. aux suivants..
a écrit le 24/04/2014 à 12:50 :
On se bat contre le chomage en France et des entreprises comme Auchan pratiquent l'esclavage dans les pays pauvres, sans meme parler de leur pratiques concernant leur fournisseurs en France. Cherchez l'erreur.
Réponse de le 24/04/2014 à 16:53 :
Aucune erreur quand vous rentrez dans un magasin vous cherchez le moins cher si c'était le contraire ça se saurait.
a écrit le 24/04/2014 à 10:50 :
il faudrait surtout responsabiliser les états concernés. Il n'est pas normal qu'un acheteur soit responsable de tout. De plus le risque à terme c'est d’empêcher le développement de ces "petits" pays si les acheteurs se tourne vers des structures un peu plus modernes en chine ou ailleurs par crainte des poursuites..

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