Grève titanesque des ouvriers chinois de Yue Yuan, leader mondial de la basket

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Personne n'ose se lever et prendre la tête de la contestation, car nous avons tous peur que l'usine exerce des actions de représailles par la suite, confie une salariée du site. (Photo : Reuters)
"Personne n'ose se lever et prendre la tête de la contestation, car nous avons tous peur que l'usine exerce des actions de représailles par la suite", confie une salariée du site. (Photo : Reuters) (Crédits : Reuters)
Plus de 30.000 travailleurs chinois refusent de se remettre au travail dans une des usines chinoises de Yue Yuan, sous-traitant de Nike, Adidas, Converse et d'autres. Ils réclament le versement de leurs allocations sociales dues.

C'est "probablement la grève d'ouvriers chinois la plus importante de ces dernières années" pour l'ONG américaine China Labor Watch. Plus de 30.000 employés de l'usine Yue Yuen de la ville de Dongguan (province du Guangdong) sont en grève mercredi et refusent depuis la semaine dernière de reprendre le travail. Ils protestent contre leurs conditions salariales, des contrats d'embauche lacunaires et des carences dans les paiements liés à leur sécurité sociale.

L'usine appartient au groupe taïwanais Pou Chen., le plus grand fabricant de chaussures de sport au monde et sous-traitant notamment des marques Nike, Adidas ou encore Converse.

"Ça fait 10 ans que l'usine nous dupe"

Le mouvement social, engagé depuis plusieurs jours, a pris une telle ampleur que les autorités ont déployé un important contingent de forces de l'ordre, a rapporté China Labor Watch.

L'ONG a diffusé une série de photos montrant le déploiement de centaines de policiers autour de l'usine, certains équipés de matériel anti-émeute et d'autres tenant en laisse des bergers allemands. Selon China Labor Watch, les policiers ont frappé ou interpellé plusieurs ouvriers depuis le début de la grève. Sur le réseau social Weibo, les photos du mouvement social se multiplient.

Un ouvrier chinois a expliqué à l'Associated Press que l'entreprise n'avait pas payé comme il se doit la couverture sociale de ses employés. Un élément qu'il a découvert après s'être blessé dans l'usine. "Ça fait 10 ans que l'usine nous dupe", renchérit un autre travailleur en colère.

"Les travailleurs poursuivent leur grève, et leur nombre a sans douté augmenté", a commenté Dong Lin, membre d'une association de défense des droits, basée à Shenzhen et proche des ouvriers. Dong Lin a estimé à 40.000 le nombre des grévistes, qui exigent le paiement d'allocations sociales.

Crainte de voir l'usine délocaliser en représailles

La direction de l'entreprise s'est engagée à effectuer un rattrapage dans ces versements d'ici fin 2015, a relaté, sous couvert de l'anonymat, une salariée du site. Mais cette proposition a été rejetée par les ouvriers en grève, inquiets par la perspective que la direction puisse brusquement décider de fermer l'usine pour la délocaliser, sans honorer ses promesses, un cas de figure classique en Chine.

"Personne n'ose se lever et prendre la tête de la contestation, car nous avons tous peur que l'usine exerce des actions de représailles par la suite", a-t-elle confié, en ajoutant:

"La presse locale n'ose même pas mentionner l'existence de notre grève."

Parfois surnommée "l'usine du monde" car elle concentre une part importante de l'industrie manufacturière chinoise travaillant pour les exportations, la province méridionale du Guangdong connaît de plus en plus de conflits sociaux. Et ce malgré l'absence d'organisations syndicales indépendantes.

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Commentaires
a écrit le 20/04/2014 à 21:38 :
Le gouvernement Chinois devrait prendre l'affair en main car ceci risque d'avoir un impact économique sale sur la chine
a écrit le 19/04/2014 à 13:13 :
les cas sociaux en chine se propagent comme des trainées de poudre et dans de nombreux secteurs d'activité , la crise de la consommation européenne et américaine est passée par là , les acteurs sont plus prudents et font pression toujours plus sur leurs masses salariales , enfin en chine les delocalisations intérieure sont nombreuses , il y'a toujours chinois plus pauvre qu'un autre chinois , c'est pas les villes qui manquent et qui aimeraient profiter d'une ligne de production , les chaises musicales sont multiples , le cout des salaires a beaucoup augmenté ces dernières années en chine , quand aux revendications , elles sont très souvent justifié , aucun américain ni européen n'aimerait être traité comme ils le sont et aux impératifs de productivité elevés , normal qu'a un moment la tension explose socialement
a écrit le 18/04/2014 à 18:38 :
C'est génial ça; leur mains d’œuvre augmente, il commence a avoir droit de faire grève sans ce faire tuer... Continuez comme ça les entreprises ont une chance de revenir en France !
a écrit le 17/04/2014 à 22:39 :
la lutte des classe reprend en chine ,tous finie par revenir,,???
a écrit le 16/04/2014 à 22:26 :
Même avec des salaires aussi bas, il faut encore qu'ils trichent !
Réponse de le 25/04/2014 à 12:08 :
Oui c.est déprimant
a écrit le 16/04/2014 à 21:22 :
Tiens, ils s'y mettent, eux aussi !
a écrit le 16/04/2014 à 14:22 :
par délocaliser en Allemagne, spécialiste du STO.
Réponse de le 16/04/2014 à 23:45 :
C'est triste mais tellement vrai. J'en rigole mais vous avez raison.
Réponse de le 17/04/2014 à 4:25 :
Vous caricaturez l'Allemagne, qui offre encore un des niveaux de vie les plus eleves du monde, pour mieux ne rien faire du tout en France. On va couler les bras croises, assis a ne rien faire, a nous moquer des Allemands, qui ont accepte des "conditions d'esclaves" pour sauver leurs jobs et leurs entreprises.

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