Le courtier MF Global victime de la crise européenne

La faillite du courtier américain, exposé aux dettes souveraines italienne et espagnole, interpelle à Wall Street.

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En arrivant à la tête de MF Global, Jon Corzine voulait transformer le courtier en mini-Goldman Sachs. Mais moins de deux ans après sa prise de fonctions, il l'a transformé en... mini-Lehman Brothers. La société a en effet été contrainte lundi de se placer sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites. Avec 41 milliards de dollars d'actifs, il s'agit du huitième plus important dépôt de bilan de l'histoire des États-Unis. Sa chute a pris forme la semaine dernière après la publication de ses résultats trimestriels. Plus que la perte de 192 millions de dollars, c'est l'exposition de MF Global aux dettes souveraines européennes qui interpelle. À 6,3 milliards de dollars, elle est supérieure de 50 % à celle de Morgan Stanley, la grande banque d'affaires dont les liquidités sont 50 fois plus élevées. Les agences de notation Moody's et Fitch relèguent alors le courtier dans la catégorie des « junk bonds ». En Bourse, son action termine la semaine sur une chute libre de 67 %. Et l'échec d'une dernière tentative de sauvetage au cours du week-end scelle son sort.

Ancien dirigeant de Goldman Sachs, Jon Corzine voulait faire de MF Global, spécialisé dans le courtage de matières premières et produits dérivés, une véritable banque d'investissement. Cette ambition s'est notamment traduite par un renforcement des activités pour compte propre.

Pagaille sur les dérivés

« Nous devons prendre plus de risques », expliquait-il l'an passé. À partir de la fin 2010, il a ainsi massivement investi dans les titres de dette européens, essentiellement italiens et espagnols, jugeant que leur valeur allait bien finir par rebondir. Son intuition aurait d'ailleurs pu se révéler gagnante à plus long terme. Mais la position accumulée par MF Global était devenue insoutenable dans un contexte de défiance des marchés, sans que cela ne pousse son patron à faire marche arrière. « Au fond de lui, Jon est persuadé qu'il peut percevoir une opportunité négligée par les marchés et ainsi faire une fortune », avance l'un de ses anciens collaborateurs cités par CNBC.

À Wall Street cependant, tout le monde ne partage pas cette thèse de l'excès de confiance ou du coup de folie de Jon Corzine. Et certains investisseurs redoutent d'autres faillites liées à la crise européenne. « Heureusement que Jon Corzine ne dirigeait pas une firme plus importante », juge pour sa part le « Wall Street Journal ». Mais si MF Global ne présente pas de risque systémique, sa faillite a cependant créé une belle pagaille sur les marchés des dérivés, qui ont connu lundi des volumes d'échanges restreints.

Un retour à la normale n'est pas attendu avant plusieurs jours. Les régulateurs américains enquêtent en outre sur d'éventuels détournements de fonds appartenant à des clients de MF Global, dans le but de soutenir ses activités pour compte propre la semaine passée. Environ 700 millions de dollars auraient ainsi disparu, selon des sources citées par le « New York Times ». Mais il est encore trop tôt pour savoir s'il s'agit d'une erreur ou d'une volonté délibérée d'enfreindre la réglementation.

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Commentaires 2
à écrit le 07/11/2011 à 16:17
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Un prété pour un rendu...

à écrit le 05/11/2011 à 11:54
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40 milliards d'actifs pour 1 milliard de fond propre et l'argent des clients parti en fumée ( 700 millions mais on parle même de 1,5 milliard qui manque dans les caisses ) ... elle a bon dos la dette européenne.

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