Prison, super-amendes...pas de cadeaux pour les banquiers fraudeurs américains

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Les arrestations et poursuites dans le cadre de fraudes en rapport avec le programme d'aide au secteur financier TARP ont conduit à des amendes et dédommagements pour un total de 4,68 milliards de dollars.
Les arrestations et poursuites dans le cadre de fraudes en rapport avec le programme d'aide au secteur financier TARP ont conduit à des amendes et dédommagements pour un total de 4,68 milliards de dollars. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Quelque 154 banquiers ont été arrêtés et poursuivis outre-Atlantique depuis 2009 pour des fraudes en rapport avec le programme d'aide au secteur financier TARP (mis en place après la crise financière de 2008). Ce qui a conduit à des amendes et dédommagements pour un total de 4,68 milliards de dollars.

De "Fabulous Fab" jugé coupable de six chefs d'accusation sur sept il y a quelques mois, aux banquiers suisses qui n'osent plus quitter leur contrée de peur de se faire arrêtés, en passant par les deux ex-traders de JP Morgan, arrêtés et/ou mis en examen il y a quelques semaines dans le cadre de la Baleine de Londres : tous peuvent en témoigner, la justice américaine ne prend pas de gant avec les banquiers.

Et ce ne sont pas les quelque 154 banquiers arrêtés et poursuivis outre-Atlantique - selon les chiffres du rapport trimestriel de la cellule d'enquête (SIGTARP) du Trésor envoyé au Congrès et dévoilé ce mardi - qui diront le contraire. Ces derniers sont impliqués pour des fraudes en rapport avec le programme d'aide au secteur financier TARP (mis en place après la crise financière de 2008).

Des amendes et dédommagements d'un montal total de 4,68 milliards de dollars

Depuis leur lancement début 2009, les enquêtes de cette cellule ont débouché sur 154 poursuites judiciaire, visant 98 cadres supérieurs. Quelque 65 d'entre eux ont été condamnés à des peines de prison et d'autres attendent leur condamnation. Ces fraudes ont conduit à des amendes et dédommagements pour un total de 4,68 milliards de dollars.

Le vice-président d'une banque de Virgine récemment condamné à 17 ans de prison

Parmi les cas de fraudes récents, figurent les agissements de la Bank of Commonwealth, une banque de Virginie, qui avait masqué l'état de ses comptes, proches de la faillite, pour obtenir un soutien de l'Etat. Le vice-président de cette institution, fermée depuis, a été condamné à 17 ans d'emprisonnement et le président d'une filiale à 8 ans de prison.

Trois dirigeants de United Commercial Bank, qui avait obtenu près de 300 millions de dollars dans le cadre du programme TARP, ont été poursuivis pour des subterfuges comptables et condamnés à des peines allant de 3 à 12 ans de prison. Dans ce cas, l'ensemble du versement de l'Etat a été perdu, précise le rapport.

"La crise financière a mis au jour l'omniprésence d'une culture d'entreprise néfaste qui a trop souvent encouragé la cupidité"

Christy Romero, l'inspectrice générale au sein du Trésor chargée de la supervision des TARP, a par ailleurs déclaré que :

Le système financier s'est stabilisé en partie grâce au soutien du programme TARP mais la culture d'entreprise toxique qui a conduit à la crise financière n'a pas suffisamment changé (...) La crise financière a mis au jour l'omniprésence d'une culture d'entreprise néfaste qui a trop souvent encouragé la cupidité, l'exercice de pouvoir sans contrôle et qui a parfois mené à des affaires pénales de corruption.

Pour rappel, si certains volets de ce massif plan de sauvetage sont encore déficitaires, le Trésor américain aurait néanmoins réalisé une plus-value de 1 milliard d'euros sur l'ensemble des remboursement déjà effectués à ce jour.

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Commentaires
a écrit le 29/10/2013 à 15:02 :
Payer des amendes alors qu'elles sont dérisoires au vu des sommes en jeu ne leur fait pas peur. Un petit tour en prison avec les "droit commun" pour leur frotter le dos serait certainement bien plus dissuasif ...
a écrit le 29/10/2013 à 14:37 :
On vole 100 milliards, on reçoit 200 milliards de Q.E et l'on rembourse 5 milliards pour renflouer Fannie May. Voilà un exemple du mécanisme. Obama veut supprimer ces deux structures gouvernementales (Fanny et Freddie) il faut bien mettre leurs comptes à zéro et en même temps faire semblant de punir. A part ça quelques escrocs ont été mis en prison comme Madoff, ils avaient été au delà d'un système pourtant hyper permissif!
a écrit le 29/10/2013 à 13:19 :
Le plus gros du vivier se compose de lampistes !
a écrit le 29/10/2013 à 12:37 :
heureusement qu'en france les grands banquiers ont fait l'ENA et la "haute" fonction publique donc ont l'immunité oligarchique sinon ils seraient déjà tous en prison ( messier, marie-ségolène... )
Réponse de le 08/11/2013 à 3:04 :
La France ressemble au pays totalitaire sous developpe ou je travaille: Le premier ministre et ses acolytes ont imprime des billets a gogo tellement que les banques ont maintenant un taux de prets toxiques astronomique resultant des annees de prets entre copains tres forts en magouille mais tres mauvais en affaire. Mais personne ne connaitra veritablement la prison.
a écrit le 29/10/2013 à 12:33 :
on punit les petits, OK, mais rien sur une nouvelle architecture bancaire et financière, à ce jour..
a propos ni des Jamie Dimon, Loyd Blankfein ne sont encore sous les verrous, hmm.
Et quid d'un Draghi?

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