Une holding d'Espirito Santo en faillite sème le trouble à Lisbonne

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Une des holdings de l'empire Espirito Santo, Rioforte, s'apprêterait à demander dans les prochains jours à être mise en redressement judiciaire au Luxembourg, signe des difficultés croissantes du principal actionnaire de Banco Espirito Santo. (Photo : Reuters)
Une des holdings de l'empire Espirito Santo, Rioforte, s'apprêterait à demander "dans les prochains jours" à être mise en redressement judiciaire au Luxembourg, signe des difficultés croissantes du principal actionnaire de Banco Espirito Santo. (Photo : Reuters) (Crédits : Reuters)
Une des holdings luxembourgeoises du groupe Espirito Santo, qui détient Banco Espirito Santo pourrait être placée en redressement judiciaire en raison de son incapacité à rembourser ses dettes. Le titre de Banco Espirito Santo est à nouveau très chahuté.

Limogeage de l'équipe dirigeante, messages d'apaisement, la Banque du Portugal a tout fait pour rassurer sur l'état de la première banque cotée du Portugal Banco Espirito Santo. En Europe, le calme est revenu. Mais au Portugal, rien n'y a fait, et l'inquiétude est toujours de mise à la Bourse de Lisbonne.

Défaut de Rioforte

La holding Rioforte, qui appartient au groupe portugais Espirito Santo, a échoué à rembourser une dette de 847 millions d'euros à Portugal Telecom (PT) qui arrivait à échéance mardi, sur une dette totale de 897 millions d'euros a annoncé mercredi l'opérateur de télécommunications.

Portugal Telecom "usera contre Rioforte, et toutes les parties qui lui sont associées, de tous les moyens légaux à sa disposition afin d'obtenir le remboursement de la dette de Rioforte", a prévenu l'opérateur. Banco Espirito Santo est donc visée.

Révision de la part de Rioforte dans la fusion avec Portugal Telecom

Cette affaire, qui pesait depuis plusieurs semaines sur la fusion en cours entre Portugal Telecom et l'opérateur brésilien Oi, a amené les deux parties à signer mercredi un nouvel accord sur les termes de leur union, a précisé PT dans son communiqué.

La part de Portugal Telecom dans la nouvelle entité s'est ainsi vu réduite à 25,6%, alors qu'elle avait d'abord été fixée à 38%.

Restructuration de Rioforte en vue

La holding Rioforte, basée au Luxembourg, devrait présenter un plan de restructuration au tribunal de commerce de Luxembourg censé lui permettre de vendre des actifs et lever des fonds, à l'abri des demandes de ses créanciers.

En proie à de graves difficultés financières, elle possède 49% du capital de Espirito Santo Financial Group (ESFG), à son tour premier actionnaire de la Banco Espirito Santo avec une participation de 20,1%, aux côtés de la banque française Credit Agricole (14,6%).

Banco Espirito Santo dans la tourmente

Le titre de la BES a poursuivi sa descente aux enfers à la Bourse de Lisbonne en plongeant à la clôture de 14,61% à 0,38 euro, s'effondrant à un nouveau plus bas historique, en raison des inquiétudes concernant un éventuel défaut de paiement de la part de Rioforte.

>> Lire La crise de Banco Espirito Santo attise les craintes de contagion en Europe

Les difficultés du groupe ont éclaté au grand jour avec la découverte d'irrégularités comptables au sein de la holding de tête Espirito Santo International (ESI) qui a précipité le départ du patron historique de Banco Espirito Santo, Ricardo Salgado, remplacé lundi par l'économiste réputé Vitor Bento.

"Mettre fin à la spéculation"

Le nouveau PDG, un ancien de la banque centrale du Portugal, a annoncé mardi son intention de "mettre fin à la spéculation" autour du titre:

"Ma priorité consiste à reconquérir la confiance des marchés, mettre fin à la spéculation et ouvrir un nouveau chapitre" de l'histoire de la banque, a déclaré Vitor Bento dans un message adressé aux 10.000 collaborateurs que Banco Espirito Santo compte dans le monde.

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Commentaires
a écrit le 16/07/2014 à 15:42 :
Crédit Agricole qui se classe dans les toutes premières banques du monde n'a pas semblé regardant sur les magouille des dirigeants de BES, et pour cause : acquérir la plus importante banque du Portugal pour presque rien est un deal de gourmet. La confiance ne reviendra pas en effet sans un transfert de propriété à la banque française. CA règlera également l'addition due à Portugal Telecom en partageant à parité le pouvoir dans la nouvelle entité revenue à ses 38 %. Une bonne affaire ... qui nécessite comme souvent de permettre d'abord aux magouilleurs de pourrir la situation pour pouvoir ensuite la rétablir.

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