Si 2013 a été l'année du bitcoin, 2014 pourrait être celle des "hedge funds" spécialisés dans la devise virtuelle. En effet, depuis un peu plus d'un an, les créations de fonds spéculatifs destinés à investir dans le bitcoin se multiplient. L'un des derniers en date est Global Advisors Bitcoin Investment (GABI), lancé cet été à Jersey par le hedge fund Global Advisors. Axé sur le courtage de bitcoins, GABI est destiné à une clientèle d'investisseurs institutionnels.
relate Jean-Marie Mognetti, l'un des responsables du fonds. Or, avec une volatilité qui l'a vu passer de 1 dollar début 2011 à 1.240 dollars fin 2013, avant de chuter à 348 dollars aujourd'hui, le bitcoin semblait constituer un relais de croissance tout indiqué pour un fonds spéculatif.
D'ailleurs, dès mars, les hedge funds américains Fortress et Pantera avaient créé un fonds spécialisé dans le bitcoin. Leur concurrent et compatriote Coin Capital Management en a fait autant deux mois plus tard et les jumeaux Winklevoss - connus pour leurs démêlés juridiques avec Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook - projettent de lancer un fonds indiciel coté spécialisé dans le bitcoin. Il s'agit là d'investissements directs dans la devise virtuelle, à la différence des nombreux fonds de capital-risque qui, eux, ont déjà investi un total de plus de 400 millions de dollars dans des start-up dont les activités sont liées au bitcoin, d'après des données mondiales fournies par cbinsigths.com.
explique Jean-Marie Mognetti. Mais comment s'improviser investisseur en bitcoin quand on vient de l'univers des matières premières ? C'est justement l'un des atouts du fonds GABI, estime Jean-Marie Mognetti : "Le marché du bitcoin ressemble à celui du pétrole à la fin des années 1980, lorsqu'il était peu régulé, peu liquide et que les cours étaient volatiles. Or nous avons de l'expérience sur ce type d'environnement (pétrole, gaz naturel, électricité), ce qui nous confère une certaine légitimité sur le marché du bitcoin."
Outre cette expertise, GABI met en avant "la transparence et la sécurité" qu'il est en mesure d'offrir à ses investisseurs, ce véhicule d'investissement se définissant comme "le premier fonds "bitcoin" totalement régulé." Il est vrai que le fonds a été adoubé la JFSC (Jersey Financial Services Commission), l'autorité de surveillance des marchés financiers à Jersey, et que l'obtention de ce blanc-seing a nécessité pas moins de neuf mois de discussions. "A la différence d'autres paradis fiscaux comme les îles Caïmans, il existe à Jersey une véritable régulation, sur laquelle s'appuient les fonds des plus gros gestionnaires d'actifs comme Lyxor ou Deutsche Bank", précise Jean-Marie Mognetti. Qui va plus loin : "Notre projet est devenu celui d'une île, d'un gouvernement, Jersey cherchant à promouvoir l'innovation et les fintech [sociétés spécialisées dans les technologies financières ; Ndlr]."
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De fait, Philip Ozouf, ministre des Finances de Jersey, s'était fendu cet été d'un communiqué saluant le lancement du fonds GABI, cette initiative correspondant bien à l'objectif du gouvernement de faire de l'île "un hub naturel pour le business des fintech." Il n'en demeure pas moins que le bitcoin a dévissé de 50% cette année, en raison notamment de la fermeture brutale de MtGOX, une plateforme de stockage et d'échange de la monnaie virtuelle. Une chute qui a conduit certains investisseurs à se détourner du bitcoin, provoquant ainsi en novembre la fermeture, par Falcon Global Capital, de son fonds dédié au bitcoin, lancé neuf mois plus tôt seulement.
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