Accès au cash dans les territoires : les pouvoirs publics se mobilisent

agence SG DAB GAB automate
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« La Banque de France n'abandonnera jamais les espèces » avait affirmé le 12 mars dernier le gouverneur de l'institution, François Villeroy de Galhau. « Le libre choix des Français du moyen de paiement est un élément central de la confiance dans la monnaie » avait-il justifié, à l'heure où cette prise de position peut paraître passéiste aux tenants du tout-numérique. Cette préoccupation est visiblement partagée par l'ensemble des pouvoirs publics : lors d'une audition au Sénat, devant la commission des finances, ce mercredi 27 mars, le directeur général des services à l'économie et du réseau de la Banque de France, Erick Lacourrège, a révélé qu'un travail a commencé en vue d'élaborer « une politique nationale de gestion des espèces, qui soit concertée le mieux possible pour assurer la continuité des moyens de paiement sur le territoire. »
A fin 2018, les émissions nettes d'espèces (le solde entre les billets et pièces mis sur le marché et ceux retirés de la circulation chaque année) ont en effet augmenté de 7,5% en France (de 5% en zone euro). Si la détention d'espèces mises de côté augmente, leur utilisation comme moyens de paiement est « en baisse très significative » a-t-il reconnu, souvent cantonnée aux petits montants (7,50 euros en moyenne et 28% des paiements en magasin en valeur en 2016).
Pendant ce temps, s'ajustant à la baisse de fréquentation et à l'environnement de taux d'intérêt très bas qui pince leurs marges, les banques suppriment guichets et caisses, ferment et regroupent des agences. Société Générale n'aura plus que 1.700 agences en 2020, comme BNP Paribas, LCL un peu moins. Seules les banques mutualistes conservent des réseaux très denses. La Banque de France va discuter avec chaque réseau bancaire de sa trajectoire à moyen terme, 2020-2025, en termes d'espèces.
Dans un contexte de crise des "Gilets jaunes", où l'inégal accès aux services dans les territoires est apparu comme un problème crucial, l'institution mène « une étude fine de l'implantation du réseau de distribution des espèces, qui ne sera pas limitée aux distributeurs », qui sera terminée d'ici à la fin du printemps. La France comptait à fin 2018 quelque 54.786 distributeurs automatiques de billets (en baisse d'un millier environ), ce qui représente environ 815 DAB par million d'habitants, ce qui est proche de la moyenne européenne à fin 2017 (846 selon la BCE), mais inférieur à l'Allemagne, l'Espagne, l'Autriche ou même au Royaume-Uni. Un nombre qui n'est pas forcément également réparti sur le territoire.
Selon le gouverneur de la Banque de France, interviewé dans le Dauphiné Libéré, « près de 99% de la population française vit dans une commune où il y a un DAB sur place, ou un DAB à moins d'un quart d'heure de son domicile ».
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Jérôme Reboul a estimé que l'accès au cash n'est « plus du tout un problème de DAB : il y a des modalités alternatives d'accès, comme le compte Nickel » (filiale de BNP Paribas), compte sans banque à souscrire chez le buraliste, « ou le Point Vert », des relais chez des commerçants partenaires du Crédit Agricole pour réaliser des retraits. « Le gouvernement est décidé à accompagner l'ensemble des solutions alternatives, c'est sans doute une des réponses possibles. » Il a aussi évoqué le cash-back, la possibilité de retirer de l'argent chez un commerçant au moment d'un achat, qui peine semble-t-il à décoller.
La Confédération des buralistes a justement mis en avant les 1,2 million de comptes Nickel ouverts.
Un autre acteurs a voulu mettre en avant son rôle dans l'égalité d'accès au cash dans les territoires.
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Une proposition de loi du sénateur Eric Gold sur la désertification bancaire en septembre dernier prévoyait un renforcement des obligations de la Poste afin que « seuls 10 % de la population d'un département puisse se trouver éloignée de plus de cinq kilomètres et de plus de vingt minutes de trajet automobile. » Amendée, elle a été adoptée en novembre puis renvoyée en commission.
Le coût d'installation d'un distributeur est de 90.000 euros et les coûts d'exploitation et maintenance de 14.000 euros par an, a rappelé Tony Blanco.